Extension Factory Builder
20/01/2013 à 10:40
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats maliens à Niono, le 19 janvier 2013. Des soldats maliens à Niono, le 19 janvier 2013. © AFP

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé l'ONU à fournir "immédiatement" son appui logistique et financier à l'envoi "sans plus tarder" de la force militaire régionale au Mali, la France leur demandant en même temps de se déployer "le plus vite possible".

Dans le même temps, Londres et Washington se sont dit déterminés à lutter contre les agissements d'Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi), mais ont exclu d'envoyer des troupes dans la région.

La France a elle déjà déployé 2.000 soldats au Mali, un chiffre qui va rapidement atteindre et peut-être même dépasser 2.500 hommes, et le président François Hollande a expliqué que la France resterait au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie de l'Afrique".

A Abidjan, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé à l'ONU "de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma" (Mission internationale de soutien au Mali), à l'issue d'un sommet extraordinaire consacré au Mali.

Les Etats membres de la Cédéao ont été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises à cette force d'intervention.

En ouvrant le sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara avait plaidé pour "un engagement plus large (...) autour de la France et de l'Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali".

La force régionale, baptisée Mission internationale de soutien au Mali (Misma), a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.

L'opération française "n'a pas vocation à se substituer à l'action de la Misma" qui doit se déployer "le plus vite possible", a dit le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, présent au sommet.

Mais il a aussi insisté sur l'importance de la conférence des donateurs, prévue le 29 janvier à Addis Abeba, alors que l'incertitude règne sur la capacité des pays africains à financer leur déploiement militaire. "Il est essentiel que le maximum de pays dans le monde apportent leurs contributions" pour financer la Misma et l'armée malienne, a-t-il dit.

"Nous n'envisageons pas d'envoyer de soldats sur le terrain", a déclaré à Londres le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta lors d'une conférence de presse avec son homologue britannique Philipp Hammond, qui a lui aussi dit que son gouvernement n'a "pas prévu d'envoyer des soldats britanniques au Mali".

"Guerre contre l'Internationale islamiste"

Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route.

Huit pays ouest-africains - Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso - ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma qui comprendra quelque 5.800 soldats pour prendre le relais de la France.

Paris poursuit son intervention aux côtés d'une armée malienne sous-équipée. Les autorités maliennes ont annoncé avoir repris jeudi Konna (centre) tombée le 10 janvier aux mains des islamistes, précipitant l'intervention française.

La chute de Konna lors de cette offensive surprise avait déclenché dès le 11 janvier l'intervention de la France qui redoutait une percée des jihadistes vers le sud et Bamako.

Dans la région de Diabali(ouest), le colonel malien commandant ce secteur, a affirmé samedi à l'AFP que les islamistes avaient "fui" la ville qu'ils avaient prise lundi et que l'armée malienne s'apprêtait à y faire son entrée.

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a promis samedi de "gagner la guerre" contre "l'Internationale islamiste", au cours d'un discours martial prononcé à la veille de la fête de l'armée malienne.

"Cette guerre, nous la gagnerons ensemble au nom de la civilisation et de la démocratie. Tous ensembles vers Gao, Tombouctou et Kidal!", les trois villes du nord du Mali qui ont été occupées pendant neuf mois par les groupes islamistes armés, a-t-il promis, saluant "les troupes françaises qui se battent à nos côtés dans les airs et sur terre".

En Algérie, 23 personnes, algériens et étrangers, ont été tuées au cours de l'attaque suivie d'une prise d'otages dans un site gazier du Sahara algérien, à In Amenas, à 1.300 km au sud-est d'Alger, selon un bilan provisoire officiel.

Les ravisseurs demandaient à la France de "négocier" la fin de la guerre au Mali. Paris, Washington et Bucarest ont confirmé la mort d'un de leurs ressortissants.

François Hollande a estimé que les évènements algériens justifiaient plus encore l'intervention de la France au Mali. "S'il y avait besoin de justifier l'action que nous engageons contre le terrorisme, nous aurions là un argument supplémentaire".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali - Moussa Mara : 'La justice a de la mémoire'

Mali - Moussa Mara : "La justice a de la mémoire"

Le jeune Premier ministre malien, Moussa Mara, comptable de formation, a pris la tête du gouvernement en avril dernier dans un contexte encore très instable. De passage à Paris début octobre, il s'est ex[...]

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Dans un communiqué officiel, Niamey a annoncé jeudi que neuf membres des forces de sécurité ont été tués dans plusieurs attaques simultanées dans la région de[...]

Un soldat français des forces spéciales tué dans le nord du Mali

Un sergent-chef français, membre des forces spéciales, a été tué mercredi au Mali lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des jihadistes dans le nord du[...]

Mali : accrochages entre l'armée française et un "groupe armé terroriste de type Aqmi"

L'armée française a affronté dans la nuit de mardi à mercredi des combattants d'Aqmi, dans la vallée de l'Ametetai, au nord du Mali.[...]

Mali : MNLA, MAA et HCUA créent une coordination militaire commune

Le 28 octobre, les groupes armés de la coordination des mouvements de l'Azawad ont annoncé la création d'un état-major commun. Objectif prétendu : sécuriser les régions du Nord sous[...]

Mali : Pédro Kouyaté... métro, tempo, brio !

Après avoir exploré le monde et la tradition mandingue avec les plus grands, Pédro Kouyaté s'est posé dans le tube parisien. Entre deux concerts, le Malien envoûte les passants.[...]

Terrorisme : la Minusma a-t-elle les moyens de sécuriser le Nord-Mali ?

Pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait".[...]

Ebola : le Mali tente de contenir l'épidémie, mise en quarantaine aux États-Unis

Le Mali tente de juguler toute propagation du virus Ebola après l'annonce d'un premier cas dans le pays, tandis que les États-Unis ont placé une personne en quarantaine d'office pour la première fois.[...]

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers