Extension Factory Builder
13/01/2013 à 10:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le prochain Premier ministre pourrait être Nicolas Tiangaye. Le prochain Premier ministre pourrait être Nicolas Tiangaye. © AFP

Le Premier ministre centrafricain Faustin Archange Touadera a été démis de ses fonctions samedi, avant la nomination d'un chef de gouvernement issu de l'opposition, première étape prévue par l'accord de sortie de crise signé à Libreville entre pouvoir et rébellion. Le nom de Nicolas Tiangaye, chef de la délégation de l'opposition aux pourparlers de paix de Libreville, est avancé.

"Le présent décret abroge (...) le décret du 10 avril 2011, portant nomination du Premier ministre, chef du gouvernement", indique un décret présidentiel lu à la radio nationale. Le nouveau Premier ministre, issu de l'opposition, devrait être nommé en fin de journée, selon les milieux d'opposition à Bangui. Le futur Premier ministre pourrait être, selon ces mêmes sources, l'avocat Nicolas Tiangaye, chef de la délégation de l'opposition aux pourparlers de paix de Libreville. Le nom d'un autre avocat opposant, Henri Pouzère, est également avancé.

Cette future nomination, qui doit être suivie de la formation d'un gouvernement d'union nationale, est la première étape politique prévue par l'accord de sortie de crise signé vendredi à Libreville entre le pouvoir, la rébellion du Séléka et l'opposition démocratique, après trois jours de difficiles négociations, et un mois d'affrontements armés. L'offensive de la coalition rebelle, lancée le 10 décembre, lui avait permis de s'emparer de la majeure partie du pays, après avoir balayé l'armée régulière.

Le calme régnait samedi à Bangui, les habitants appréciant les perspectives d'un retour de la paix dans le pays. "Nous sommes contents. Ca veut dire qu'on aura la paix et c'est ce que nous voulons", s'est réjouie Marina Modere, coiffeuse. Signe d'une détente, le ministre de l'Administration territoriale, Josué Binoua, a indiqué à l'AFP que le couvre-feu imposé jusque là dès 19H00 locales (18H00 GMT), est allégé et ne commence plus qu'à 23H00 locales. L'heure de levée (5H00 du matin) n'est pas modifiée.

Inquiétudes de l'ONU

L'accord a été obtenu par la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC). Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur, et tchadien Idriss Deby ont rejoint dans la capitale gabonaise leur homologue Ali Bongo, hôte des pourparlers. Idriss Deby, président en exercice de la CEEAC, avait aidé en 2003 le général François Bozizé à prendre le pouvoir par un coup d'Etat à Bangui, renversant Ange-Félix Patassé.

Cet accord prévoit aussi un cessez-le-feu immédiat et une période de transition d'un an avant la tenue de législatives. Il maintient au pouvoir le président Bozizé, malgré les demandes réitérées de la rébellion qui exigeait son départ. Très vite après le début de l'offensive du Séléka, François Bozizé s'était engagé à ne pas se présenter de nouveau à l'élection présidentielle de 2016 et avait accepté l'idée d'un gouvernement d'union nationale.

En position de force, le Séléka, qui demandait en début de négociations la traduction de M. Bozizé devant la Cour pénale internationale (CPI) "pour crimes de guerre", a obtenu la libération "des personnes arrêtées en relation avec la crise". Il s'est engagé "à se retirer des villes occupées et à abandonner la lutte armée".

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est félicité dès vendredi de la conclusion de l'accord et en a demandé l'application rapide. Dans une déclaration adoptée par ses 15 membres, il "souligne la nécessité d'appliquer promptement ces accords et invite toutes les parties à les appliquer de bonne foi". Le Conseil "demande aussi instamment à toutes les parties d'autoriser dès que possible un accès sécurisé et sans entrave aux populations qui ont besoin d'une aide humanitaire". Il exige la "libération immédiate de tous les civils détenus par des groupes armés". La déclaration souligne aussi l'inquiétude de l'ONU face aux violations des droits de l'homme, notamment les "attaques contre des minorités ethniques" et le recrutement d'enfants-soldats.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Centrafrique

Centrafrique : à Bambari, ex-rebelles de la Séléka et anti-balaka s'affrontent

Centrafrique : à Bambari, ex-rebelles de la Séléka et anti-balaka s'affrontent

De nouveaux affrontements entre anti-balaka et ex-rebelles de la Séléka, vendredi et samedi, ont fait au moins 20 morts.[...]

Hervé Ladsous : "En Centrafrique, il faut des autorités nouvelles issues d'élections avant août 2015"

Présent au forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (15 et 16 décembre), Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de[...]

Centrafrique : quel avenir pour les déplacés du camp de Mpoko ?

Les jours du camp de déplacés de l'aéroport de Mpoko sont-ils comptés ? Du côté de la Minusca ou du gouvernement centrafricain, l'installation dérange et les acteurs humanitaires[...]

Centrafrique : toujours 182 986 déplacés internes et 420 000 réfugiés dans les pays voisins

182 986 déplacés internes. 420 000 réfugiés dans les pays voisins. Le point sur la situation humanitaire en Centrafrique, mi-décembre 2014, un peu plus d'un an après l'entrée en[...]

Centrafrique : 28 morts dans des affrontements à Mbrès

De violents affrontements sont en cours depuis mardi entre des éléments anti-balaka et ex-Séléka. 28 personnes sont mortes à Mbrès, une ville située à 300 km au nord de[...]

Centrafrique - Martin Ziguélé : "Le dialogue, oui, l'impunité, jamais !"

Martin Ziguélé, ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé, est l'un des plus sérieux candidats à l'élection présidentielle de 2015 en Centrafrique. Ses[...]

Centrafrique : la justice française ouvre une enquête préliminaire sur François Bozizé

La justice française a récemment ouvert une enquête préliminaire à Paris après une plainte des autorités centrafricaines accusant l'ancien président François[...]

Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche"

Un an après le déclenchement de l'opération Sangaris, et deux ans après celui de l'opération Barkhane, le ministre français de la Défense affiche ses objectifs : des[...]

Les pays africains les plus "risqués" pour les entreprises

 Le cabinet de conseil Control Risks présente l'édition 2015 de sa carte annuelle des risques sécuritaires et économiques à travers le monde. Intitulée "le nouveau[...]

En Centrafrique, la croix et le warga

Mélanie Soiron-Fallut est anthropologue.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers