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19/01/2009 à 12:09
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Une session extraordinaire du parlement nigérien va s’ouvrir mardi en début d’après-midi avec à son ordre du jour l’examen d’une demande du gouvernement relative à la levée de l’immunité de trois députés membres de la majorité présidentielle, cités dans une affaire de malversation de fonds publics.

La levée de l’immunité parlementaire concerne les députés Djermakoye Hassane Intarou, Bonkano Maifada du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, majorité) et Chaibou Raja de la Convention démocratique et sociale (CDS), le principal allié du Président Mamadou Tandja.

Les députés Intarou et Maifada sont présentés comme des inconditionnels de l’ex-Premier ministre Hama Amadou, dont le gouvernement a été renversé fin mai 2007 par motion de censure.

M. Amadou, également président du MNSD, est écroué depuis le 26 juin 2008 dans une prison de haute sécurité après que l’assemblée nationale a voté sa mise en accusation introduite par le gouvernement pour « mauvaise gestion » de 100 millions FCFA destinés à aider la presse privée.

Selon des sources officieuses, ces députés sont cités dans une affaire de détournement de fonds destinés au ministère de l’Education de base et de l’alphabétisation (MEBA) et mis à la disposition de l’État nigérien par ses partenaires techniques et financiers dans le cadre du Programme décennal de développement de l’éducation (PDDE).

Connu sous l’appellation « affaire MEBA », ce dossier a également été à l’origine du vote de la motion de censure déposée fin mai 2007 par l’opposition parlementaire à l’encontre du gouvernement dirigé par M. Amadou.

Dans la même affaire, plusieurs autres personnalités ont été cités dont les deux intérimaires du Premier ministre de l’époque à savoir l’actuel chef du gouvernement, Seini Oumarou (MNSD), et Abdou Labo (CDS) tous deux alors ministre d’Etat.

En 2006, deux ministres ayant occupé le portefeuille de l’Education, Ari Ibrahim et Hamani Arouna, respectivement du CDS et du MNSD, ont passé plusieurs mois en prison, au lendemain de leur mise en accusation votée par l’assemblée nationale.

Plus d’un milliard FCFA et 825 tables bancs ont disparu dans cette affaire impliquant également des fonctionnaires ainsi que des opérateurs économiques comme le député Raja, une des grosses fortunes du CDS, le principal parti allié de la majorité présidentielle. C

’est la première fois, depuis l’instauration de la démocratie il y a une quinzaine d’années, qu’un gouvernement introduit une demande de levée de l’immunité de députés auprès du parlement composé de 113 députés dont 88 sièges pour la majorité.

Selon la procédure, la requête gouvernementale sera d’abord appréciée par la conférence des présidents de groupes et commissions parlementaires, qui formuleront le cas échéant des recommandations pour son examen ou son rejet au cours de cette session qui ne dépassera pas quinze jours.

Cette décision, selon des observateurs, serait liée à l’opération « mains propres » lancée par le Président Tandja depuis quelques mois et qui a entraîné l’emprisonnement de plusieurs personnalités du monde politique et économique du pays.

S’exprimant le 6 janvier dernier devant les présidents des institutions de la république, le dirigeant nigérien a affirmé qu’« aucun agissement coupable ne restera impuni», faisant allusion à cette opération qui, a-t-il ajouté, « sera poursuivie et intensifiée ».

Mais certains observateurs qualifient la demande de la levée de l’immunité de ces députés de « règlement de compte » consécutif à la crise qui secoue depuis quelques semaines le parti présidentiel, MNSD, divisé aujourd’hui en clan favorable à l’actuel Premier ministre Seini Oumarou et un autre qui fait allégeance à M. Amadou.

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Niger

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