Quatre personnes ont été tuées, de nombreuses autres blessées et le marché central a été incendié dans des violences entre Touareg et Noirs dans la ville de Kidal, dans le nord-est du Mali, provoquant un regain de tension un peu plus d'une semaine avant l'élection présidentielle.
Les violences ont éclaté lorsque jeudi vers 22H00 (locales et GMT), où des éléments armés ont attaqué des habitants, "faisant quatre morts, de nombreux blessés" parmi la population, a rapporté le ministère de la Défense. Des maisons et boutiques ont été pillées et saccagées et, vendredi, "le marché central a été brûlé", ajoute un communiqué du ministère.
Le texte précise que les cibles des attaques étaient "des populations favorables" à l'unité du Mali, par opposition aux groupes armés ayant prôné l'indépendance ou l'autonomie d'une partie du pays dont le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg. Le ministère ne cite cependant ni le MNLA, ni les Touareg.
Ces violences se sont produites à neuf jours du premier tour de la présidentielle, censé amorcer la réconciliation et rétablir l'ordre constitutionnel interrompu par un coup d'Etat en mars 2012.
Le scrutin doit se tenir à Kidal le dimanche 28 juillet comme dans le reste du Mali après une intervention militaire lancée au début de l'année par la France pour chasser les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du pays.
Plus tôt vendredi, une source militaire africaine de la force de l'ONU au Mali, la Minusma, avait affirmé à l'AFP que les violences de Kidal avaient opposé "un groupe de Touareg accusés d'être du MNLA ou proches du MNLA, et des populations noires".
Elles avaient été déclenchées par une rumeur sur l'arrivée de renforts de l'armée malienne dont la présence depuis le 5 juillet de quelque 150 éléments a déjà provoqué des tensions entre Touareg hostiles à leur déploiement et les autres communautés.
Cantonnement des rebelles du MNLA
Le bilan non officiel variait alors entre un et quatre morts et une quarantaine de blessés civils. Un colonel au ministère de la Défense avait accusé "des éléments du MNLA" dirigés par un déserteur de l'armée malienne, Moussa Yattara. Dans le communiqué gouvernemental, le ministre de la Défense Yamoussa Camara "demande aux populations de garder leur calme".
Il affirme en particulier "aux victimes d'attaques terroristes" dans le nord du Mali "que tout est mis en oeuvre pour assurer leur protection et leur sécurisation ainsi que leurs biens".
Il exhorte "les personnels des forces armées maliennes et étrangères à la retenue, à la vigilance pour ne pas céder ou contribuer à la provocation", tout en exprimant "son profond regret de cette grave violation de l'accord de Ouagadougou".
Cet accord, signé le 18 juin entre Bamako et des groupes armés touareg dont le MNLA, a permis le cantonnement des rebelles qui contrôlaient depuis février Kidal. Ce cantonnement s'est fait en parallèle avec l'arrivée le 5 juillet des 150 soldats maliens suivi d'un retour de l'administration.
Une élection sous tension
Déjà mauvaises avant le début du conflit au Mali dont tout le nord a été occupé en 2012 par des jihadistes un temps allés du MNLA, les relations entre communautés noires, majoritaires au Mali, et les "peaux rouges" (claires), membres notamment des communautés arabe et touareg, se sont depuis considérablement dégradées.
Arabes et Touareg sont assimilés aux groupes jihadistes et à la rébellion, considérés comme les responsables des malheurs du pays.
Ces nouvelles violences à Kidal et l'impréparation du scrutin du 28 juillet dans la ville ont fait craindre qu'il ne puisse avoir lieu comme prévu ou dans de mauvaises conditions.
C'est la raison principale avancée par un des candidats, Tiébilé Dramé, artisan de l'accord de Ouagadougou au nom de Bamako, pour annoncer jeudi son retrait. M. Dramé a vivement critiqué la France qui intervient depuis janvier contre les groupes jihadistes mais qui a exercé une forte pression sur Bamako pour que le scrutin ait lieu en juillet en sachant qu'il serait imparfait.
Le ministère français des Affaires étrangères a réfuté toute idée d'ingérence, assurant que la présidentielle du 28 juillet était "une affaire malienne au premier chef".

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