Extension Factory Builder
27/02/2012 à 17:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les joueurs de l'équipe de Zambie célèbrent leur victoire à la CAN 2012. Les joueurs de l'équipe de Zambie célèbrent leur victoire à la CAN 2012. © AFP

Malgré des stades relativement vides et la faiblesse des infrastructures hôtelières, la Coupe d'Afrique des nations 2012 est considérée comme l'une des plus réussies. Un bon point pour Libreville et Malabo.

Le football est une « bagatelle » beaucoup trop sérieuse pour échapper à l'épreuve du bilan. La Coupe d'Afrique des nations (CAN), qui forme avec la Coupe du monde et l'Euro le triptyque des événements les plus courus du genre, est devenue un rendez-vous attendu bien au-delà du continent, et la dernière édition disputée une année paire - la prochaine aura lieu en 2013 - devait donc être une des mieux organisées de l'Histoire.

Il était écrit que cette CAN 2012 dégagerait un parfum particulier. D'abord, certaines pointures, comme l'Égypte, triple tenante du titre, le Nigeria, l'Algérie, le Cameroun et l'Afrique du Sud s'étaient égarées sur le chemin de la Guinée équatoriale et du Gabon. Puis quelques favoris, rescapés de la lessiveuse des qualifications et bardés de certitudes, avaient quitté l'Afrique équatoriale au soir du premier tour (Sénégal, Maroc) ou au pied de la finale (Ghana). Et la Côte d'Ivoire, le dernier survivant de cette bande des quatre, a abandonné ses illusions (0-0, 8-7 aux tirs au but) à une Zambie deux fois finaliste (1974, 1994) et qui s'était juré d'honorer la mémoire des joueurs de l'équipe nationale décédés dans un crash aérien au large des côtes gabonaises en 1993.

En confiant à deux pays l'organisation de la CAN, la Confédération africaine de football (CAF) n'avait pas fait le choix de la facilité, douze ans après une première tentative poussive au Nigeria et au Ghana. Surtout, le gouvernement du football africain, deux ans après la CAN angolaise endeuillée par l'attentat commis contre les Togolais à Cabinda et une gestion de l'événement d'une sidérante légèreté, se savait épié. Cette année, ses oreilles n'ont pas trop sifflé, et la mouture 2012 est même considérée comme la plus réussie de toute l'histoire de la coupe. Bien sûr, et puisque la perfection restera toujours une chimère, les nuances sont faites pour porter quelques coups de griffes à un bilan que certains voudraient idéal.

Billets trop chers

Au Gabon comme en Guinée équatoriale, la plupart des matchs se sont déroulés dans des stades flambant neufs aux tribunes trop souvent vides, hormis lorsque les Panthères et le Nzalang Nacional - qui ont tous les deux atteint les quarts de finale - s'y produisaient. Le quart de finale entre le Soudan et le futur vainqueur zambien n'a par exemple attiré que quelque 130 spectateurs dans le stade de Bata (35 000 places). La faute à des prix considérés comme trop élevés : si les premiers billets étaient affichés à 6 000 F CFA (environ 9 euros), l'essentiel des places était proposé entre 15 000 et 45 000 F CFA. Pour la finale, les tickets les plus onéreux auraient même atteint 100 000 F CFA.

Le gouvernement de Malabo avait fait de la qualité des infrastructures sportives et de la sécurité deux de ses priorités. Il les a globalement atteintes... En négligeant, hélas, les conditions d'accueil des supporteurs et des équipes invitées à séjourner sur son territoire. La sélection zambienne a ainsi quitté dès le lendemain de son arrivée l'hôtel miteux de Bata où elle avait été logée. La Guinée équatoriale n'a pas l'habitude de recevoir des touristes, et cela s'est vu.

Au Gabon, où le retard accumulé dans la construction des stades et des infrastructures nourrissait les inquiétudes, les doutes se sont dissipés à l'aube du premier match entre les Panthères et le Mena du Niger (2-0). Des stades modernes et fonctionnels, des conditions d'hébergement convenables - même si, dans la poule située à Franceville, certaines sélections étaient hébergées trop loin du lieu des matchs - et des liaisons aériennes entre les deux sites à la hauteur des attentes. Le Gabon et la Guinée équatoriale ont plutôt bien assumé le cahier des charges, et ce petit coup de pub ne leur fera pas de mal. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Continental

CAN 2023 : nuages sur la Guinée

CAN 2023 : nuages sur la Guinée

La Coupe du monde 2022 au Qatar se déroulera en fin d’année et la CAN 2023 prévue en Guinée en subira automatiquement les conséquences. D'ordinaire, le tournoi panaficain se tient en janvi[...]

Technologies : la drague 3.0 débarque en Afrique

Internet a largement modifié les comportements sociaux dans le monde. Et l’Afrique n’est pas épargnée par ce vent technologique venu du Nord. Ainsi, après l'euphorie des rencontres 2.0[...]

Hervé Ladsous : "Le maintien de la paix ne représente que 0,4% des budgets militaires dans le monde"

Pour la première fois, les chefs d'état-major de 120 pays membres des Nations unies se réunissent vendredi 27 mars à New York pour plancher sur les enjeux complexes du maintien de la paix à[...]

Braconnage : l'éléphant d'Afrique menacé de disparaître d'ici vingt ans

L'éléphant d'Afrique est menacé de disparition à l'état sauvage d'ici vingt ans, ont prévenu des experts réunis dans le cadre d'un sommet depuis lundi au Botswana afin de sauver[...]

Tendances : un PIB pour les coiffures

Selon de récentes estimations, les Africaines dépenseraient, chaque année, 7 milliards de dollars pour l’entretien de leur identité capillaire. Un budget qui pourrait davantage participer au[...]

En Afrique, Pernod Ricard mise sur l'alcool local

Le numéro deux mondial des vins et spiritueux Pernod Ricard veut produire localement sur le continent africain. Selon nos informations, des tests ont déjà été lancés dans plusieurs pays.[...]

CAN 2015 des moins de 20 ans : le Nigeria l'emporte face au Sénégal avec un but magique

L’équipe nigériane de football des moins de 20 ans a battu dimanche, à Dakar, le Sénégal en finale du 19e Championnat d’Afrique des nations junior. Une victoire obtenue grâce[...]

Africa CEO Forum 2015 : des deals et des débats au sommet du business africain

Coorganisé par le Groupe Jeune Afrique, le Africa CEO Forum a rassemblé plus de 800 décideurs économiques les 16 et 17 mars. L'occasion de se pencher sur l'avenir du continent, mais[...]

Que cherche Jean-Louis Borloo en Afrique ?

Retiré de la politique active, l'ancien ministre de l'Écologie de Nicolas Sarkozy lance un "plan Marshall" censé aboutir à l'électrification de tout le continent. Mais il se montre fort[...]

Météo : mieux vaut prévenir que guérir

Bien sûr, cela suppose de penser sur le long terme, mais les pays du continent auraient tout à gagner à investir dans la recherche sur les aléas climatiques. L'enjeu, économique notamment,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2667p036.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2667p036.xml0 from 172.16.0.100