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10/02/2013 à 17:48
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Une messe célébrée dans l'église catholique Saint-François, à Tripoli, le 22 avril 2011. Une messe célébrée dans l'église catholique Saint-François, à Tripoli, le 22 avril 2011. © AFP

"Pas un jour ne passe sans que les tombes ne soient vandalisées", se lamente Dalmasso Bruno, gardien du cimetière italien à Tripoli, illustrant les inquiétudes grandissantes de la communauté chrétienne en Libye face au fondamentalisme musulman.

"Pas un jour ne passe sans que les tombes ne soient vandalisées", se lamente Dalmasso Bruno, gardien du cimetière italien à Tripoli, illustrant les inquiétudes grandissantes de la communauté chrétienne en Libye face au fondamentalisme musulman. "Des restes d'ossements humains ont été sortis de leur tombe et éparpillés dans le cimetière", situé au centre de Tripoli, déplore le gardien.

Selon lui, "les autorités libyennes sont venues prendre des photos et ont promis des dispositions. Mais rien n'a été fait". Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la minorité chrétienne en Libye exprime des craintes quant à la montée de l'extrémisme musulman, en particulier après l'attentat perpétré fin décembre contre une église près de Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, qui a tué deux coptes égyptiens.

Mais malgré les inquiétudes, des dizaines de fidèles, philippins, indiens et africains pour la plupart, affluent chaque semaine pour assister à la messe à l'église catholique Saint François, près du centre de Tripoli, où ils prient "afin que la Libye retrouve sa sécurité et sa stabilité".

"Regardez, il n'y a aucune disposition sécuritaire à l'extérieur de l'église et les fidèles se déplacent librement", souligne le Père Dominique Rézeau. "Tel n'est pas le cas en Cyrénaïque (est) où des pressions sont exercées sur les chrétiens, notamment les soeurs, qui ont été contraintes de quitter leur congrégations (...), dans l'est du pays", déplore-t-il.

"Sur les 100.000 chrétiens que comptait le pays avant la révolution (de 2011 qui a renversé le régime de Kadhafi), seuls quelques milliers sont restés", regrette le prêtre.
Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, le vicaire apostolique de l'Eglise catholique, affirme toutefois qu'à Benghazi, berceau de la révolution en proie à l'insécurité dans l'est de la Libye, l'église "est toujours ouverte", malgré une "atmosphère très tendue" et une "situation critique" affectant les chrétiens.

Mgr Martinelli a mis en garde récemment contre un fondamentalisme musulman qui "conditionne les décisions" de manière indirecte, ce qui fragilise la présence chrétienne dans le pays.

Les chrétiens, toutes dénominations confondues, représentaient moins de 3% des 6,3 millions d'habitants de ce pays musulman. La quasi-totalité sont étrangers, dont une grande partie venus d'Egypte, où les Coptes sont la plus importante minorité religieuse.

Après la messe, les fidèles discutent et échangent des nouvelles dans un brouhaha de langues, tandis que des Nigérianes parées dans leurs habits traditionnels exposent sur des tables en bois des produits exotiques et traditionnels.

Un fidèle, Antony Amstrong, déplore "la violence et l'insécurité". Ce Ghanéen, qui enseigne le français en Libye depuis une vingtaine d'années, regrette que "tous les sacrifices et le prix payé par les Libyens n'aient pas apporté la stabilité à ce pays". "Le problème de l'insécurité concerne tout le monde", affirme Ftsing Giscard, un Camerounais de 30 ans installé en Libye depuis trois ans.

Selon lui "les Africains rencontrent plus de problèmes parce qu'ils sont africains, en situation irrégulière et certains ne disposent pas de papiers d'identité". "Les Libyens les accusent d'être des mercenaires et d'avoir combattu aux côtés des troupes de Kadhafi. C'est pourquoi ils sont régulièrement arrêtés", affirme cet électricien.
 

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