17/02/2012 à 17h:16 Par Laurent de Saint Périer
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Bachar Al-Assad et sa femme Asma à Damas, le 30 juin 2011. Bachar Al-Assad et sa femme Asma à Damas, le 30 juin 2011. © AFP

Dans un e-mail transmis au Times, Asma al-Assad l'épouse du président syrien, Bachar al-Assad, sort de sa réserve pour apporter son soutien à son mari.

Elle ne s'était pas exprimée depuis près de un an. Asma al-Assad, 36 ans, a enfin rompu le silence. Le 7 février, le quotidien britannique The Times a publié un e-mail envoyé par son bureau : « Le président est le président de la Syrie, non d'une faction de Syriens, et la première dame l'appuie dans ce rôle. » Le 11 janvier, Asma avait fait une timide apparition à une manifestation, peu spontanée, de soutien à son mari, Bachar. En pull et anorak, les boucles dorées de sa chevelure ramenées sous un bonnet, celle qu'on disait la plus glamour des premières dames arabes était l'ombre d'elle-même. Son regard, naguère pétillant, semblait perdu dans le vide, et son sourire forcé paraissait exprimer une angoisse muette

Anesthésiée

« Elle s'occupe également d'encourager le dialogue. Elle est à l'écoute et réconforte les familles victimes de la violence », poursuit l'e-mail. Est-elle allée à Homs, sa ville d'origine, consoler les proches de ses coreligionnaires sunnites tués par centaines ces dernières semaines ? Cette compassion affichée s'accorde mal avec l'indifférence qu'elle manifesterait face à la tourmente, selon les rares témoins qui ont pu l'approcher. On la dit détachée, insensible, comme anesthésiée. Au début des manifestations, en mars 2011, certains la voyaient comme un ange parmi les démons, convaincus de son rôle modérateur auprès du despote. Mais 6 000 morts plus tard, son soutien infaillible aux agissements de son mari la fait paraître sous un jour plus sombre.

Née en Angleterre dans une famille de la bourgeoisie sunnite syrienne, Emma - comme on la surnomme alors - s'occupait de fusions-acquisitions quand Bachar, étudiant en ophtalmologie à Londres, a jeté son dévolu sur elle. Il voulait être médecin, mais il a dû prendre la succession de son père, Hafez. Elle s'était alors vue en Lady Di du Levant. Quand les deux jeunes fiancés se sont mariés, en 2000, quelques mois après la mort de Hafez, elle était en effet la plus belle fleur du printemps de Damas, cette période d'espoirs démocratiques qui a suivi l'accession de Bachar Al-Assad à la présidence. Isolée dans sa tour d'ivoire, à quoi peut bien rêver aujourd'hui l'épouse du paria des nations ?

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Israël : les immigrés africains accusés de menacer 'le rêve sioniste'

Israël : les immigrés africains accusés de menacer "le rêve sioniste"

La société israélienne connait actuellement un débat violent au sujet de l’immigration africaine, certains responsables politiques appelant à l’expulsion des clandestins venus du cont[...]

Football - Palestine : Makram Dabboub, un Tunisien chez les Chevaliers

Ancien gardien de but de l’Espérance Tunis et de Zarzis, Makram Dabboub (39 ans) travaille en Palestine depuis un an et demi. Il appartient aujourd’hui au staff technique de l’équipe nationale[...]

Israël : Netanyahou s'offre les pleins pouvoirs

En annonçant, contre toute attente, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale avec le parti centriste Kadima, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'assure une écrasante majorité[...]

Plus divisée que jamais, la Syrie est au bord de la guerre civile

Des attentats de plus en plus sanglants, un plan onusien qui s'enlise, une opposition divisée et déjà 12 000 morts depuis mars 2011... Le pays est au bord d'une guerre civile dont on n'entrevoit pas[...]

Tournoi de football en Palestine : quatre joueurs mauritaniens coincés en Jordanie

Conviés au tournoi international de football de la Nakba en Palestine, organisé à l’occasion de la commémoration de l’exode forcé des Palestiniens en 1948, les Mauritaniens ont [...]

Syrie : une vraie bombe à fragmentation

Avec la militarisation de l'affrontement entre le pouvoir et la rébellion, la crise syrienne déborde dangereusement les frontières du pays et fait planer le spectre d'une guerre confessionnelle à[...]

Le Kremlin accueille l'autre opposition

La délégation du Comité national pour le changement démocratique (CNCD), groupement de l'opposition syrienne séculière et pacifiste, juge très positive sa rencontre du 15 avril[...]

Iran - Israël : Tel-Aviv trébuche sur l'Europe

La représentante de l'Union européenne pour la politique extérieure et de sécurité, Catherine Ashton, juge "constructives et utiles" les négociations engagées avec l'Iran[...]

Israël : prisonniers du désert

Dans le Néguev, l'État hébreu construit un gigantesque centre de détention. L'ultime étape pour les clandestins subsahariens. Avant l'expulsion.[...]

Tunisie : Mahmoud Abbas et Moncef Marzouki discutent de la "réconciliation palestinienne"

Le président tunisien Moncef Marzouki et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, arrivé samedi à Tunis pour une visite de quatre jours, ont discuté de la "réconciliation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers