15/02/2012 à 17h:50 Par Anne Kappès-Grangé
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Jia Qinglin (deuxième en partant de la gauche) et Jean Ping, le 28 janvier à Addis-Abeba. Jia Qinglin (deuxième en partant de la gauche) et Jean Ping, le 28 janvier à Addis-Abeba. © Xinhua/Ding Lin/AFP

En préambule du sommet de l'Union africaine (UA) , le nouveau siège de l'organisation a été inauguré à Addis-Abeba. Construit en moins de trois ans pour plus de 152 millions d'euros, le bâtiment est un cadeau des autorités chinoises.

Jia Qinglin. Un nom que les chefs d'État qui se sont succédé à la tribune de l'Union africaine (UA) lors du 18e sommet de l'UA se sont appliqués à ne pas écorcher. Tout comme ils ont eu le souci, à chaque fois, de ne rien oublier du titre de leur prestigieux invité : président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

Et pour cause... Le cadeau de 200 millions de dollars (152,5 millions d'euros) que Jia Qinglin est venu leur « remettre » n'autorise pas les approximations : le nouveau siège de l'UA, 30 étages de verre et d'acier pour un bâtiment aux allures de soucoupe volante, trois centres de conférences, des bureaux pouvant accueillir 700 personnes, un héliport, un amphithéâtre extérieur - le tout construit en moins de trois ans. Pékin est allé jusqu'à fournir le mobilier et à y joindre un chèque de 94 millions de dollars (et quelques ouvriers) pour assurer la maintenance dans les années à venir.

Le nouveau siège de l'UA. (Copyright ©Ding Haitao/Sipa)

Les remerciements ont été nombreux et les dirigeants n'ont cessé, pendant deux jours, de célébrer « l'amitié sino-africaine ». En réponse, Jia Qinglin a rappelé que Pékin ne tenait pas à se mêler des affaires politiques du continent et était devenu le « premier partenaire commercial de l'Afrique avec 150 milliards de dollars, soit 10 % du total du commerce extérieur chinois ». Le cadeau n'est évidemment pas désintéressé, « mais la Chine, au moins, nous traite avec respect », commente un ministre d'Afrique centrale.

"Même la déco est chinoise"

À Addis-Abeba, les envoyés de Pékin sont venus en nombre, éclipsant les délégations européennes ou américaines, fort discrètes cette année dans les couloirs du nouveau bâtiment. Côté français, tout juste aperçoit-on Stéphane Gompertz, le « Monsieur Afrique » du Quai d'Orsay, et celle qui s'apprête à lui succéder, Élisabeth Barbier. « Les temps ont changé », commente un observateur africain. « Même la déco est chinoise », ajoute-t-il en lançant un regard narquois aux très kitsch palmiers en plastique disposés autour de la grande salle de conférences. Beaucoup ont aussi remarqué le fait que le mandarin s'était vu attribuer le premier canal audio de traduction simultanée, devant l'anglais. « Quand même, soupire un ancien ministre ouest-africain, est-ce qu'on n'en fait pas un peu trop ? Que ce soit un cadeau des Chinois plutôt que des Européens, ce n'est pas le problème. Mais l'Afrique n'aurait-elle pas pu payer un peu ? Deux cents millions de dollars, ce n'était pas beaucoup. Si on avait contribué, cela aurait été moins embarrassant. »

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