Extension Factory Builder
05/01/2013 à 11:40
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président sud-soudanais Salva Kiir (g), le médiateur de l'Union africaine Thabo Mbeki (d). Le président sud-soudanais Salva Kiir (g), le médiateur de l'Union africaine Thabo Mbeki (d). © AFP

Les présidents soudanais, Omar el-Béchir, et sud-soudanais, Salva Kiir, se sont rencontrés samedi à Addis Abeba sous l'égide de l'Union africaine, pour la première fois depuis que les deux chefs d'Etat rivaux ont signé en septembre d'une série d'accords restés lettre morte.

Mis à jour à 16h30.

Samedi, une première réunion s'est tenue en présence du médiateur de l'UA, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, et du Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

Auparavant, MM. el-Béchir, Kiir, Mbeki et Hailemariam avaient été vus assis ensemble, en train de parler et de rire.

Les ministres de la Défense et des délégations des deux pays avaient également fait le déplacement en Ethiopie pour ce nouveau sommet sensible, 18 mois après l'indépendance de Juba.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011 en vertu d'un accord de paix ayant mis fin à une longue guerre civile (1983-2005, deux millions de morts). Mais les questions restées en suspens enveniment les relations entre les deux pays et des combats au printemps les avaient conduits au bord d'un nouveau conflit.

Pour ces nouveaux pourparlers orchestrés par l'UA, les dirigeants des deux Soudans étaient arrivés vendredi en fin d'après-midi dans la capitale éthiopienne et avaient d'abord entamé des discussions, chacun leur tour, avec les médiateurs, selon des diplomates et une journaliste de l'AFP. La réunion de samedi devait se prolonger dans l'après-midi.

Les deux dirigeants sont censés quitter Addis Abeba dans la soirée. Mais des sources diplomatiques estiment que les discussions pourraient se prolonger dimanche si un accord n'est pas trouvé.

Production pétrolière

Ce sommet, qui se déroule au palais présidentiel éthiopien, intervient alors que l'armée sud-soudanaise a de nouveau accusé jeudi les forces soudanaises de l'avoir attaquée dans l'Etat sud-soudanais du Bahr el-Ghazal occidental (nord-ouest).

Le négociateur principal de Juba, Pagan Amum, a qualifié de "malheureuses" les attaques au sol et les bombardements aériens mercredi et a souligné que le climat des pourparlers en avait pâti.

Les contentieux entre les deux pays portent notamment sur le partage des ressources pétrolières, le statut des ressortissants de chaque Etat sur le territoire de l'autre, le tracé frontalier et l'avenir de la zone frontalière d'Abyei.

Avant les pourparlers, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège avaient publié un communiqué commun demandant aux armées des deux pays de "se retirer immédiatement" de la zone frontalière. La reprise de la production de pétrole est "particulièrement importante pour les deux économies et ne devrait pas être retardée par les négociations portant sur d'autres questions", avaient-ils relevé.

Abyei

Les accords que MM. el-Béchir et Kiir avaient signé il y a trois mois n'ont toujours pas été mis en oeuvre. Ils s'étaient ainsi mis d'accord sur les modalités de reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud, dont l'exportation dépend des oléoducs du Nord et dont l'arrêt par Juba depuis janvier 2012, après un désaccord avec Khartoum, a mis les économies des deux pays à genoux.

Ils avaient aussi décidé la mise en place d'une zone-tampon démilitarisée à leur frontière commune. Mais la production pétrolière n'a toujours pas repris et la délimitation de la zone-tampon continue de poser problème.

Les positions restent également figées sur Abyei, une zone grande comme le Liban, riche en pétrole et revendiquée par les deux pays. En mai 2011, l'armée soudanaise avait envahi cette région, contraignant les quelque 100.000 habitants à fuir, avant de l'occuper pendant un an. A présent, la zone d'Abyei est contrôlée par des casques bleus éthiopiens.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

AUTRES

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une[...]

Afrique : la démocratie sans le peuple

Mohamed Mbougar Sarr est un écrivain sénégalais, lauréat du Prix Ahmadou Kourouma 2015 du Salon du livre de Genève pour "Terre ceinte".[...]

RDC : Félix Tshisekedi au congrès du PS français

Félix Tshisekedi devrait représenter son parti au Congrès du PS français, à Poitiers, du 5 au 7 juin.[...]

Hollande l'Africain : une politique pragmatique au Maghreb

Contrairement à son prédécesseur et alter ego corrézien, Jacques Chirac, qui nourrissait une véritable passion pour l'Orient, on ne connaissait pas de penchant arabe ou maghrébin p[...]

Burundi : suspension du dialogue politique avant un sommet régional

Le dialogue politique s'arrêtera ce weekend, avec l'espoir que le sommet régional prévu dimanche en Tanzanie puisse dénouer la crise burundaise.[...]

Côte d'Ivoire : Ouattara promet de se retirer après son second mandat, s'il est réélu

Le président ivoirien Alassane Ouattara ne briguera pas un troisième mandat s'il est réélu en octobre. Il entend respecter la Constitution de son pays, une promesse qu'il a faite devant l'Union africain[...]

"Le Soleil sans se brûler" : l'anti-hommage de Théo Ananissoh à Sony Labou Tansi

C'est une heureuse surprise que publient les éditions Elyzad, à Tunis. [...]

"À court d'enfants" : la triple peine des "Réunionnais de la Creuse"

Mille six cent trente Réunionnais issus de milieux pauvres, qui avaient entre 6 mois et 18 ans, ont été enlevés à leurs parents pour être envoyés en métropole. [...]

Gouvernement israélien : Ayelet Shaked, la beauté vénéneuse

Elle hait les Palestiniens, veut expulser les immigrés subsahariens... Bref, la ministre israélienne de la Justice est une peste.[...]

Audiovisuel tunisien : mauvaises ondes à la Haica

Incapable de s'imposer dans un monde médiatique qui flirte avec le pouvoir politique, la Haica, l'instance de régulation de l'audiovisuel, est fragilisée par une série de démissions.[...]

Pape Diouf : "C'est le système Fifa qu'il faut casser"

L’intense actualité autour de la FIFA depuis mercredi 27 mai, alors que l’instance organise son Congrès à Zurich pour son élection présidentielle, n’a pas surpris Pape Diouf, [...]

Livres : l'autre Rosa Parks

La polyvalente Tania de Montaigne - journaliste, présentatrice télé, scénariste, auteure-compositrice-interprète et, bien sûr, écrivaine - aime les histoires de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers