Extension Factory Builder
23/02/2013 à 16:27
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un soldat malien contrôle des jeunes à Gao, le 22 février 2013. Un soldat malien contrôle des jeunes à Gao, le 22 février 2013. © AFP

De nouveaux combats ont opposé samedi des rebelles touareg alliés aux forces françaises et un groupe armé dans le nord du Mali, où la traque des jihadistes se poursuit avec la mort, selon N'Djamena, de 13 soldats tchadiens et 65 islamistes dans le massif des Ifoghas.

Selon des sources sécuritaires régionale et malienne, des combattants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) ont affronté samedi matin les hommes d'un groupe armé à In-Khalil, localité proche de Tessalit et de la frontière avec l'Algérie, où un attentat-suicide avait visé la veille les rebelles touareg.

La source sécuritaire malienne a évoqué "des combattants arabes" affrontant le MNLA, sans plus de détails.

Samedi après-midi, le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA, autonomiste), créé en mars 2012, a affirmé à l'AFP avoir attaqué samedi vers 04H00 (locales et GMT) le MNLA en représailles à des violences contre des Arabes dans la zone.

Les affrontements se poursuivaient samedi après-midi mais avaient "baissé d'intensité", selon un responsable du MAA, Boubacar Taleb, qui n'a pas fourni de bilan.
Mohamed Ibrahim Ag Assaleh, responsable du MNLA basé à Ouagadougou, a assuré que les assaillants sont des "terroristes" menés par Omar Ould Hamaha, du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des groupes islamistes ayant occupé le nord du Mali en 2012 et qui a revendiqué un attentat-suicide commis vendredi à In-Khalil.

Puis samedi après-midi, M. Ag Assaleh a indiqué que le MNLA avait repoussé "les jihadistes à 10 km plus loin au nord-ouest d'In-Khalil", sans enregistrer de victimes dans ses rangs. "Nos forces ont trouvé trois corps de jihadistes et un véhicule incendié", a-t-il dit.

In-Khalil est à plus de 175 km au nord de Kidal. Les forces françaises ont repris fin janvier le contrôle de l'aéroport de Kidal avec quelque 1.800 soldats, qui sécurisent la ville, contrôlée depuis peu par des islamistes se disant "modérés" et le MNLA qui y refuse la présence de soldats maliens mais assure collaborer avec la France.

La région de Kidal abrite aussi l'Adrar des Ifoghas, zone montagneuse entre Tessalit et Kidal-ville (1.500 km de Bamako) considérée par certains Touareg comme leur berceau et où se sont réfugiés de nombreux islamistes armés liés à Al-Qaïda traqués par l'armée française.

Le Tchad a annoncé vendredi soir avoir tué 65 jihadistes dans le cadre de cette traque, mais avoir aussi enregistré 13 morts dans ses rangs. Il s'agit des pertes connus les plus lourdes subies par les forces soutenant le Mali.

Le président français François Hollande a salué samedi l'action de l'armée tchadienne, qui "témoigne de la solidarité africaine à l'égard du Mali".

"Ces combats vont se poursuivre", a estimé M. Hollande. "C'est vraiment, là, la dernière phase du processus puisque que c'est dans ce massif-là que sont sans doute regroupées les forces d'Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Attentats jihadistes programmés

Cette semaine, la France a annoncé qu'un de ses soldats a été tué lors d'une opération dans l'Adrar des Ifoghas, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tessalit, le 19 février. Elle a indiqué avoir détruit "deux importants dépôts de munitions" des jihadistes et tué "plus d'une vingtaine" de "terroristes".

A 350 km au sud-ouest de Kidal, Gao, la plus grande ville du nord du Mali, l'armée malienne poursuivait des opérations de "ratissage" samedi, au lendemain de combats avec des islamistes infiltrés.

Vendredi, des soldats maliens avaient combattu les jihadistes à l'arme lourde - notamment contre la mairie de Gao, où s'étaient retranchés certains d'entre eux portant des ceintures explosives - avec l'appui de l'armée française.

A la mairie, les islamistes ont été "neutralisés" par les forces maliennes, "un élément du génie français est intervenu afin de désamorcer les charges explosives. Au cours de cette action, deux soldats français ont été très légèrement blessés", a indiqué l'état-major de l'armée française dans un communiqué.

De même source, une dizaine de jihadistes ayant tenté de fuir par le fleuve Niger ont aussi été "neutralisés".

Le Mujao, qui a annoncé récemment avoir envoyé des combattants à Gao, a réitéré samedi ses menaces d'attaques dans le Nord malien et évoqué des attentats programmés par les jihadistes à Bamako, mais aussi Ouagadougou et Niamey, capitales du Burkina Faso et du Niger voisins dont des troupes participent à la force africaine déployée au Mali.
Ce sont "des zones favorables pour nos kamikazes", a assuré le porte-parole du Mujao, sans plus de détails.

Les Etats-Unis ont indiqué vendredi avoir déployé plusieurs drones au Niger, en soutien aux forces françaises au Mali, pour effectuer des vols de surveillance au-dessus de la zone de conflit.

Samedi, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a estimé que la situation au Mali mettait en danger la sécurité de son pays, dont le Sud-Est a connu en janvier une sanglante prise d'otages par un commando islamiste.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Indépendance du Mali : que reste-t-il de Modibo Keïta, cent ans après sa naissance ?

Indépendance du Mali : que reste-t-il de Modibo Keïta, cent ans après sa naissance ?

Modibo Keïta, premier président de la République du Mali, aurait été centenaire le 4 juin 2015. Retour sur la vie de ce leader panafricain qui a marqué l'histoire de son pays et du continent[...]

Mali : 3 Casques bleus blessés dans l'explosion d'une mine, le chef de la Minusma indemne

Trois Casques bleus ont été blessés au Mali, jeudi, dans l'explosion d'une mine au passage de leur convoi dans lequel avait pris place le commandant en chef de la Minusma, le général danois[...]

Terrorisme : quand Hollande joue les cow-boys au Mali

Au Mali, le président français n'hésite plus à ordonner des assassinats ciblés contre les chefs jihadistes. Une "neutralisation" sans autre forme de procès.[...]

"O Ka" : Souleymane Cissé le justicier

À partir de l'expulsion de ses soeurs de sa maison natale, le réalisateur malien revient sur l'histoire de sa famille. Un film engagé, tourné vers l'avenir.[...]

Mali : un Casque bleu bangladais tué dans une attaque à Bamako

Selon des sources sécuritaires maliennes, un Casque bleu de la Minusma été tué et un autre grièvement blessé par des tirs d'assaillants non identifiés dans la nuit de lundi à[...]

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Des chefs d’Etat étrangers, qui plus est des amis de la France, écoutés dans le cadre d’investigations judiciaires ? Voilà qui, d’un point de vue diplomatique, et même si[...]

Crise malienne : pourquoi Ménaka cristallise les tensions

Alors que la rébellion du Nord-Mali réclame toujours des amendements à l'accord d'Alger pour le signer, la situation sécuritaire se détériore depuis la reprise de la ville de[...]

Mali : l'armée accusée d'avoir exécuté neuf personnes à Tin Hama

Des combats entre les rebelles de la CMA et l'armée malienne ont eu lieu jeudi matin à Tin Hama, près d'Ansongo, dans le nord-est du Mali. Dans un communiqué, les rebelles accusent les soldats maliens[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Deux importants chefs jihadistes tués dans le nord du Mali par l'armée française

Le ministère français de la Défense a affirmé mercredi dans un communiqué avoir neutralisé deux importantes figures du jihadisme dans le nord du Mali : Abdelkrim al-Targui et Ibrahim Ag[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers