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06/01/2013 à 16h:20
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Le président égyptien Mohamed Morsi le 26 décembre 2012 au Caire. Le président égyptien Mohamed Morsi le 26 décembre 2012 au Caire. © AFP

Le président égyptien, Mohamed Morsi, a procédé dimanche à un remaniement gouvernemental destiné à répondre à une grave crise économique, à la veille de la reprise de négociations pour une aide du Fonds monétaire international jugée cruciale mais à hauts risques sociaux.

Dix nouveaux ministres, soit près du tiers du gouvernement qui reste dirigé par le Premier ministre Hicham Qandil, ont prêté serment en milieu de journée devant le chef de l'Etat.

Le ministre des Finances Momtaz al-Saïd, homme-clé des discussions avec le FMI pour un prêt de 4,8 milliards de dollars, est remplacé par El-Morsi El-Sayed Hegazy, un universitaire spécialiste de finance islamique, réputé proche des Frères musulmans dont est issu le président.

M. Saïd avait été critiqué ces derniers jours par des responsables des Frères musulmans, qui le jugeaient trop proche des ex-dirigeants militaires ayant tenu le pouvoir pendant près d'un an et demi après la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

Le portefeuille de l'Intérieur revient au général de police Mohamed Ibrahim, qui était jusqu'ici l'un des adjoints du ministre sortant, Ahmed Gamaleddine, chargé de l'administration pénitentiaire.

Selon certains journaux, M. Gamaleddine paierait un manque de fermeté face aux troubles qui ont accompagné en décembre le référendum sur une nouvelle Constitution, au cours desquels des locaux des Frères musulmans ont été attaqués.

Déficit budgétaire croissant

Huit ministères techniques, presque tous à dominante économique, changent aussi de mains : les Transports, l'Electricité, le Développement régional, l'Aviation civile, l'Environnement, les Approvisionnements, les Communications et les Affaires parlementaires.

M. Morsi avait annoncé ce remaniement le 26 décembre, dans la foulée de l'adoption de la Constitution, expliquant qu'il souhaitait un gouvernement mieux à même d'affronter la crise économique que traverse le pays.

En proie à un déficit budgétaire croissant et à une chute de la monnaie nationale, la livre égyptienne, l'Egypte fait aussi face depuis deux ans à une baisse du tourisme et un effondrement des investissements étrangers.

La Banque centrale a quant à elle vu ses réserves de change fondre de 36 à 15 milliards de dollars, un niveau qu'elle a jugé "critique" la semaine dernière. Les autorités ont depuis instauré des mesures pour limiter les sorties de devises.

Discussions avec le FMI

Le nouveau ministre des Finances devra s'atteler sans délai à la reprise des discussions avec le FMI pour un prêt de 4,8 milliards de dollars, qui avaient fait l'objet d'un pré-accord en novembre mais avaient été suspendues courant décembre en raison des tensions politiques en Egypte.

Le Caire a depuis demandé à relancer rapidement ce dossier, et le FMI a annoncé la venue lundi en Egypte de son responsable pour le Moyen-Orient, Masood Ahmed. Ce dernier doit discuter "des difficultés" économiques du pays et d'un "possible soutien", a indiqué le Fonds dans un communiqué.

Le prêt du FMI est jugé décisif pour rétablir la confiance dans l'économie égyptienne, débloquer d'autres soutiens internationaux et aider le pays à redresser ses comptes.

La perspective de réformes difficiles et impopulaires associées à cette aide, en particulier une révision des coûteuses subventions d'Etat aux carburants ou à des produits alimentaires de base, oblige toutefois le gouvernement à la prudence.

En décembre, en pleine crise politique et sous la pression de son propre camp, M. Morsi avait dû geler précipitamment des hausses de taxes sur de nombreux produits de base et de consommation courante, qui auraient dû servir à redresser les finances publiques mais risquaient d'attiser les tensions. Le gouvernement a toutefois affirmé que ces hausses n'étaient que suspendues, en attendant une vaste concertation sur leur impact.
 

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