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17/08/2013 à 16:53
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Un partisan de Mohamed Morsi retranché dans la mosquée assiégée, samedi. Un partisan de Mohamed Morsi retranché dans la mosquée assiégée, samedi. © REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi retranchés dans une mosquée du centre du Caire ont tous été évacués samedi après-midi, ont annoncé à l'AFP des sources au sein des services de sécurité.

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi retranchés dans une mosquée du centre du Caire ont tous été évacués samedi après-midi, ont annoncé à l'AFP des sources au sein des services de sécurité.

Les forces de l'ordre peinaient toutefois à prendre le contrôle total du minaret de la mosquée Al-Fath, depuis lequel, selon l'agence de presse gouvernementale Mena, des tireurs avaient ouvert le feu sur les forces de l'ordre, ont précisé ces sources.

Des tirs nourris ont retenti aux abords de la mosquée, dont ceux des policiers, qui tiraient en l'air pour disperser les habitants, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. Les policiers ont réussi à extraire de force sept ou huit hommes au début de l'assaut, mais la foule de résidents en colère les a copieusement battus à coups de bâton et de barres de fer.

Plusieurs tirs

Des hommes retranchés et les policiers ont alors commencé à échanger des tirs nourris. Les forces de sécurité ont ensuite tiré des grenades lacrymogènes et pris d'assaut la mosquée.

Depuis vendredi soir, décrétée journée "de la colère" par les pro-Morsi, de nombreux manifestants s'étaient réfugiés dans la mosquée, plus d'un millier s'y trouvaient toujours quand la police est intervenue, selon les Frères musulmans, l'influente confrérie de l'ex-chef de l’État.

Les trois filles et un fils de l'imam de la plus grande mosquée d'Irlande, tous les quatre citoyens irlandais, ont déclaré samedi à la télévision RTE s'y trouver également.

Ces dernières 24 heures, notamment aux abords de cette mosquée, 173 personnes ont été tuées lors de heurts entre manifestants et forces de l'ordre désormais autorisées à tirer sur les manifestants hostiles.

Tirs d'armes automatiques

L’Égypte a connu mercredi la journée la plus sanglante depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, avec 578 morts. A l'aube, des images diffusées par des télévisions avaient montré des policiers entrés sans violence dans la mosquée et qui semblaient négocier avec les manifestants leur sortie. Une manifestante à l'intérieur a affirmé à l'AFP par téléphone que les pro-Morsi réclamaient la garantie de ne pas être arrêtés ou attaqués par des civils hostiles en sortant de la mosquée.

Un nouveau spectre flotte désormais sur l’Égypte, celui de la justice de rue dans un pays où les divisions n'ont jamais été si profondes. Des "comités populaires" se sont mis en place. Il s'agit en réalité de groupes d'auto-défense de jeunes souvent excités et armés qui fouillent les passants, contrôlent l'accès à leur quartier et amènent de force à l'armée et à la police toute personne leur paraissant suspecte.

Le ministère de l'Intérieur a de son côté annoncé avoir arrêté pour la seule journée de vendredi 1.004 islamistes. Ces derniers, qui accusent l'armée d'avoir mené un "coup d’État sanglant" contre M. Morsi, détenu au secret depuis sa déposition, et d'avoir installé depuis un "État policier", appellent désormais à descendre tous les jours dans les rues après la prière de la mi-journée.

Vendredi, Le Caire s'était transformé en un véritable champ de bataille avant que leurs manifestations ne cessent une heure après l'entrée en vigueur du couvre-feu nocturne. Durant les heurts, qui ont fait, officiellement, 95 morts au Caire, le fils du Guide suprême des Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, a été mortellement touché par balle sur la place Ramsès, proche d'Al-Fath, a annoncé la confrérie.

Par ailleurs, le frère du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a été arrêté dans la banlieue du Caire pour "soutien" à M. Morsi, ont annoncé des responsables des services de sécurité à l'AFP.

Appel à des "mesures appropriées" de l'UE

Le gouvernement affirme désormais "combattre le terrorisme" mais le choix de la solution sécuritaire qu'il a adopté depuis mercredi a provoqué une salve de critiques à l'étranger.
Vendredi, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a invité les États membres de l'Union européenne à prendre "des mesures appropriées" lors d'une réunion prévue lundi à Bruxelles.

Les grands pays européens ont continué à déconseiller les voyages en Egypte, alors que la Suède, la Norvège et la Finlande ont rapatrié leurs ressortissants qui y faisaient du tourisme.

La Turquie a, elle, rappelé son ambassadeur en Egypte, et Le Caire a aussitôt pris la même mesure et annulé des manœuvres navales communes prévues. En revanche, Ryad et Amman ont affirmé soutenir le pouvoir égyptien "face au terrorisme".

 

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