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03/02/2013 à 11:24
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Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali à Tunis, le 26 janvier 2013. Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali à Tunis, le 26 janvier 2013. © AFP

La crise politique en Tunisie s'est approfondie la semaine dernière, faute de compromis entre le parti islamiste Ennahdha (au pouvoir), ses alliés dans le gouvernement et l'opposition sur un remaniement du gouvernement par le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali.

"La scène politique ressemble de plus en plus à un mercato, où Ennahda marchande, et prétend vouloir élargir la coalition en refusant de céder les ministères régaliens comme le lui réclament l'opposition et ses partenaires", analyse un diplomate occidental parlant à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Mais en voulant conserver les portefeuilles clés, Ennahda "se tire une balle dans le pied", estime un dirigeant du Congrès pour la république (CPR), Adnène Mancer, également porte-parole de la présidence, laissant entendre un risque d'éclatement de la coalition au pouvoir.

Le CPR et Ettakatol, les deux alliés de centre-gauche d'Ennahda dans le gouvernement, ont menacé de claquer la porte de la coalition si le parti islamiste refusait de lâcher les ministères de la Justice et des Affaires étrangères.

Le Premier ministre Hamadi Jebali a mené durant de longues semaines d'intenses consultations au sein de la coalition et avec l'opposition sur un remaniement réclamé et attendu depuis des mois, avant d'annoncer l'échec des pourparlers le 26 janvier dernier.

Depuis, les réunions d'états-major de partis s'éternisent et se succèdent mais il n'en sort que des déclaration d'intention sur le besoin d'un large consensus politique pour sortir de la crise.

Impatience

Tous les partis d'opposition consultés ont refusé de se joindre à une équipe gouvernementale accusée d'avoir échoué à réaliser les objectifs de la révolution, alors que le pays est confronté à des conflits sociaux et à l'insécurité, deux ans après la révolution de 2011.

Parti majoritaire dans le gouvernement et l'Assemblée constituante, Ennahda avait évoqué pour la première fois un remaniement "imminent" lors de son congrès en juillet.

Signe d'impatience, M. Jebali a interrompu sa participation à une réunion d'urgence du conseil de la Choura, instance consultative d'Ennahda, dans la nuit de vendredi à samedi, selon la radio Mosaïque FM.

Il a aussi boycotté samedi une réunion, à l'initiative du président Moncef Marzouki, entre Ennahda et ses alliés pour tenter de dégager une sortie de crise.
M. Jebali, qui fait figure de modéré au sein de sa formation, souhaite confier des ministères clés à des alliés politiques ou à des indépendants, une éventualité rejetée par des ultras de son parti et son chef Rached Ghannouchi.

Signe des clivages internes, son conseiller politique, Lotfi Zitoun, un homme influent, proche de Ghannouchi et très critiqué par la classe politique, a annoncé sa démission vendredi, affirmant qu'Ennahda n'avait rien à gagner dans le remaniement voulu par M. Jebali.

"Feuilleton interminable"

Les ultras d'Ennahda refusent en particulier de voir limoger le ministre des Affaires étrangères Rakik Abdessalem, gendre de Rached Ghannouchi, éclaboussé par des accusations de corruption.

Le limogeage du chef de la diplomatie a été posé par le CPR comme une condition de la poursuite de sa participation au gouvernement, selon un de ses dirigeants, Chokri Yaacoub.

Autre pomme de discorde: le ministère de la Justice. Ettakatol réclame le remplacement de l'islamiste Nourredine Bhiri par un indépendant, à défaut de quoi le parti menace de quitter la coalition, a dit à l'AFP son porte-parole Mohamed Bennour.

Les médias tunisiens ont suivi à la minute les tractations sur le remaniement, qualifiées de "feuilleton interminable". Pour le chef du Front populaire Hamma Hammami, ce blocage "renvoie à une crise au sein de la troïka (coalition au pouvoir) et au sein du parti Ennahda".

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