Extension Factory Builder
13/01/2013 à 17:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le mausolée d'un saint incendié dans un haut lieu du tourisme en Tunisie. Le mausolée d'un saint incendié dans un haut lieu du tourisme en Tunisie. © AFP

Des habitants de Sidi Bou Saïd, banlieue touristique de Tunis, ont conspué dimanche le ministre de l'Intérieur venu visiter un célèbre mausolée incendié la veille, la mouvance salafiste étant régulièrement accusée de s'attaquer à de tels sanctuaires.

Quelque 150 habitants de ce village ont scandé "Dégage, Dégage" à l'adresse du ministre Ali Larayedh, figure du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement, selon un photographe de l'AFP. Le ministre de l'Intérieur venait de dénoncer "un acte criminel", tout en dédouanant les forces de l'ordre qui, selon lui, n'ont pas pour mission de protéger ce type de mausolées, pourtant régulièrement pris pour cible lors d'attaques orchestrées par les salafistes. "C'est un acte criminel, mais ce n'est pas à la police de garder tous les mausolées, c'est aux gens en charge de ces mausolées de le faire", a-t-il déclaré, déclenchant la colère de la foule.

Un policier a indiqué à l'AFP que le site avait été probablement visé par des cocktails molotov, mais qu'il n'y avait aucun témoin de l'attaque. De nombreux mausolées dédiés à des saints musulmans ont été incendiés ou saccagés ces derniers mois en Tunisie, des actes attribués aux salafistes, mouvance rigoriste radicale de l'islam sunnite qui considère comme impie d'honorer des saints.

L'opposition tunisienne et une partie de la société civile accusent les islamistes d'Ennahda au pouvoir de complaisance à l'égard des salafistes. "Ce crime (. . . ), contre notre culture et notre histoire ne doit pas rester impuni", a jugé dimanche la présidence tunisienne dans un communiqué, appelant les forces de l'ordre à "n'épargner aucun effort pour arrêter les criminels".

Le village de Sidi Bou Saïd, perché sur une colline dans la banlieue de Tunis, est un site touristique très prisé, connu pour ses petites ruelles et ses maisons traditionnelles aux portes bleues cloutées. Déjà en octobre un célèbre mausolée de la banlieue de Tunis, la zaouïa Saïda Manoubia, avait été incendié et un groupe de militants salafistes a été arrêté en décembre pour ces faits. Ce courant radical, qui représente entre 3. 000 et 10. 000 personnes en Tunisie, est aussi accusé d'avoir organisé une série d'actions violentes depuis la révolution il y a deux ans. Ces militants sont notamment soupçonnés d'avoir orchestré l'attaque du 14 septembre contre l'ambassade américaine à Tunis qui a fait quatre morts parmi les manifestants d'un rassemblement contre un film islamophobe produit aux Etats-Unis.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : quand l'Histoire tombe en ruine

Tunisie : quand l'Histoire tombe en ruine

Négligé ou pillé sous Ben Ali, le patrimoine archéologique pâtit aujourd'hui d'une gestion défaillante imputable à une absence de coordination et à un manque de moyens[...]

Tunisie : pourquoi l’armée n’y arrive pas

Dans une enquête exclusive à paraître dans son numéro 2798, Jeune Afrique explique pourquoi l'armée tunisienne n'arrive pas à reprendre le contrôle du Mont Chaâmbi, foyer de[...]

Tunisie : 74 migrants venus de Libye recueillis par des pêcheurs

Des pêcheurs tunisiens ont recueilli jeudi soixante-quatorze migrants qui tentaient de gagner l'Italie depuis la Libye. Ils avaient erré cinq jours en mer.[...]

Diaporama : "Djerbahood", le street art s'invite en Tunisie

Cet été, des graffeurs du monde entier ont investi les ruelles d'Erriadh, une petite bourgade de l'île de Djerba, pour réaliser une expérience inédite de street art en Tunisie. Armés[...]

Tunisie : frictions entre la Défense et la présidence pour la succession du général Hamdi

La question de la succession du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Mohamed Salah Hamdi, remplacé le 12 août par Ismaïl Fathalli, a opposé le président[...]

Douze chefs d'État africains avec Hollande aux cérémonies du débarquement en Provence

François Hollande accueille ce vendredi 13 chefs d'État, dont douze africains, à bord du Charles-de-Gaulle pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Provence avec en point[...]

IIe guerre mondiale : les victoires oubliées des "indigènes"

Avant le grand débarquement, la reconquête des Alliés est amorcée par la Corse et l'Italie. Des batailles aussi épiques que méconnues menées par les[...]

Salma Hamza, architecte tunisienne : "La modernité peut très bien respecter le traditionnel"

L'architecte tunisienne Salma Hamza milite pour la réhabilitation des matériaux traditionnels. Et la restauration du patrimoine de son pays. Interview.[...]

Tunisie : des balles et des morsures

Depuis la révolution (des épines) du jasmin, les Tunisiens comptent plus de journées de deuil que de fêtes nationales (mises sous éteignoir), créant un climat[...]

Tunisie : Mondher Zenaidi va-t-il revenir sur la scène politique ?

Exilé volontaire à Paris depuis trois ans, l'ex-ministre du Commerce de Ben Ali reste populaire dans son fief de Kasserine comme dans les milieux destouriens. Cédera-t-il à la tentation de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex