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19/01/2013 à 10:47
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Vue satellite d'In Amenas, en Algérie, le 8 octobre 2012. Vue satellite d'In Amenas, en Algérie, le 8 octobre 2012. © AFP

Plusieurs otages étrangers, sept selon leurs ravisseurs, se trouvaient toujours entre les mains d'un groupe armé proche d'Al-Qaïda dans la nuit de vendredi à samedi après un assaut de l'armée contre le complexe gazier du sud de l'Algérie où il est retranché.

Un certain nombre de pays ont fait part de leur vive inquiétude pour leurs ressortissants otages d'un groupe qui dit agir notamment en représailles à l'intervention militaire française au Mali, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU "a condamné dans les termes les plus vifs l'attaque terroriste à In Amenas", à 1.300 km au sud-est d'Alger, dénonçant des "actes haineux".

Une source sécuritaire, citée par l'agence de presse algérienne APS, a fourni vendredi soir un bilan provisoire de l'assaut donné par les militaires : 12 otages et 18 ravisseurs tués, et une centaine d'otages étrangers - sur 132 - libérés, ainsi que 573 employés algériens.

Elle ne précise cependant pas le nombre et la nationalité des étrangers ayant péri.

Mais, à Washington, le département d'Etat a annoncé la mort d'un Américain, tandis qu'à Paris, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a révélé qu'un Français avait perdu la vie.

Un porte-parole du groupe armé, cité par l'agence de presse mauritanienne ANI, avait parlé jeudi de 34 otages étrangers tués dans l'assaut.

S'agissant du nombre des étrangers encore entre les mains des ravisseurs, des sources au sein du groupe armé ont indiqué à ANI qu'ils étaient au nombre de sept : trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique.

La Belgique a toutefois indiqué ne disposer d'aucun indice sur la présence de Belges parmi les otages.

Une source sécuritaire algérienne a fait état de son côté d'une "dizaine" de personnes encore retenues, sans préciser néanmoins s'il s'agissait d'étrangers.

Selon les sources au sein du groupe armé, les otages se trouvent dans l'usine du site, dont ses membres ont "fait exploser une partie pour repousser les forces algériennes".

Outre les centaines de travailleurs algériens, des Américains, des Britanniques, des Japonais, des Français, un Irlandais, des Norvégiens et des Philippins figuraient parmi les personnes prises en otages mercredi sur le complexe gazier d'In Amenas, non loin de la frontière libyenne.

La chaîne de télévision américaine NBC News a pour sa part assuré que deux Américains s'étaient échappés et que le sort de deux autres demeurait inconnu.

Selon un responsable américain de la défense, les Etats-Unis ont évacué vendredi à bord d'un avion C-130 des personnes blessées sur le site d'In Aménas. "Il n'y avait pas d'Américains parmi elles", a-t-il précisé à l'AFP.

En ce qui concerne la nationalité des ravisseurs, l'agence ANI citant des membres du groupe auquel ils appartiennent, a fait la liste de leurs pays d'origine : Algérie, Egypte, Niger, Tchad, Mauritanie, Mali et même Canada.

"On ne cherche que les expatriés"

D'ex-otages ont livré leur récit de l'attaque perpétrée par le groupe islamiste, puis de l'assaut de l'armée.

"Tout à coup les explosions. Ils ont cassé les portes tout en criant : on ne cherche que les expatriés", a raconté sur la radio France Info un ingénieur algérien, à propos de la journée de mercredi, au cours de laquelle un Britannique et un Algérien avaient été tués.

"Il y a des terroristes qui sont morts, des expatriés, des locaux", a, quant à lui, dit sur Europe 1 un rescapé français, Alexandre Berceaux, évoquant l'assaut donné par les militaires.

"Nous sommes sortis par une porte à l'arrière de la base dont les terroristes ignoraient l'existence. En sortant, nous avons hissé un tissu blanc pour que l'armée sache que nous étions des ouvriers" et avons marché jusqu'à elle, a témoigné un des Algériens.

Le photographe de l'AFP a vu vendredi des camionnettes décharger des cercueils vides à l'hôpital d'In Aménas, où des otages blessés avaient été transportés.

Citant des sources au sein du groupe de Mokhtar Belmokhtar, auteur du rapt, ANI a affirmé que ce dernier proposait "à la France et à l'Algérie de négocier pour l'arrêt de la guerre livrée par la France" dans le nord du Mali.

Mokhtar Belmokhtar, un jihadiste algérien, voudrait en outre "échanger les otages américains détenus par son groupe" contre un Egyptien, Omar Abdel-Rahman, et une Pakistanaise, Aafia Siddiqui, emprisonnés aux Etats-Unis à la suite d'accusations liées au terrorisme.

"Les Etats-Unis ne négocient pas avec les terroristes", lui a rétorqué le Département d'Etat américain.

Inquiétude à Tokyo, Londres, Washington et Oslo

L'opération de l'armée algérienne a suscité une grande inquiétude au Japon, en Grande-Bretagne, en Norvège et aux Etats-Unis, qui craignent pour la sécurité de leurs ressortissants

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et son homologue japonais Fumio Kishida ont ainsi exhorté Alger à prendre des "précautions extrêmes" concernant la vie des otages.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de son côté participé samedi matin à Tokyo à une réunion de crise sur cette prise d'otages, une affaire qu'il a qualifiée d'"extrêmement ignoble". "Nous ne pourrons jamais pardonner", a-t-il ajouté devant la presse.

La France, à laquelle l'Algérie a ouvert son espace aérien pour son intervention au Mali, s'est de son côté abstenue de critiquer l'opération de l'armée algérienne, invoquant une situation "particulièrement complexe".

Face aux critiques internationales, une source gouvernementale citée par l'APS a indiqué que l'assaut, donné dans des conditions "extrêmement complexes", avait évité un "véritable désastre".

Selon la même source, le groupe voulait acheminer les otages au Mali pour s'en servir de monnaie d'échange.

L'Algérie s'est trouvée entraînée malgré elle dans le conflit malien avec cette prise d'otages, les ravisseurs ayant dénoncé son soutien logistique aux militaires français.
 

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