Extension Factory Builder
17/01/2012 à 19:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Du 21 janvier au 12 février, la CAN 2012 promet un jeu plus ouvert que jamais. Du 21 janvier au 12 février, la CAN 2012 promet un jeu plus ouvert que jamais. © AFP

Deux pays organisateurs - le Gabon et la Guinée Équatoriale -, quatre favoris - Côte d'Ivoire, Maroc, Sénégal, Ghana -, quelques nouveaux venus, une multitude d'outsiders et autant de grands absents... La Coupe d'Afrique des nations (CAN 2012), du 21 janvier au 12 février, possède un parfum bien particulier.

La mémoire collective l'a peut-être oublié. Le temps qui défile et les compétitions qui s'enchaînent ont contribué à embouteiller les esprits, mais l'Histoire retiendra que c'est en Afrique que, pour la première fois, l'organisation d'un grand tournoi a été répartie entre deux pays. C'était en janvier-février 2000 au Ghana et au Nigeria, désignés en urgence un an plus tôt en raison de la défaillance du Zimbabwe, incapable d'assumer le cahier des charges imposé par la Confédération africaine de football.

--> Premier tour de la CAN 2012 : faites vos jeux !

--> CAN 2012 : le calendrier des matchs, les groupes et les équipes

--> CAN 2012 : tous les résultats des groupes A, B, C et D

L'Afrique devançait ainsi l'Europe, qui s'apprêtait à l'été 2000 à inaugurer, avec l'Euro coorganisé par la Belgique et les Pays-Bas, une mode aujourd'hui bien installée dans les moeurs. Douze ans plus tard, le Gabon et la Guinée équatoriale s'apprêtent à accueillir le gratin continental. Ou ce qu'il en reste.

L'épreuve des qualifications a emporté quelques édifices déjà vacillants depuis 2010. Et le 21 janvier, au moment où la Guinée équatoriale disputera face à la Libye un match d'ouverture plus exotique qu'alléchant, on se souviendra que les principaux éliminés pèsent dix-neuf titres et les présents seulement huit. L'Égypte, la sélection la plus couronnée - sept titres - et qui avait raflé la mise lors des trois dernières Coupes d'Afrique des nations (CAN), est, avec le Cameroun - quatre titres - et le Nigeria - deux -, la grande absente de cette édition. L'Algérie et l'Afrique du Sud, tombées sur plus forts qu'elles, complètent la liste des anciens vainqueurs recalés, avec la RDC (deux titres), le Congo et l'Éthiopie - ce qui, dans ces trois derniers cas, n'a surpris personne.

--> Suivre la CAN 2012 en direct sur Jeune Afrique

Mboma vote Maroc

L'éclipse - sans doute momentanée - de ces gros bras a considérablement réduit la liste des favoris. Patrick Mboma (41 ans), deux fois champion d'Afrique avec le Cameroun (2000 et 2002), a la sienne, qui devrait être universellement partagée. « Je pense que le vainqueur est à choisir entre la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Maroc et le Ghana », assure l'ancien Lion, dont l'objectivité est renforcée par l'absence de son pays.

En poussant un peu plus sa réflexion, il fait même du Maroc son candidat le plus sérieux au titre. « Eric Gerets a beaucoup apporté aux Lions de l'Atlas. Il a su leur donner un style offensif, il dispose d'excellents joueurs [évoluant] en Europe, mais aussi au Maroc. C'est une sélection certes en construction, mais déjà bien organisée et convaincante. » En cela, Mboma va à rebours des avis les plus autorisés. Car si le Maroc est effectivement cité ponctuellement comme un possible lauréat, ce sont la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Ghana qui recueillent le maximum de suffrages.

Touré, Kalou, Drogba, Doumbia, Gervinho : problèmes d'égo

Cette foi dans le retour d'un pays subsaharien au sommet du continent après huit ans de domination nord-africaine (Tunisie en 2004, Égypte en 2006, 2008 et 2010) n'est pas farfelue. La Côte d'Ivoire, qui finira peut-être par gagner autre chose que les concours de pronostics, dispose toujours d'autant d'individualités (Kolo et Yaya Touré, Kalou, Drogba, Doumbia, Gervinho), dont les ego sont parfois difficilement compatibles.

Le Sénégal, dont l'armada offensive (P. Cissé, Sow, Niang, Ba, D. N'Doye) rappelle furieusement celle des Éléphants, semble enfin avoir digéré le début des années 2000. Il a bouclé les qualifications invaincu, en éliminant au passage le Cameroun. Le coach sénégalais « Amara Traoré a su redonner un élan à la sélection, mais cette équipe ne me semble pas assez équilibrée. Un peu comme la Côte d'Ivoire », fait remarquer Mboma.

Et il y a le Ghana, finaliste de la CAN 2010 en Angola et quart de finaliste, la même année, du Mondial sud-africain. L'équipe est moins riche en individualités, mais son impact collectif est supérieur à celui de ses trois principaux rivaux. Derrière la bande des quatre se bouscule toute une meute d'outsiders plus ou moins égaux devant l'épreuve des pronostics. On y retrouve la Tunisie, revenue de très loin après un début de qualifications catastrophique, la Zambie, qui déçoit rarement en phase finale, le Burkina Faso du trio Pitroipa-Kaboré-Alain Traoré. Ou encore le Mali, qui a récupéré le milieu de terrain du FC Barcelone Seydou Keita mais perdu en chemin Frédéric Kanouté (retraite internationale) et Mahamadou Diarra, chômeur de luxe depuis son départ de Monaco en juin.

Favoris et challengeurs

Le Gabon de Gernot Rohr peut également postuler à ce club des potentiels empêcheurs de tourner en rond, où la Guinée (qui a fait chuter le Nigeria) et éventuellement l'Angola ont leur place. Et sans en faire des épouvantails, la Libye, qualifiée malgré les événements que l'on sait, et le Soudan, boosté par les bons résultats d'Al-Hilal et d'Al-Merreikh sur la scène continentale, seront également à prendre au sérieux.

Mais la CAN est également faite pour découvrir de nouvelles têtes. Celle de la Guinée équatoriale, que personne, à part les Équato-Guinéens eux-mêmes, ne semble croire capable d'un bon résultat, mais aussi celles du Niger et du Botswana, les autres béotiens du plateau. Trois sélections au vécu infime et sans notoriété, qui n'ambitionnent rien d'autre que de se faire une place dans la hiérarchie africaine. Pour elles, ce sera déjà beaucoup.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

De Casablanca à Johanesburg en passant par Kumasi au Ghana, "Jeune Afrique" vous présente quelque-uns des stades de football les plus chauds du continent. Frissons garantis.[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leurs territoires. Grâce à une carte[...]

France : quand François Hollande oublie les "tirailleurs"

À la Grande Mosquée de Paris, sur la plaque gravée en hommage aux soldats musulmans mort pour la France, l'Élysée va devoir réparer son omission.[...]

La diversité religieuse ? Une richesse inéquitablement répartie

Chrétiens, juifs, musulmans, animistes, athées... Sur Terre, ce n'est pas la diversité qui manque. Une enquête recense les pays où elle est le plus forte. Première en Afrique, la[...]

Japon - Yoshifumi Okamura : en Afrique, "c'est maintenant qu'il faut y aller !"

De passage à Paris, l'ancien ambassadeur du Japon en Côte d'Ivoire - et désormais représentant personnel du Premier ministre pour l'Afrique-, Yoshifumi Okamura, évoque l'avancée des[...]

Risque-pays : les bons et les mauvais élèves africains

Aon Risk Solutions vient de publier la 16e édition de la carte de risque pays. Si l'Afrique australe reste (à l'exception du Zimbabwe) la zone la moins risquée du continent, le Maroc, le Ghana et l'Ouganda[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Veni vidi... Vinci ?

Après des années de suprématie chinoise, les français Bouygues, Eiffage et Vinci repartent à l'assaut du continent. Leurs atouts ? Qualité, respect des délais et recours[...]

Olivier Stintzy : "Investir dans les hôpitaux, les écoles, le logement"

Pour ce gestionnaire de fonds, les partenariats public-privé permettent de prolonger la durée de vie des équipements à vocation sociale tout en garantissant leur rentabilité.[...]

Casa África, aux Canaries, une fenêtre espagnole sur le continent

Créée en 2006 comme un consortium entre le ministère espagnol des Affaires étrangères, le gouvernement des Canaries et la municipalité de Las Palmas où elle a son siège,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers