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13/02/2012 à 09:44
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Chambre des députés à Rabat. Chambre des députés à Rabat. © www.parlement.ma

Grands perdants des législatives marocaines du 25 novembre, le RNI, le PAM et l'USFP se retrouvent dans l'opposition face à la coalition au pouvoir. Peuvent-ils s'entendre ?

Pugnace et hâbleur, maniant l'arabe classique et le darija (le dialecte marocain), le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, a défié ses détracteurs. Point par point, hésitant entre le sérieux et l'humour, il a défendu son programme et a d'ailleurs facilement obtenu, le 26 janvier, la confiance du Parlement, après avoir recueilli les 217 voix de la majorité. Cette première passe d'armes a laissé entrevoir les profils des trois grands partis de l'opposition.

RNI (centre, 52 députés) : technocratique

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) conçoit son rôle comme celui d'un professeur sévère mais juste. Ses dirigeants font valoir une longue expérience de gouvernement, depuis 1979. Le député Rachid Talbi Alami, qui a présenté la réponse de son groupe à la déclaration gouvernementale, déplore « une déclaration d'intention exagérément optimiste ». Dès la formation de l'équipe Benkirane, le président du RNI, Salaheddine Mezouar, avait, devant les caméras, tiré la première salve de critiques, juste après la cérémonie de passation des pouvoirs avec son successeur, Nizar Baraka. Plutôt inélégant, quand on pense qu'il était encore dans les locaux du ministère des Finances. Mezouar sera en tout cas candidat à sa réélection lors du congrès prévu en avril. Il devra surmonter la déception électorale et le départ de cadres du parti, comme l'ancien ministre du Tourisme Yassir Zenagui, nommé conseiller du roi, et Aziz Akhannouch, démissionnaire et reconduit au ministère de l'Agriculture.

PAM (centre gauche, 47 députés) : ambitieux

Parti récent créé en 2008 sous l'impulsion de Fouad Ali El Himma, aujourd'hui retiré de la vie militante et également conseiller au cabinet royal, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) se pose en « opposant naturel » du gouvernement islamo-conservateur conduit par le Parti de la justice et du développement (PJD). L'un de ses chefs de file, Ahmed Touhami, actuel président de la Commission des infrastructures, souhaite d'abord que son parti défende les vertus de gestion et de management public. « Il est crucial de résoudre les problèmes matériels des citoyens », explique Touhami, qui dit préférer « une opposition pratique et pas seulement idéologique, notamment quand le gouvernement confirme son discours de campagne, coupé des réalités ». En parallèle, le parti entend préciser lors de son congrès, prévu mi-février, une identité sociale-démocrate. Au risque de s'attirer les railleries de la gauche, dont est pourtant issue une partie de ses fondateurs. Même si la question des alliances paraît loin d'être tranchée, le PAM tend la main à l'Union socialiste des forces populaires (USFP) sur le thème de la modernité : libertés individuelles, statut de la femme. « Notre atout face à un gouvernement conservateur (à l'exception du Parti du progrès et du socialisme, NDLR) reste la défense des valeurs de progrès social. »

USFP (gauche socialiste, 39 députés) : nostalgique

Conscients de la difficulté à renouer avec une opposition frontale, les responsables de l'USFP ont d'abord justifié leur refus de participer à la coalition de Benkirane par la nécessaire remise en ordre de la « maison ittihadie ». Après treize ans de participation au pouvoir sous la bannière de l'« alternance consensuelle », les socialistes estiment avoir assez payé la réconciliation entre l'État et les partis. L'aggiornamento reste suspendu à la tenue d'un congrès reporté sine die. « Deux courants se forment, constate un membre de l'USFP. Le premier courtise la gauche non parlementaire qui a grossi les rangs du Mouvement du 20 février ; sous couvert de libéralisme social, le second se prépare à l'alliance avec le PAM et le RNI. » S'il a lieu, ce débat déterminera la nature de l'opposition au PJD : solidaire ou divisée. Pour les socialistes, la période glorieuse où le parti monopolisait les tribuns du perchoir est bel et bien révolue.

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