16/01/2012 à 15h:45 Par Youssef Aït Akdim
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Le gouvernement libyen tente de faire face au défi de la réconciliation. Le gouvernement libyen tente de faire face au défi de la réconciliation. © STR/Reuters

Confronté à la contestation de la rue et à la défiance des milices, le gouvernement libyen s'active pour désamorcer les problèmes. Il a fort à faire...

Le Premier ministre libyen, Abdurrahim el-Keib, est un homme pressé. Pendant que le président Mustapha Abdeljalil fait une excursion à Ghadamès, à la frontière algéro-tunisienne, ou se montre aux côtés du chef de l'État soudanais Omar el-Béchir, Keib enchaîne les réunions. Car, depuis la mi-décembre, des jeunes en colère occupent les centres-villes. Partie de Benghazi, la contestation a essaimé à Tripoli, Zawiya et Sebha. Les « indignés » libyens veulent remettre la révolution sur les rails, écarter les collaborateurs de l'ancien régime et associer les jeunes et les femmes aux prises de décision.

Accusé d'avoir trop frayé avec le système Kaddafi, Taher Sharkas, le ministre de l'Économie, a démissionné le 24 décembre. Depuis, le gouvernement s'active tous azimuts, signant notamment de nombreuses conventions de partenariat avec les Nations unies et l'ONG Transparency International. Ali Humaida Ashour, le ministre de la Justice, a même réussi à obtenir un délai (le 23 janvier) auprès de la Cour pénale internationale pour statuer sur le cas Seif el-Islam : les Libyens veulent juger le fils Kaddafi à domicile plutôt que de le transférer à La Haye.

Le gouvernement doit aussi faire face à toutes sortes de rumeurs, dont Libya al-Ahrar, la chaîne de télévision officieuse de la révolution, s'est fait une spécialité. Le 11 janvier, le Premier ministre a demandé à la banque centrale et au ministère des Finances de démentir une fausse information faisant état du versement imminent de 1 000 dollars mensuels à chaque Libyen.

Le 7 janvier, comme pour sonner la fin de la récréation, Souleimane Ali al-Saheli, le ministre de l'Éducation, a annoncé la reprise immédiate des cours dans toutes les écoles du pays. Attendue depuis le mois de novembre, c'est la première mesure symbolique du gouvernement transitoire, qui s'est fait fort d'expurger manuels et programmes de toute référence au régime de Kaddafi.

Un programme de réinsertion

Le deuxième objectif du pouvoir libyen est de récupérer les armes en circulation. Un vaste programme de réinsertion des combattants rebelles a été lancé le 10 janvier. Au choix, ceux-ci peuvent intégrer soit le ministère de la Défense, soit celui de l'Intérieur, ou bien retourner à la vie civile. Stages de langues, retour sur les bancs de l'université, financement de projets, indemnités de formation, tout est prévu pour que les guérilleros abandonnent leurs kalachnikovs. Pour qu'ils puissent faire entendre leur voix de manière pacifique, le gouvernement s'attelle à son troisième chantier, la préparation des futures législatives. À peine présenté, le projet de loi électorale suscite déjà la polémique. L'un de ses articles, qui interdit aux binationaux de se porter candidats, est notamment sujet à controverse. 

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