Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans le centre de Tunis, notamment autour de l'ambassade de France, alors que Paris était dénoncé pour son intervention au Mali par un imam salafiste, lors de la prière musulmane hebdomadaire du vendredi.
"La France a suivi le chemin des Etats-Unis pour tuer des musulmans, des musulmans qui n'ont rien d'autre que des tentes pour se protéger au Mali", a affirmé l'imam officiant dans une mosquée à l'Ariana, près de Tunis, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dans un prêche enflammé, il a aussi dénoncé l'Algérie qui a ouvert son espace aérien à la France pour son intervention au Mali face à l'avancée des groupes jihadistes armés qui occupent le nord du Mali depuis plus de neuf mois.
"Nos frères accomplissent le jihad (guerre sainte) au Mali", a répété l'imam.
Et d'ajouter: "il est interdit aux musulmans d'aider les mécréants à tuer des musulmans", a-t-il décrété, mettant en garde l'armée et le gouvernement tunisiens contre toute implication ou collaboration avec la France au Mali.
L'imam dont l'identité n'a pu être précisée appartient au courant salafiste, un courant radical de l'islam sunnite dont les adeptes contrôlent plusieurs mosquées en Tunisie post-révolution.
Aucune violence n'a cependant été enregistrée vendredi dans le centre de Tunis, où l'ambassade de France était placée sous haute protection. Les forces de l'ordre ont bloqué toutes les rues attenantes à l'ambassade, protégée par des fils barbelés à hauteur d'homme, de nombreux véhicules et d'importants effectifs policiers et militaires pour les deux prières de la mi-journée et de l'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Ca sera toujours comme ça le vendredi", a affirmé un policier en faction, expliquant que les renforts étaient déployés à l'occasion de la prière hebdomadaire qui donne parfois lieu à des manifestations à la sortie des mosquées.
Appel à la "vigilance
L'ambassade de France avait appelé mercredi les Français "à la vigilance", en raison de l'intervention contre des combattants islamistes au Mali. Elle avait déconseillé tout déplacement dans le grand sud saharien.
L'ambassade des Etats-unis a fait de même, appelant vendredi dans un communiqué ses ressortissants à maintenir un "haut niveau de vigilance et à faire preuve d’une grande prudence".
L’ambassade a évoqué l'arrestation de suspects et la saisie d'une importante quantité d'armes à Médenine (sud) et la prise d'otages en Algérie, et demandé aux ressortissants américains de "signaler toute activité suspecte à la police locale".
La Tunisie s'est inquiétée des "graves répercussions" du conflit armé au Mali sur sa propre sécurité et celle de la région et a condamné la prise d'otages en Algérie, dans un texte publié à l'issue d'une réunion de ses dirigeants politiques et militaires jeudi.
Les autorités ont saisi jeudi une importante quantité d'armes à Médenine dans le sud limitrophe de la Libye, aux portes du Sahara, et avait démantelé en décembre un réseau proche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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