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Des soldats maliens, le 23 janvier 2013 à Diabali. Des soldats maliens, le 23 janvier 2013 à Diabali. © AFP /Florian Plaucheur

Soldats français et maliens ont pris samedi le contrôle de l'aéroport de Gao, un des principaux bations des islamistes dans le Nord du Mali dont un groupe a annoncé au même moment vouloir "négocier la libération" d'un otage français.

Mise à jour le 26/01/13

Soldats français et maliens ont pris samedi le contrôle de l'aéroport de Gao, un des principaux bations des islamistes dans le Nord du Mali dont un groupe a annoncé au même moment vouloir "négocier la libération" d'un otage français. Parallèlement, une colonne de soldats et blindés tchadiens stationnés au Niger a quitté Niamey pour se diriger vers Ouallam, près de la frontière avec le Mali, où est déjà cantonné un contingent nigérien. Tchadiens et Nigériens sont censés rejoindre Gao, à moins de trois heures de route de la frontière.

Après avoir repris trois localités dans le centre et l'ouest du Mali, les militaires français et maliens se sont lancés depuis vendredi dans la reconquête du Nord, occupé par les groupes islamistes depuis plus de neuf mois, se dirigeant vers les métropoles de Gao et Tombouctou. "Les forces maliennes et françaises sécurisent l'aéroport de Gao et le pont Wabary de Gao. Ces deux endroits stratégiques sont sous contrôle des forces malienne et française", a déclaré une source de sécurité malienne à l'AFP.

Ces informations ont été confirmées par le ministère français de la Défense. L'aéroport se situe à environ 6 km à l'est de la ville. Le pont sur le Niger est lui placé à l'entrée sud de Gao, une des trois principales villes du Nord du Mali, située à 1.200 km au nord-est de Bamako."Les forces françaises ont saisi la zone de l'aéroport et le pont de Gao, au nord-est du Mali", a annoncé M. Le Drian dans un communiqué publié vers 12H30 GMT.

"Les tensions restent vives"

"Les terroristes djihadistes qui ont affronté les armées malienne et française ont vu nombre de leurs moyens mobiles et de leurs sites logistiques détruits", a-t-il ajouté. Dans son communiqué, M. Le Drian a souligné que 3.700 militaires français sont aujourd'hui engagés dans l'opération Serval dont 2.500 sur le territoire malien.

Alors que son entourage avait indiqué plus tôt que les combats continuaient dans la zone de l'aéroport et du pont de Gao où les tensions restent vives, les terroristes djihadistes n'ayant pas désarmé, l'état-major des armes françaises a fait état vers 14H30 GMT d'opérations de harcèlement menées çà et là.

"Il n'y a pas de combat à proprement parler dans cette région, a précisé à l'AFP le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major, mais sporadiquement, des opérations de harcèlement avec des éléments terroristes qui ouvrent le feu sur nos positions après s'être abrités dans des zones urbaines." Il a précisé en outre que la prise de l'aéroport - où il y a une piste en dur - et celle du pont sur le Niger avaient été conduites dans la nuit par des forces spéciales appuyées par des chasseurs.

Auparavant, une source de sécurité malienne avait annoncé que les militaires français avaient pris samedi le contrôle de l'aéroport de Gao. "Les forces maliennes et françaises sécurisent l'aéroport de Gao et le pont Wabary de Gao. Ces deux endroits stratégiques sont sous contrôle des forces malienne et française", avait déclaré cette source à l'AFP.

D'autres sources ont indiqué que la plus grande partie des combattants islamistes avaient évacué la ville ces derniers jours, remontant vers l'extrême-nord-est du Mali pour échapper aux frappes aériennes françaises. Les positions des islamistes à Gao ont été pilonnées par l'aviation française, notamment par des avions de combat Rafale, qui visaient "des camps d'entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques constituant les bases arrière des groupes terroristes", selon Paris.

Gao est un bastion des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Ce groupe a annoncé samedi matin à l'AFP qu'il était prêt à "négocier la libération" de l'otage français qu'il détient depuis deux mois. "Le Mujao est prêt à négocier la libération de l'otage Gilberto", a déclaré Walid Abu Sarhaoui, porte-parole du Mujao, en référence au Français Gilberto Rodriguez Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali.

"Nous voulons négocier"

Interrogé pour savoir si cette volonté affichée de négociation était liée à l'intervention militaire française, le porte-parole a simplement répondu: "Nous voulons négocier. Pour la guerre, entre musulmans, nous pouvons nous comprendre", sans autre précision. Une déclaration qui peut être interprétée comme une ouverture pour des négociations avec Bamako et qui survient deux jours après l'annonce d'une scission au sein d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un autre des groupes islamistes du Nord du Mali.

La France s'est engagée depuis le 11 janvier, au côté de ce qui reste de l'armée malienne, contre les islamistes armés, pilonnant leurs colonnes de pick-ups et leurs bases arrière, afin d'empêcher leur progression vers le Sud et la capitale Bamako. Les villes de Diabali (ouest), Konna et Douentza (centre) ont été reprises par les soldats français et maliens, qui ont également, pour la première fois, repris vendredi le contrôle d'une localité du Nord, Hombori, à 920 km au nord-est de Bamako et à quelques 200 km de Gao.

Une autre colonne progresse vers Léré, plus à l'ouest, avec pour objectif la ville-phare de l'islam en Afrique, Tombouctou. Les islamistes ont riposté en dynamitant vendredi un pont stratégique près de la frontière nigérienne, paralysant une des deux routes que pourraient emprunter des soldats tchadiens et nigériens venus du Niger.

Samedi, des sources concordantes ont fait état, au moment même de l'annonce de la prise de contrôle de l'aéroport de Gao par les soldats français et maliens, du mouvement en direction du Mali d'un important convoi de militaires tchadiens stationnés au Niger. "Ils étaient très nombreux, ils avaient des chars, des 4x4 surmontés de mitrailleuses", a indiqué une source de sécurité nigérienne.

Quelque 500 soldats tchadiens ont été récemment convoyés au Niger, sur les 2.000 promis par N'Djamena. Le contingent nigérien basé à Ouallam compte 500 militaires. L'accélération de la progression des forces françaises et maliennes survient alors que des témoignages font état d'une situation humanitaire de plus en plus difficile dans les grandes villes du Nord. A Gao, la situation humanitaire se dégrade, selon l'ONG Action contre la faim (ACF), qui évoque "des cas de malnutrition aiguë".

La situation est également critique à Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako), selon des habitants qui indiquent être privés d'eau et d'électricité depuis trois jours.

De leur côté, les chefs d'état-major ouest-africains se sont réunis samedi en urgence à Abidjan, alors que le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a décidé vendredi soir d'augmenter les effectifs de la force africaine au Mali. Cette réunion est destinée à assurer "la montée en puissance de la Mission internationale de soutien au Mali" (Misma), a déclaré à l'ouverture le général Soumaïla Bakayoko, le patron de l'armée ivoirienne.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prévoyait de fournir 4.000 hommes, dont moins d'un millier sont arrivés au Mali. Le Tchad, non membre de la Cédéao, a promis 2.000 hommes, dont une partie est déjà présente au Niger.
 

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