Extension Factory Builder
17/02/2013 à 16:22
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des militants du parti islamiste Ennahda manifestent à Tunis, le 16 février 2013. Des militants du parti islamiste Ennahda manifestent à Tunis, le 16 février 2013. © AFP

La Tunisie était toujours dans l'incertitude dimanche, avant la reprise lundi des tractations sur la formation d'un gouvernement de technocrates sur fond de bras de fer entre le Premier ministre et son parti islamiste, Ennahda, qui refuse de céder le pouvoir.

Rached Ghannouchi, chef d'Ennahda, l'a proclamé haut et fort samedi devant quelque 15.000 partisans. Le parti n'est pas prêt à céder le pouvoir, a-t-il déclaré, contredisant une nouvelle fois le Premier ministre Hamadi Jebali, numéro 2 du parti qui dirige le gouvernement de coalition. "Rassurez-vous, Ennahda se porte bien (...) et ne cèdera jamais le pouvoir tant qu'il bénéficie de la confiance du peuple et de la légitimité des urnes", a clamé M. Ghannouchi à la fin d'une manifestation de ses partisans sur l'avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis.

La manifestation, voulue comme une démonstration de force face aux adversaires d'Ennahda qui lui reprochent d'avoir plongé le pays dans la crise, a finalement réuni moins de monde que les funérailles le 8 février de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, assassiné deux jours plus tôt. La rédaction d'une nouvelle Constitution est en panne, l'économie en berne et la montée des salafistes jihadistes fait craindre des violences dans le pays par ailleurs affecté par une grogne sociale généralisée.

Le meurtre de Chokri Belaïd, un assassinat politique sans précédent depuis la révolution, a aggravé la crise latente dans le pays où un remaniement ministériel était en gestation depuis sept mois, sans résultat, Ennahda ne voulant pas céder les ministères régaliens de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice.

"Coup d'État"

M. Ghannouchi a retourné l'accusation contre les adversaires d'Ennahda en affirmant que ce n'est pas sa gestion des affaires qui est à l'origine des difficultés du pays mais les obstructions de l'oppoition. Selon lui, Ennahda est l'objet depuis son arrivée au pouvoir, il y a un peu plus d'un an, d'une "série de complots qui ont culminé avec la proposition d'un gouvernement de technocrates (...) ce qui équivaut à un coup d'Etat contre le gouvernement élu". "Ennahda est la colonne vertébrale de la Tunisie et la briser ou l'exclure porterait atteinte à l'unité nationale du pays", a-t-il martelé. Il a dénoncé des tentatives de diaboliser son parti et de le dépeindre comme "hostile aux libertés, à la démocratie, et aux droits des femmes".

La presse de dimanche a souligné le climat d'incertitude politique, n'excluant pas l'échec de la démarche de M. Jebali qui a mis sa démission dans la balance au cas où sa proposition d'un gouvernement de technocrates n'était pas acceptée par les partis politiques. "Il y a fort à craindre que cette initiative, appuyée par une large partie de la l'opposition et de l'opinion publique, soit enterrée demain, marquant l'entrée du pays dans un nouveau cycle de tiraillements, de tractations et de calculs partisans", écrit le quotidien Le Temps. "On ne voit pas comment (le Premier ministre Hamadi Jebali) pourrait renverser la vapeur et infléchir la position de son parti et de ses alliés", ajoute-t-il.

Revenant sur l'optimisme mesuré affiché par M. Jebali à l'annonce vendredi de la prolongation des discussions avec les principaux partis politiques, La Presse souligne que "les bonnes intentions (de ces partis) doivent être suivies d'actions concrètes et d'une volonté partagée de consentir des concessions de la part des uns et des autres". Une conviction défendue par Essabah, quotidien de langue arabe, qui y voit "une nécessité nationale". "La nature de la crise actuelle et ses retombées possibles nécessitent de rompre avec les calculs partisans et de rechercher le consensus national", souligne le quotidien.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Tunisie : contre la contrebande, l'électronique !

Habib Essid, le Premier ministre tunisien, et Slim Chaker, son ministre des Finances, ont donné carte blanche à Adel Ben Hassine, le directeur général des douanes fraîchement nommé,[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi reçu par Barack Obama à la Maison blanche

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi sera reçu jeudi à Washington par son homologue américain Barack Obama. Cette deuxième rencontre entre les deux hommes à la Maison[...]

Comment Samir Tarhouni, l'ancien chef de la BAT, a empêché les Trabelsi de quitter la Tunisie en 2011

Samir Tarhouni, l'ancien patron de la brigade antiterrorisme (BAT) a été l'un des principaux protagonistes du départ de Ben Ali. Retour sur un épisode clé de l'histoire tunisienne[...]

Tunisie : voyage au coeur de la BAT, la brigade antiterrorisme

Devenue un symbole national depuis l'arrestation des Trabelsi, en 2011, la brigade antiterrorisme nous ouvre pour la première fois ses portes.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Libye : 172 Tunisiens pris en otages par une milice islamiste du groupe Fajr Libya

Les autorités tunisiennes ont annoncé lundi l’existence de négociations en vue de la libération de 172 ressortissants détenus en Libye par un groupe de la coalition de milices islamistes[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers