Extension Factory Builder
22/06/2013 à 11:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un militant islamiste égyptien brandit un portrait du président Mohamed Morsi, le 21 juin 2013. Un militant islamiste égyptien brandit un portrait du président Mohamed Morsi, le 21 juin 2013. © AFP

Des dizaines de milliers d'islamistes égyptiens ont manifesté vendredi pour soutenir le président Mohamed Morsi, dans un climat tendu avec l'opposition qui appelle de son côté à une mobilisation massive à la fin du mois pour réclamer le départ du chef de l'État.

Des dizaines de milliers d'islamistes égyptiens ont manifesté vendredi pour soutenir le président Mohamed Morsi, dans un climat tendu avec l'opposition qui appelle de son côté à une mobilisation massive à la fin du mois pour réclamer le départ du chef de l'État.

Les manifestants portant des drapeaux égyptiens et des portraits du chef de l'Etat se sont rassemblés devant une mosquée de Nasr City, un faubourg du Caire, en scandant "Oui à la stabilité, oui à la légitimité" ou "Morsi est le président de tous les Egyptiens". Les opposants "ne doivent pas croire que nous sommes une minorité. Nous sommes capables de protéger la légitimité et la charia", affirmait Hamida Bakkout, une infirmière de 43 ans brandissant une banderole avec la photo du président.

"Notre message est que nous sommes nombreux avec le président. Nous n'avons rien à faire de la mobilisation de l'opposition", affirmait Omar Mostafa, 18 ans, venu de la région de Beheira, dans le delta du Nil. De nombreux manifestants de province sont venus au Caire grâce à des bus affrétés pour l'occasion, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs journalistes ont quitté la manifestation face à des supporteurs du président qui ont jeté des bouteilles d'eau et endommagé une partie de leur matériel accusant les médias de "tenter de mettre à mal le projet des islamistes", a rapporté à l'AFP Mahmoud Abou Bakr, un reporter de la BBC attaqué par des membres du cortège.

A quelques rues du rassemblement, devant le ministère de la Défense, des centaines de manifestants hostiles au président Morsi se sont réunis pour demander aux militaires de prendre le pouvoir.

A Alexandrie (nord), des partisans et des adversaires de M. Morsi ont échangé des insultes et se sont brièvement bagarrés devant une mosquée de la ville, ont rapporté des médias gouvernementaux. Plusieurs mouvements islamistes, dont le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), vitrine politique des Frères musulmans dont est issu M. Morsi, ont appelé à cette manifestation "pour sauver la révolution". Le rassemblement se veut une démonstration de force face aux opposants qui battent le rappel pour une grande mobilisation devant le palais présidentiel le 30 juin, premier anniversaire de l'investiture de M. Morsi.

Une campagne intitulée Tamarod ("rébellion"), à laquelle se sont ralliés de nombreux groupes et personnalités opposés à M. Morsi, revendique 15 millions de signatures pour réclamer sa démission et l'organisation d'une présidentielle anticipée. La mobilisation autour de Tamarod a redonné une visibilité inespérée à une opposition fragmentée et a placé le pouvoir sur la défensive, sur fond de craintes que ces tensions ne débouchent sur une nouvelle vague de violences dans un pays profondément divisé.

M. Morsi est le premier président civil du pays et le premier islamiste à accéder à cette fonction. Son élection a mis fin à la période de transition sous direction militaire qui a suivi la chute en février 2011 de Hosni Moubarak sous la pression d'une révolte populaire.

"Contre-révolution"

Ses partisans -Frères musulmans et autres formations islamistes, dont une partie des fondamentalistes salafistes- mettent en avant le caractère démocratique de son élection pour qualifier de "contre-révolution" les appels à sa démission.

L'ambassadrice des Etats-Unis, Anne Patterson, est récemment intervenue pour appeler les Egyptiens à s'organiser politiquement plutôt qu'à en appeler à la rue, provoquant l'indignation dans le camp anti-Morsi. "Certains disent que les actions de rue produisent de meilleurs résultats que des élections. Pour être honnête, mon gouvernement et moi-même sommes très sceptiques", a-t-elle dit il y a quelques jours dans une allocution.

M. Morsi est accusé par ses adversaires d'avoir aggravé le clivage politique du pays en cherchant à placer ses partisans dans tous les rouages du pays, et d'être incapable de faire face à une grave crise économique qui se traduit par une montée du chômage et de l'inflation, ainsi que des pénuries de carburant ou de longues coupures d'électricité.

La récente nomination de gouverneurs islamistes dans plusieurs régions du pays a accentué les accusations de mainmise des Frères musulmans sur l'appareil d'Etat et provoqué des troubles en plusieurs endroits. Le choix pour Louxor d'un gouverneur membre d'un parti héritier d'un groupe radical qui avait revendiqué le massacre de 58 touristes étrangers dans cette région en 1997 a provoqué la consternation des professionnels de ce secteur, et la démission du ministre du Tourisme.

Un des leaders de l'opposition, l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, a déclaré récemment que "le régime envoie comme message qu'il ne veut pas répondre aux demandes du peuple et qu'il s'accroche à des politiques qui aggravent les clivages et la colère".

Une autre figure de l'opposition, l'ancien chef de l'agence atomique de l'ONU Mohammed ElBaradei, a quant à lui pressé les Egyptiens de soutenir la campagne Tamarod afin de dénoncer un "régime en faillite" qui "tue l'esprit de la révolution".
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Egypte

Gaza : vers un accord a minima entre Israël et les Palestiniens ?

Gaza : vers un accord a minima entre Israël et les Palestiniens ?

Israéliens et Palestiniens se sont mis d'accord lundi soir sur la prolongation de vingt-quatre heures du cessez-le-feu en vigueur à Gaza. Cette décision adoptée in extremis, peu avant l'expiration de la[...]

Égypte : trois morts dans des heurts en marge de manifestations pro-Morsi

Trois personnes ont péri vendredi en Égypte dans des heurts en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi, a affirmé un responsable de la sécurité, au[...]

Égypte : trois morts dans la répression de la commémoration des massacres de 2013

Au moins trois personnes ont été tuées jeudi au Caire en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi qui ont peiné à mobiliser à l'occasion du[...]

Fatma, survivante de Rabaa : "Il y avait du sang partout"

Il y a un an, les autorités égyptiennes dispersaient dans le sang deux sit-ins en soutien à Mohamed Morsi, sur les places Nahda et Rabaa. Une répression d’une rare violence que HRW a[...]

Sissi et le massacre de Rabaa al-Adawiya, le Tian'anmen égyptien

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, la tuerie de Rabaa al-Adawiya, perpétrée il y a tout juste un an contre des partisans des Frères musulmans, est[...]

Gaza : prolongation de la trêve pendant cinq jours

Après de nouveaux raids aériens sur Gaza en riposte à des tirs de roquettes, l'Égypte a annoncé mercredi soir la prolongation pour une durée de cinq jours de la trêve entre[...]

Égypte : un an après, Sissi veut tourner la page des massacres d'août 2013

Le 14 août 2013, une répression terrible s’est abattue sur les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Un an après, le maréchal au pouvoir, Abdel Fattah al-Sissi, veut[...]

Répression des Frères musulmans : deux dirigeants de HRW interdits de séjour en Égypte

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a annoncé lundi que deux de ses directeurs ont été interdits d'entrer en Égypte où ils devaient présenter un rapport sur la sanglante répression[...]

DP World en pleine tourmente sur le continent

Alors qu'il aligne les bonnes performances à travers le monde, en Afrique, le troisième opérateur portuaire mondial collectionne les ennuis et les scandales. Le dernier en date, à Djibouti,[...]

L'Égypte finit d'éradiquer les Frères musulmans de la scène politique

L'Égypte a achevé samedi d'éradiquer les Frères musulmans de la scène politique en prononçant la dissolution de leur branche politique plus d'un an après que l'armée a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers