Extension Factory Builder
06/01/2013 à 10:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn accueille le président sud-soudanais Salva Kiir Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn accueille le président sud-soudanais Salva Kiir © AFP

Les présidents soudanais, Omar el-Béchir, et sud-soudanais Salva Kiir se sont engagés samedi à Addis-Abeba à fixer un calendrier pour relancer l'application d'accords essentiels, au point mort depuis trois mois, portant notamment sur le partage des ressources pétrolières, ont annoncé les médiateurs.

Avec cette annonce est apparu l'espoir d'une avancée dans le règlement des graves différends entre les deux Soudans, financièrement exsangues depuis l'arrêt par le Soudan du Sud il y a un an de la production de pétrole, qui transite par les oléoducs du Soudan pour être exporté.

Les contentieux entre les deux pays portent principalement sur le partage des ressources pétrolières, le statut des ressortissants de chaque Etat sur le territoire de l'autre, le tracé des frontières et l'avenir de la zone frontalière d'Abyei disputée entre les deux pays.

Le médiateur de l'Union africaine (UA), l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, a affirmé que les deux présidents s'étaient engagés à trouver un accord et à l'appliquer "sans condition".

"Nous préparons un cadre pour l'application de tous les accords existants avec un calendrier", a déclaré Thabo Mbeki, ajoutant que l'UA complèterait ce calendrier avant le 13 janvier.

Les accords, signés pas MM. el-Béchir et Kiir en septembre 2012, n'ont toujours pas été mis en oeuvre. A l'époque, les deux présidents s'étaient mis d'accord sur les modalités de reprise de la production pétrolière de Juba, dont l'exportation dépend des oléoducs du Nord et dont l'arrêt par Juba depuis janvier 2012, après un désaccord avec Khartoum, a mis les économies des deux pays à genoux. Ils avaient aussi décidé la mise en place d'une zone-tampon démilitarisée à leur frontière commune.

Pétrole

Mais la production pétrolière n'a toujours pas repris et la délimitation de la zone-tampon continue de poser problème. Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, qui a accueilli les négociations, s'est dit "très satisfait" du progrès des discussions. "Je suis très heureux de voir que les obstacles ont disparu et que l'application (des accords) puisse reprendre", a-t-il dit à la presse.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011 en vertu d'un accord de paix qui a mis fin à une longue guerre civile (1983-2005, deux millions de morts). Mais les questions restées en suspens enveniment les relations entre les deux pays et des combats au printemps les avaient conduits au bord d'un nouveau conflit.

Pour ces nouveaux pourparlers orchestrés par l'UA, les dirigeants des deux Soudans étaient arrivés vendredi en fin d'après-midi dans la capitale éthiopienne et avaient d'abord entamé des discussions, chacun à leur tour, avec les médiateurs, selon des diplomates et une journaliste de l'AFP.

Ce sommet, qui se déroule au palais présidentiel éthiopien, intervient alors que l'armée sud-soudanaise a de nouveau accusé jeudi les forces soudanaises de l'avoir attaquée dans l'Etat sud-soudanais du Bahr el-Ghazal occidental (nord-ouest).

Positions figées sur Abyei

Le négociateur principal de Juba, Pagan Amum, a qualifié de "malheureuses" les attaques au sol et les bombardements aériens mercredi et a souligné que le climat des pourparlers en avait pâti.

Avant les discussions, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège avaient publié un communiqué commun demandant aux armées des deux pays de "se retirer immédiatement" de la zone frontalière. La reprise de la production de pétrole est "particulièrement importante pour les deux économies et ne devrait pas être retardée par les négociations portant sur d'autres questions", avaient-ils relevé.

Les deux dirigeants, qui ne se sont pas exprimés directement devant la presse, ont toutefois été vus souriants et se serrant la main après la réunion, aux côtés de Mbeki et Hailemariam.

Les positions sont en revanche restées figées sur Abyei, une zone grande comme le Liban, riche en pétrole et revendiquée par les deux pays. En mai 2011, l'armée soudanaise avait envahi cette région, contraignant les quelque 100.000 habitants à fuir, avant de l'occuper pendant un an. A présent, la zone d'Abyei est contrôlée par des casques bleus éthiopiens.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

AUTRES

RDC : des militaires se livrent au commerce de minerais, selon Global Witness

RDC : des militaires se livrent au commerce de minerais, selon Global Witness

En marge de la conférence internationale sur les minerais de conflit qui s'ouvre le 3 novembre à Kinshasa, Global Witness a accusé vendredi des militaires congolais de continuer à se livrer au commerce[...]

Total : Christophe de Margerie, l'hommage et la relève

Après la mort de Christophe de Margerie, dont les obsèques ont eu lieu le 27 octobre à Paris, c'est Patrick Pouyanné qui prend les rênes de la major pétrolière française. [...]

Algérie : Valls, Taubira et les moines de Tibhirine

Manuel Valls, le Premier ministre français, et Christiane Taubira, la garde des Sceaux, seraient attendus en visite officielle à Alger avant la fin de l'année.L'occasion pour les familles des moines [...]

Pourquoi les médias français ne comprennent rien à la Tunisie

Clichés éculés, raccourcis stupéfiants, partialité délibérée... Les internautes tunisiens n'ont pas de mots assez durs pour qualifier la couverture de leur pays par les m&[...]

UE-Zimbabwe : après 12 ans de sanctions, 234 millions d'euros d'aide ?

Dans le cadre du processus de normalisation de ses relations avec le Zimbabwe, l'Union européenne (UE) a annoncé vendredi qu'elle était disposée à s'engager dans un "programme d'aide plurian[...]

Burkina Faso : une révolution 2.0, vraiment ?

Le Burkina Faso vit-il une révolution 2.0 ? Sur Twitter, le hashtag #lwili a été la star de la journée du 30 octobre. Il ne faut cependant pas surestimer l'influence des réseaux sociaux.[...]

Israël : ces femmes juives en burqa

Mues par une obsession névrotique de la chasteté, des femmes issues du milieu ultraorthodoxe revendiquent le port du voile intégral. Sous l'oeil réprobateur des instances rabbiniques.[...]

Algérie : 1er novembre 1954, retour sur la "Toussaint rouge" de l'indépendance

Il y a soixante ans éclatait officiellement la guerre d'Algérie. Restée dans les mémoires comme la "Toussaint rouge", le 1er novembre 1954 est gravé dans les mémoires comme le [...]

1er novembre 1954 : le texte intégral de la déclaration du Secrétariat général du FLN

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, le Front de libération nationale algérien diffusait une déclaration portant sur l'insurrection face à l'occupation française. En voici le texte in[...]

Algérie : lundi 1er novembre 1954, "Toussaint rouge" dans les Aurès

Il y a soixante ans éclatait officiellement la guerre d'Algérie. Restée dans les mémoires comme la "Toussaint rouge", le 1er novembre 1954 est gravé dans les mémoires comme [...]

Blaise Compaoré annonce sa démission et la vacance du pouvoir

Dans un communiqué signé par la présidence et dont "Jeune Afrique" s'est procuré le contenu, Blaise Compaoré annonce sa démission, la vacance du pouvoir, et l'organisation d'&eac[...]

RDC : à Beni, Kabila promet de "vaincre" les ADF

Lors de son adresse à la population de Beni, Joseph Kabila a déclaré vendredi que la RDC allait vaincre les rebelles ougandais de l'ADF, soupçonnés d'être responsables de récents mas[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers