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23/02/2013 à 10:33
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Un soldat malien à Gao au Mali, le 22 février 2013. Un soldat malien à Gao au Mali, le 22 février 2013. © AFP

De violents combats entre l'armée tchadienne et des jihadistes dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali, ont fait 65 morts parmi les jihadistes et 13 morts parmi les soldats tchadiens, a annoncé vendredi l'état-major tchadien.

"L'armée tchadienne a détruit cinq véhicules et tué 65 jihadistes, et elle déplore treize soldats tombés au champ d'honneur et cinq blessés", a indiqué l'état-major dans un communiqué publié à N'Djamena.

Par ailleurs, la rébellion touareg du Mali, qui collabore avec l'armée française dans le nord-est du pays, a été la cible d'un attentat-suicide qui a fait cinq morts, au moment où l'armée malienne tentait de "nettoyer" Gao, la plus grande ville du Nord infiltrée par les islamistes.

L'attentat-suicide a été commis à l'aide de deux voitures piégées conduites par deux kamikazes à Inhalil, localité proche de Tessalit, près de la frontière algérienne, et visait des membres de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Cette région montagneuse des Ifoghas, entre Kidal et Tessalit, sert de refuge à de nombreux islamistes armés liés à Al-Qaïda traqués par l'armée française depuis plusieurs semaines, mais elle est aussi le berceau des Touareg.

Kamikazes

A Inhalil, à l'aube, "deux véhicules kamikazes ont explosé visant des civils et des combattants du MNLA. Il y a eu trois morts, et plusieurs blessés dans les rangs du MNLA", selon une source sécuritaire malienne.

L'information a été confirmée par un responsable du MNLA à Ouagadougou, Mohamed Ibrahim Ag Assaleh.

"Deux véhicules piégés ont explosé dans une base du MNLA à 05H30 (locales et GMT) à Inhalil, près de Tessalit, à la frontière algérienne", a déclaré à l'AFP M. Ag Assaleh. "Les deux kamikazes sont morts et dans nos rangs il y a trois morts et quatre blessés graves", a-t-il ajouté.

Il a accusé le groupe islamiste Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) d'être à l'origine de cet attentat.

Selon la source sécuritaire malienne, "les terroristes ont toujours affirmé qu'ils combattraient les forces françaises et leurs alliés, c'est ce qui s'est passé à mon avis".

Jeudi, un porte-parole de l'armée française a déclaré "se coordonner" effectivement avec "les groupes qui ont les mêmes objectifs" que Paris, en parlant du MNLA.

Le MNLA, laïc, qui avait lancé une offensive en janvier 2012 dans le nord du Mali contre l'armée malienne avec les groupes islamistes armés, en avait très vite été évincé par eux des grandes villes de Gao, Tombouctou et Kidal.

Il est réapparu à Kidal et Tessalit à la faveur de l'intervention française contre les islamistes liés à Al-Qaïda qui a débuté le 11 janvier.
Le Mujao avait revendiqué un "attentat" à Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako), où un véhicule a explosé jeudi près d'un camp de militaires français et tchadiens, tuant son conducteur.

Aide américaine

Les forces françaises avaient repris fin janvier le contrôle de l'aéroport de Kidal avec quelque 1.800 soldats tchadiens sécurisant la ville contrôlée depuis peu par le MNLA qui y refuse la présence de soldats maliens.

A 350 km au sud-ouest de Kidal, à Gao, plus grande ville du nord du Mali, des soldats maliens ont tiré à l'arme lourde vendredi sur la mairie où s'étaient retranchés la veille des islamistes armés lors de violents combats avec l'armée malienne, appuyée par l'armée française.

Les soldats maliens ont tiré au lance-roquettes sur le bâtiment où, selon le colonel Mamadou Samaké de l'armée malienne, il y avait "au moins" un islamiste armé qui a riposté avant d'être tué. Dans la mairie, les corps de quatre hommes ont été découverts, parmi lesquels deux entièrement déchiquetés.

Un militaire malien avait indiqué auparavant que de "nombreux" corps de jihadistes portant des ceintures d'explosifs et tenant à la main des grenades dégoupillées étaient encore dans la mairie et dans le palais de justice proche. Il avait également précisé que des mines avaient été placées dans ce secteur.

Les démineurs français, arrivés sur place dans l'après-midi, ont pu intervenir. Selon une source militaire, la plupart des engins explosifs retrouvés n'étaient pas activés.
Selon l'armée française, entre quinze et vingt islamistes ont été tués, deux soldats français légèrement blessés et quatre soldats maliens "auraient" été blessés au cours des combats de jeudi qui ont eu lieu en centre-ville, dans les secteurs de la mairie et du palais de justice.

Le Mujao, qui a occupé Gao pendant neuf mois en 2012 avant qu'elle ne soit reprise par les armées française et malienne le 26 janvier, a affirmé avoir envoyé des combattants dans la ville pour la "libérer des mécréants".

Il a affirmé que "la bataille" ne faisait "que commencer" pour reconquérir Gao, Kidal et Tombouctou, les trois grandes villes du nord du Mali.

Gao avait déjà été le théâtre de violences il y a deux semaines de la part des jihadistes qui y avaient commis les premiers attentats suicide de l'histoire du Mali.

La situation au Mali n'est "pas du tout stable", a déclaré vendredi le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali et au Niger, alors que l'ONU a dénoncé des "informations horrifiantes" en matière de droits de l'Homme.

Les Etats-Unis ont déployé plusieurs drones au Niger, en soutien aux forces françaises au Mali, pour effectuer des vols de surveillance au-dessus de la zone de conflit, a déclaré un responsable américain.

Les appareils, des Predator de l'armée américaine, sont déployés sur une base de Niamey, où sont stationnés une centaine de membres du personnel de l'armée de l'air américaine, a précisé ce responsable à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
 

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