Extension Factory Builder
24/02/2013 à 16:16
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les dirigeants des rebelles du M23 donnent une conférence de presse à Bunagana, le 3 janvier 2013. Les dirigeants des rebelles du M23 donnent une conférence de presse à Bunagana, le 3 janvier 2013. © AFP

Onze pays africains ont signé dimanche à Addis-Abeba un accord destiné à ramener la paix dans l'est de la République démocratique du Congo, notamment en renforçant la mission des Nations unies déployée dans la région pour y combattre les rébellions qui l'ensanglantent.

Les signataires de l'accord ont fait preuve d'un optimisme prudent, conscients qu'aucun effort de paix n'a réussi durablement depuis deux décennies dans l'Est de la RDC, dont les énormes ressources minières attisent les convoitises.

La piste la plus concrète de l'accord est un appel à "une révision stratégique" de la mission de l'ONU sur place (Monusco), une des plus importantes au monde avec 17.000 hommes, mais qui a échoué à faire prévaloir la paix.

"Brigade d'intervention"

Même si l'accord ne le mentionne pas explicitement, il s'agit d'adjoindre à la Monusco, sous une forme qui reste à préciser, une "brigade d'intervention" dotée d'un mandat beaucoup plus robuste pour en découdre avec les différentes rebellions.

"Le Conseil de sécurité a déjà discuté de l'idée de déployer une brigade d'intervention, cela sera encore discuté et décidé rapidement" à l'ONU, a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

M. Ban a estimé que l'accord d'Addis, dont il est garant de la bonne application, "allait vraiment faciliter le processus de déploiement de forces d'intervention dotée d'un mandat d'imposition" de la paix.

Signataire de l'accord d'Addis, et prêt à contribuer à la future brigade qui devrait compter 2.500 soldats au total, le président sud-africain Jacob Zuma a estimé qu'il s'agissait "d'un moyen réaliste de rétablir la sécurité dans l'est de la RDC dans les plus brefs délais".

"Il s'agira d'une brigade d'imposition, alors que comme vous le savez, la Monusco est une mission de maintien de la paix. Nous savons qu'en fonction de la situation sur le terrain, les forces de maintien de la paix doivent recevoir un mandat particulier, et je crois et j'espère qu'il s'agira en l'occurrence d'une opération d'imposition de la paix", a souligné M. Ban.

Les pays africains discutent depuis plusieurs mois de la création d'une nouvelle force chargée de combattre les rebellions en RDC, et ils se sont récemment ralliés à l'idée de fusionner une telle unité avec la mission de l'ONU.

L'accord d'Addis Abeba appelle également, une nouvelle fois, les pays de la région "à ne pas tolérer ni porter assistance ou soutien à aucune forme de groupes armés" en RDC. Le Rwanda et l'Ouganda ont été accusés par des rapports de l'ONU de soutenir le plus lourdement armé de ces mouvements rebelles, le M23, ce que les deux pays démentent.

Écrire "une page plus glorieuse"

Le M23 a mené une campagne militaire qui lui a permis en quelque mois de conquérir en novembre dernier Goma, la principale ville de l'est de la RDC.

Cette rebellion a finalement accepté de se retirer de la ville, en échange de l'ouverture de négociations avec Kinshasa, qui piétinent depuis.

Les présidents de RD Congo, d'Afrique du Sud, du Mozambique, du Rwanda, du Congo et de Tanzanie ont fait le déplacement à Addis Abeba pour signer l'accord, également paraphé sous les applaudissements par des représentants d'Ouganda, d'Angola, du Burundi, de Centrafrique et de Zambie..

Le président de la RDC Joseph Kabila a appelé à écrire "une page plus glorieuse que celle des deux dernières décennies, marquées par une guerre récurrente, des violations massives des droits de l'homme et le mépris de la vie humaine".

Le président rwandais Paul Kagame a pour sa part assuré "approuver sans réserve" l'accord d'Addis Abeba.

Il a en même temps appelé "à s'attaquer avec sincérité aux réels problèmes de droit, de justice et de développement", dans une allusion apparente à l'absence d'Etat de droit dans l'Est de la RDC et au traitement réservé dans cette région à la minorité tutsi, qui nourrit des liens étroits avec le Rwanda voisin.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : le remaniement, beaucoup de bruit pour rien ?

RDC : le remaniement, beaucoup de bruit pour rien ?

Il aura fallu attendre plus d'un an le remaniement annoncé en octobre 2013. Au final, peu de surprises. Joseph Kabila s'est bien gardé de donner des indices sur ses intentions pour 2016.[...]

RDC : Katumbi, le retour

Après avoir soigné pendant deux mois à Londres les séquelles d'une tentative d'empoisonnement à l'arsenic remontant à 2011, Moïse Katumbi, le gouverneur du Katanga,[...]

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Après l’Égypte (2010), la Côte d’Ivoire (2011), la Zambie (2012) et le Nigeria (2013), l’Algérie, huitième de finaliste de la Coupe du monde et facilement qualifiée pour[...]

Hervé Ladsous : "En Centrafrique, il faut des autorités nouvelles issues d'élections avant août 2015"

Présent au forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (15 et 16 décembre), Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de[...]

RDC : on marche sur la tête !

Mais à qui pensait donc Joseph Kabila lorsqu'il a prononcé cette petite phrase - c'était à Dakar, le 29 novembre, lors du sommet de la Francophonie : "Nous sommes nombreux qui, si[...]

RDC : Anderlecht refuse de laisser N'Sakala jouer la CAN

Né en France mais d’origine congolaise (RDC), Fabrice N’Sakala avait effectué les démarches pour porter le maillot des Léopards. Mais Anderlecht, le club belge qui l’emploie, lui a[...]

Internet : Bouteflika, Kabila, Bongo... Noms de domaines en solde !

Alibongo.com, josephkabila.com, abdelazizbouteflika.com… Des noms de domaine de premier niveau (les .com) de certains chefs d'État africains qui n'ont pas eu la diligence de les réserver à temps sont en[...]

Constitution & Cenco, paroles d'Évangile en RDC

Opposante historique au pouvoir, l'Église catholique reprend du service en RDC. Par deux fois cette année, elle s'est dite fermement opposée à une révision constitutionnelle en faveur de[...]

RDC : ça se passe comme ça, à L'Espace Ngoma de Kisangani

Créée en 2006, cette salle de spectacle est le point de ralliement des artistes boyomais. En pratique, elle sert aussi de maison de la culture et rayonne bien au-delà de Kisangani.[...]

Abbé Malumalu : "En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée"

Faut-il organiser les scrutins locaux avant la présidentielle et les législatives de 2016 en RDC ? Non, selon l'opposition, qui redoute un report de ces échéances nationales. Oui, dit le[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers