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20/01/2013 à 16:30
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Des soldats français préparent un tank, dans la ville de Niono, au nord de Bamako. Des soldats français préparent un tank, dans la ville de Niono, au nord de Bamako. © AFP

Deux colonnes de soldats français progressaient dimanche vers le nord du Mali, occupé par des combattants islamistes, alors que plusieurs pays ont répondu à l'appel lancé la veille par Paris et les dirigeants ouest-africains à une aide internationale accrue.

"Le déploiement vers le Nord des forces de l'opération Serval, entamé il y a 24 heures, est en cours, vers les villes de Niono et de Sévaré, où elles sont arrivées", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Emmanuel Dosseur, porte-parole militaire français à Bamako.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé samedi à l'ONU "de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma" (Mission internationale de soutien au Mali).

Berlin, qui a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transports, a réagi dimanche en promettant une aide financière supplémentaire aux pays africains engagés dans l'opération militaire au Mali, lors de la réunion des donateurs prévue le 29 janvier à Addis Abeba.

Et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a révélé dimanche que la Russie avait proposé à la France d'acheminer des troupes ou matériels français au Mali, tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine au Mali.

Si la France a assuré que ses soldats resteraient au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu", Londres et Washington ont exclu d'envoyer des troupes dans la région tout en se disant déterminés à lutter contre les agissements d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Pour leur part, les Etats membres de la Cédéao ont été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises à la force qui a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.

Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Quelque 150 soldats sont déjà arrivés à Bamako, dont une cinquantaine de militaires sénégalais sur les 500 promis par Dakar.

"Adhésion aux thèses jihadistes"

Sur le terrain, les militaires français intensifient leur intervention aux côtés d'une armée malienne sous-équipée et se déploient à Niono et Sévaré.

Niono (350 km au nord-est de Bamako) se situe à 60 km au sud de Diabali, localité qui avait été prise lundi par les islamistes, qui l'ont abandonnée jeudi, selon l'armée malienne, après des bombardements de l'aviation française.

Sévaré (630 km au nord-est de Bamako), qui dispose d'un aéroport, est une ville-clé d'où peuvent être menées des opérations vers l'extrême-Nord du Mali, et n'est qu'à 50 km de Konna, reprise jeudi par l'armée malienne aux jihadistes.

Konna était tombée entre leurs mains le 10 janvier, précipitant l'intervention de la France, qui redoutait une percée des groupes islamiques liés à Aqmi vers le sud et Bamako.

Deux mille soldats français sont d'ores et déjà déployés au Mali. Un nombre qui va atteindre 2.500 et peut-être davantage, selon Paris.

Laurent Fabius a précisé que la France n'avait pas de nouvelles "récentes" de ses sept otages retenus au Sahel par des groupes islamistes, qui avaient menacé de les tuer en cas d'intervention au Mali. "Les preneurs d'otages savent qu'ils risquent très gros", a-t-il menacé.

L'armée malienne a patrouillé samedi en périphérie de Diabali, où la situation "n'est pas très claire", selon un officier français à Niono, qui estime toutefois que "a priori les combattants rebelles ont quitté la ville", tout en soulignant leur "détermination à se battre et leur mobilité".

"Une frange de la population de Diabali a adhéré aux thèses jihadistes et nous devons être prudents pour les prochaines heures", a ajouté le colonel Sogoba de l'armée malienne.

Plusieurs sources font état d'un repli des islamistes du centre du pays vers Kidal, dans l'extrême nord-est (1.500 km de Bamako). Kidal avait été la première ville conquise, en mars 2012, par les rebelles touareg et les groupes islamistes, qui avaient ensuite évincés leurs anciens alliés.

"Les jihadistes quittent de plus en plus les autres régions pour se rendre vers Kidal, qui est une zone montagneuse", a indiqué dimanche à l'AFP une source malienne de sécurité.

Une observation partagée par un élu de la ville de Douentza, à 800 km de la capitale: "Ils sont en train de fuir. Tout indique qu'ils vont trouver refuge dans la région de Kidal, difficile d'accès".

A Bamako, des représentants des communautés arabe et touareg au Mali ont dénoncé dimanche des exactions à leur encontre, après la libération de villes et de villages qui avaient été pris par les jihadistes. Elles ont aussi été signalées par l'organisation Human Rights Watch, qui évoque des "meurtres".

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