Extension Factory Builder
13/01/2013 à 10:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un fourgon de police stationne devant les locaux du parti Ennahada à Ben Guerdane. Un fourgon de police stationne devant les locaux du parti Ennahada à Ben Guerdane. © AFP

De nouveaux heurts ont opposé des manifestants à la police samedi à Ben Guerdane, ville du sud tunisien près de la frontière libyenne, des violences nourries par les frustrations sociales en Tunisie qui fêtera lundi les deux ans de sa révolution.

Une foule de jeunes, excédés par leurs conditions de vie et le chômage, se sont rassemblés dès la matinée face au commissariat qu'ils avaient incendié jeudi et ont lancé des pierres en nombre sur les policiers qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, selon un journaliste de l'AFP. En fin d'après-midi, les policiers ont quitté le poste pour se réfugier dans les locaux de la garde nationale, l'équivalent de la gendarmerie.

Quelques heures plus tard, des affrontements ont repris de plus belle et le commissariat a été incendié une seconde fois. Des manifestants ont dit avoir réagi ainsi pour protester contre des déclarations du Premier ministre, Hamadi Jebali. "L'Etat comprend les revendications sociales et respecte la liberté d'expression, mais ne tolère point les saccageurs, les trafiquants de drogue et les agresseurs", a dit M. Jebali, selon l'agence officielle TAP, au sujet de la situation à Ben Guerdane. Aucun bilan des affrontements, qui ont débuté il y a une semaine, n'a été fourni. Le ministère de l'Intérieur n'a fait aucun commentaire sur ces violences.

Les slogans des émeutiers à Ben Guerdane visaient en particulier le parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement et dont le siège a aussi été saccagé et pillé cette semaine. "Ben Guerdane est libre, Jebali dehors!" scandaient les manifestants, masqués pour la plupart.

Échec de la conciliation

Une réunion de conciliation a échoué en milieu de journée, selon Amar Hamdi, le dirigeant de la branche locale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), principal syndicat du pays. "Les autorités présentent les évènements comme un problème sécuritaire alors que nous réclamons des projets de développement", a-t-il dit, dénonçant "qu'aucun membre du gouvernement n'est venu à Ben Guerdane pour essayer de résoudre le problème".

Les violences y ont éclaté le 6 janvier après une manifestation réclamant la réouverture de la frontière tuniso-libyenne, qui avait été fermée début décembre à l'initiative de la Libye et avait bloqué le commerce transfrontalier, une source de revenu importante pour la région.

M. Jebali a obtenu sa réouverture jeudi, mais la contestation ne s'est pas pour autant essoufflée, entraînant une fermeture temporaire du poste-frontière de Ras Jdir ces deux derniers jours. "Nous ne voulons pas que la réouverture de Ras Jdir, nous voulons des projets de développement", a dit à l'AFP l'un des manifestants.

Les mouvements sociaux dégénérant en violences se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, compte tenu des espoirs socio-économiques déçus après la première des révolutions du Printemps arabe.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Interactif : où doit-on payer le plus cher en Afrique pour être candidat à la présidentielle ?

Interactif : où doit-on payer le plus cher en Afrique pour être candidat à la présidentielle ?

Dans la réforme électorale engagée en RDC, la caution exigée pour prendre part à la présidentielle a été revue à la hausse. Une démarche très fréq[...]

Tunisie : la demi-surprise du chef

En désignant Habib Essid, un technocrate indépendant, au poste de Premier ministre, le président se prémunit contre l'accusation de monopolisation du pouvoir par un seul parti.[...]

Internet, mobiles, SMS : quand nos États misent sur la censure

En réponse aux dernières manifestations en RDC, le gouvernement congolais a censuré Internet et SMS. Un classique : avant lui, de nombreux gouvernements du continent avait utilisé le même[...]

Tunisie : pourquoi le Sud a choisi Marzouki à la présidentielle

Négligés depuis l'indépendance par le pouvoir central, les électeurs tunisiens du Sud ont massivement voté pour le président sortant, perçu comme l'homme de la vraie rupture[...]

Tunisie : "Si Béji" et les bajboujettes

Le tout nouveau président tunisien, appelé affectueusement Bajbouj, doit aux femmes sa victoire à la présidentielle. Et qu'un électorat féminin porte un candidat à la[...]

Tunisie : Maison de l'image et espace d'expressions

Comment filmer, photographier et dire la Tunisie d'aujourd'hui ? Olfa Feki, architecte, et Wassim Ghozlani, photographe, viennent de créer dans ce but la Maison de l'image.[...]

La Tunisie lève un milliard de dollars sur les marchés internationaux

La Tunisie a obtenu le 27 janvier un milliard de dollars sur les marchés internationaux, davantage que les 750 millions prévus. La demande a atteint 4,3 milliards.[...]

CAN 2015 : La RD Congo rejoint sur le fil la Tunisie en quarts !

Longtemps éliminés, les Congolais qui ont égalisé grâce à Bokila face à la Tunisie (1-1) rejoignent leur adversaire du soir en quarts de finale de la CAN 2015. Le Cap-Vert et la[...]

Tunisie : report du vote de confiance au gouvernement de Habib Essid

À peine formé, le gouvernement proposé par le nouveau chef de l’exécutif, Habib Essid, suscite de vives critiques. Au point que le vote de confiance à l’Assemblée des[...]

Gouvernement tunisien : pourquoi Afek Tounes a jeté l'éponge

Le parti tunisien Afek Tounes déplore la méthode de négociation quelque peu expéditive du Premier ministre désigné, Habib Essid, pour la formation de son gouvernement.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20130113102124 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20130113102124 from 172.16.0.100