La coalition rebelle Séléka a finalement décidé de participer au gouvernement d'union nationale en Centrafrique, formé après les accords de paix qui ont mis fin le mois dernier à son offensive contre le pouvoir du président François Bozizé, a déclaré mercredi un de ses dirigeants, le général Mohamed Moussa Dhaffane.
Il a fait cette déclaration à l'AFP à Bangui, au terme d'une réunion interne de la Séléka, peu après avoir d'abord annoncé que les rebelles suspendaient leur participation au gouvernement formé dimanche dernier.
"Nous avons finalement décidé de prendre notre service au gouvernement. On avait pensé suspendre notre participation mais finalement on a pensé que c'était un piège du président Bozizé", a-t-il affirmé.
Les accords de paix signé le 11 janvier à Libreville, au Gabon, prévoyaient la formation d'un gouvernement d'union nationale avec notamment la participation des rebelles et de l'opposition centrafricaine.
Depuis l'annonce de la composition de la nouvelle équipe dirigée par l'opposant Nicolas Tiangaye, la rébellion hésitait sur l'attitude à adopter.
Jouer le jeu
Elle accuse notamment le président Bozizé de ne pas avoir joué le jeu en ayant réussi à obtenir des ministres délégués fragilisant le pouvoir de chaque ministre.
Le général Dhaffane avait annoncé dans un premier temps que la Séléka suspendait sa participation au gouvernement et qu'il avait requis un arbitrage du médiateur dans la crise, le président congolais Denis Sassou. Il avait souligné que la Séléka ne "fermait pas la porte" mais réclamait "un ajustement technique", c'est à dire un remaniement.
Après une réunion interne, mercredi en fin d'après-midi, la rébellion a finalement décidé de participer au gouvernement. "Il (Bozizé) cherche à nous diviser", a expliqué le général Dhaffane.
La rébellion avait failli renverser le président Bozizé après son offensive entamée le 10 décembre et qui l'avait amenée aux portes de Bangui. Elle a obtenu le poste clé de la Défense dans le nouveau gouvernement. Le porte-feuille est détenu par le président du Séléka, Michel Djotodia, également nommé premier vice-Premier ministre.

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