Extension Factory Builder
10/02/2012 à 09:56
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dans la régie d'Al-Jazira Sport. Dans la régie d'Al-Jazira Sport. © Christophe Calais/Pressport

Après une flambée il y a quatre ans, le montant des droits télévisés de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) reste stable. Mais excessif, pour de nombreux pays.

Idriss Akki aime les ballons qui tournent rond. Le patron du secteur Afrique de Sportfive, mandataire exclusif de la Confédération africaine de football (CAF) pour la vente des droits télévisés de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2012, assure que « ce sera la plus belle de toutes les CAN. C'est la vitrine du football africain, et la CAF a mis de gros moyens techniques pour que ce soit un produit de très haut niveau ». Un produit qu'Akki sait vendre malgré la crise, qui n'épargne pas l'Afrique. Même à ceux qui s'inquiètent du montant des droits de retransmission, inaccessible pour la plupart des pays du continent, il jure : « Tout le monde va voir la CAN ! » Cela reste à prouver...

Il y a deux ans, des chiffres, jamais démentis - en tout cas par la CAF, toujours très discrète -, avaient circulé : 1,5 million d'euros avait été réclamé aux chaînes nationales subsahariennes (hors Nigeria) par LC2-Afnex, la société du Béninois Christian Lagnidé, détentrice des droits de diffusion pour la zone, tandis que les pays d'Afrique du Nord étaient priés de s'acquitter de 1 million de dollars (près de 700 000 euros, à l'époque) par match auprès de la chaîne qatarie Al-Jazira.

Le Maroc et la Tunisie avaient dit non ; l'Algérie, elle, n'avait pas voulu priver ses téléspectateurs des matchs des Fennecs. Au sud, le Nigeria avait réglé 3,5 millions d'euros, le Togo d'Adebayor avait refusé.

En 2012, les choses n'ont pas vraiment évolué. Malgré l'absence de plusieurs grandes équipes, la 28e CAN devrait avoir de l'allure, avec le Ghana, quadruple vainqueur et finaliste 2010, la Côte d'Ivoire, le Maroc et la Tunisie. Résultat : si les droits ne se sont, cette année, pas envolés, ils n'ont pas baissé pour autant.

Dix matchs pour 10 millions de dollars

Al-Jazira a maintenu ses prix : pour 10 matchs sur les 32 au programme, ce sera 10 millions de dollars (plus de 7,8 millions d'euros). Cette fois, Abdelkader Bouazza, le responsable des droits sportifs de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) marocaine, a accepté la proposition qatarie. « Nous avons donné notre accord de principe à Al-Jazira pour dix matchs à ce tarif, ceux de la sélection nationale, plus le match d'ouverture et la finale. On n'a pas voulu priver les Marocains de cet événement important. »

Les dirigeants tunisiens ont quant à eux été très clairs sur les raisons de leur refus : « Nous n'avons pas voulu payer 7 millions d'euros pour dix matchs. C'est un prix excessif, hors de portée pour nous, surtout dans la situation actuelle de notre pays. »

Pas d'accord global

Du côté de l'Afrique subsaharienne, les négociations engagées en juillet 2011 entre l'Union africaine de radiodiffusion (UAR) et LC2-Afnex pour tenter de trouver un accord global (hormis pour l'Afrique du Sud, qui a acquis les droits de son côté, et le Swaziland) ont échoué. Selon le Réseau de l'audiovisuel public d'Afrique francophone (Rapaf), qui regroupe une vingtaine de télévisions affiliées à l'UAR, des accords bilatéraux ont finalement été négociés entre la société de Christian Lagnidé et les pays qualifiés (Mali, Sénégal, Côte d'Ivoire) sur la base de 1 million d'euros pour l'ensemble des matchs de la CAN 2012 - le double avec ceux de la CAN 2013. Qualifié pour la première fois de son histoire, le Niger, classé parmi les dix pays les plus pauvres du monde, a fait un très, très gros effort pour bénéficier des retransmissions.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

Technologies : quand WhatsApp bouscule les codes de la communication politique en Afrique

Technologies : quand WhatsApp bouscule les codes de la communication politique en Afrique

Lancée depuis bientôt cinq ans, l’application de messagerie internet WhatsApp a conquis les smartphones de millions d’utilisateurs dans le monde. Très utilisé en Afrique, l’outil s'inst[...]

C'est du vent !

Les voyages forment tout le monde, quel que soit l'âge de chacun. Il n'y a guère longtemps, je me suis retrouvé dans la capitale - que je préfère ne pas nommer - d'un pays[...]

Électricité : quel pilote pour la (future) Agence africaine ?

Pour la promotion de son "plan Marshall" électrique pour l'Afrique, Jean-Louis Borloo a rencontré trente-sept chefs d'État africains, qui, dans leur majorité, semblent adhérer au[...]

Maryse Condé : "Ma relation avec l'Afrique s'est fondée sur un mensonge"

L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé publie une biographie culinaire. L'occasion de revenir avec elle sur sa relation avec l'Afrique et de dévoiler une facette aussi importante de sa[...]

Stromae, griot sarcastique malgré lui

Le chanteur belge Stromae est en tournée africaine. Ecoutées au premier degré ou pastichées, les chansons de son album "Racine carrée" illustrent la politique du continent.[...]

Esclavage : "Libres et sans fers", paroles captives

Dans un ouvrage récent, trois chercheurs explorent les archives judiciaires françaises à la recherche de témoignages d'esclaves. De très émouvantes voix d'outre-tombe.[...]

Comment la diaspora influence l'opinion politique africaine grâce aux médias en ligne

RFI, Jeune Afrique, Le Point Afrique, (ex-) Slate Afrique, Le Monde Afrique, Afrik.com, etc. En Afrique francophone, les médias panafricains les plus sérieux et les plus influents sont… basés en France.[...]

Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption

Au mois de juin 2014, le "Sunday Times" publiait une enquête dénonçant l'existence d'un système de pots-de-vin ayant conduit à l’attribution de la Coupe du monde de football au[...]

Corsafrique : à Tasso, dans la vallée des croupiers

C'est à Tasso, en Corse-du-Sud, que Michel Tomi recrutait les employés de ses casinos. En sens inverse, il a aussi importé un peu d'Afrique sur l'île, au grand dam des nationalistes.[...]

Derrière la rhétorique des guerres climatiques

Philippe Roudier est chercheur, spécialiste des impacts du changement climatique en Afrique.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers