Extension Factory Builder
24/02/2013 à 11:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi. Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi. © AFP

La France est "le pays qui comprend le moins l'islam et les Tunisiens", et ces derniers se sont sentis "insultés" par les propos du ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, évoquant "un fascime islamique", a déclaré le chef du parti islamiste tunisien Ennahda.

"La relation entre la Tunisie et la France est complexe. La France est un pays si proche de nous. Malgré cela, la France est le pays qui comprend le moins l'islam et les Tunisiens", a déclaré Rached Ghannouchi dans un entretien au Journal du Dimanche.

Au lendemain de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, tué par balles le 6 février à Tunis, M. Valls avait mis en garde contre la montée d'un "fascisme islamique" dans les pays du Printemps arabe, Libye, Tunisie et Egypte.

"Ennahda, les Frères musulmans, Al-Qaïda: Manuel Valls a mis tout le monde dans le même sac et, ce faisant, a montré qu'il ne comprenait rien à l'islam. À l'inverse, les Allemands, les Britanniques, les Américains y parviennent et savent que l'islam n'est pas uniforme et comporte des radicaux, des modérés, et que nous sommes à la tête des composantes modérées", a déclaré M. Ghannouchi.

"Oui, nous nous sentons insultés. Il suffit de se promener pour constater que la mosquée est ouverte, que les bars et les plages sont ouverts", a-t-il ajouté.

Le soutien français au régime mourant de Zine El Abidine Ben Ali début 2011 a laissé une certaine rancoeur en Tunisie, et les propos de M. Valls avaient suscité l'indignation des partisans d'Ennahda, illustrée par le slogan "France dégage" lors de dernières manifestations pro-islamistes.

M. Ghannouchi a par ailleurs estimé que le nouveau chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Ali Larayedh, était un "militant connu pour sa modération et ses bonnes relations avec toutes les composantes de la classe politique".

"Je pense que la Tunisie est entrée depuis vendredi dans une nouvelle ère pour la réalisation des objectifs de la révolution", a-t-il assuré.

"Nous prévoyons pour cette année la rédaction d'une nouvelle loi électorale, d'une nouvelle Constitution, l'élection d'une nouvelle Assemblée, d'un nouveau président. Il se peut que les élections se tiennent à l'automne prochain", a-t-il dit.

Les tractations se poursuivent pour la composition d'un nouveau gouvernement en Tunisie, enlisée dans une grave crise politique et sociale, aggravée par l'assassinat de Chokri Belaïd. Le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh, islamiste modéré, a été désigné vendredi après la démission d'Hamadi Jebali, dont la proposition de former un gouvernement de technocrates indépendants avait été rejetée par son propre parti Ennahda.

La vie politique est quasi-paralysée depuis des mois faute de consensus à l'Assemblée nationale constituante sur la future Constitution, en cours de rédaction depuis 16 mois.


 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Tunisie : 98 migrants perdus en mer arrivés au port de Zarzis

Trois bateaux de pêche ont amené samedi au port de Zarzis (Sud tunisien) 98 migrants africains en perdition en Méditerranée après avoir tenté de rallier illégalement l'île[...]

Tunisie : Ghannouchi tel qu'en lui-même dans "Au sujet de l'islam"

Rached Ghannouchi s'est livré dans un livre d'entretiens réalisé par le journaliste Olivier Ravanello : "Au sujet de l'islam". [...]

Tunisie : Samir el-Wafi, mauvais scoop pour animateur star

Le célèbre présentateur tunisien a été arrêté. Pas pour un délit de presse, mais pour une affaire de droit commun : il est soupçonné de racket.[...]

Tunisie : chamboule-tout diplomatique

Les missions diplomatiques tunisiennes à Washington, Paris, Berne, Rome, Le Caire, Mascate, Koweït et Oslo (entre autres) auront prochainement de nouveaux chefs.[...]

Pourquoi la Tunisie est une et indivisible

Aïssa Baccouche est sociologue et urbaniste.[...]

Tunisie : Loukil autorisé à coter sa branche automobile

La Bourse de Tunis a donné son accord de principe pour la cotation de UADH (Universal automobile distributors holding), la branche automobile du groupe tunisien Loukil. L'opération, prévue pour la seconde[...]

Tunisie : tapis rouge pour la démocratie

La visite de Béji Caïd Essebsi à Paris a été marquée par des honneurs exceptionnels. Les deux pays peuvent maintenant envisager une nouvelle amitié. En attendant que les[...]

Tunisie : l'Algérien Belmokhtar derrière l'attentat du Bardo ?

Le terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar serait impliqué dans l'attentat du musée du Bardo, le 18 mars à Tunis.[...]

Tunisie : en attendant les hélicoptères Black Hawk

Plusieurs hélicoptères vont être mis à disposition de l'armée tunisienne par les Émirats arabes unis, en attendant la livraison de douze appareils Black Hawk commandés aux[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20130224112940 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20130224112940 from 172.16.0.100