Extension Factory Builder
01/01/2013 à 18:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Arrivée le 31 décembre 2012 à Bangui de soldats congolais des forces d’Afrique centrale. Arrivée le 31 décembre 2012 à Bangui de soldats congolais des forces d’Afrique centrale. © AFP

Les pays d'Afrique centrale, déterminés à empêcher à tout prix la chute de Bangui, ont commencé à envoyer des renforts pour protéger la capitale centrafricaine menacée par les rebelles du Séléka qui contrôlent une large partie du pays et réclament le départ du président François Bozizé.

Ces renforts devraient porter à 760 hommes d'ici la fin de la semaine les effectifs en Centrafrique de la Force multinationale d'Afrique centrale, selon une source au sein de la FOMAC.

Cette force régionale, déployée en 2008 pour aider à la stabilisation d'un pays en proie à des mutineries et rébellions chroniques, avait entamé un processus de retrait lors du lancement de l'offensive rebelle le 10 décembre.

Une partie d'un total de 120 Gabonais est arrivée mardi matin à Bangui, le gros des troupes étant attendu dans la journée. Un autre contingent de 120 soldats du Congo-Brazzaville était arrivé lundi et 120 Camerounais sont attendus d'ici la fin de la semaine, selon la même source. Ces troupes fraîches doivent s'ajouter à 400 soldats tchadiens déjà déployés à Damara, ultime verrou avant Bangui, à 75 km au sud, au terme de trois semaines d'offensive rebelle.

Damara "constitue une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties", a averti lundi soir le dirigeant tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et allié traditionnel du président Bozizé.
Dans son message du Nouvel An, le président centrafricain a remercié l'armée tchadienne sans qui, a-t-il dit, "Bangui serait aujourd'hui envahie". Face à l'avancée des rebelles et poussé par une médiation africaine, M. Bozizé avait fait des concessions dimanche en se disant prêt à des pourparlers en vue de former un gouvernement d'union avec une participation du Séléka.

Rejet du dialogue

"Je suis prêt pour ce dialogue, j'attends que les chefs d'Etat (de la CEEAC) fixent la date pour que nous puissions y aller de concert avec la Séléka pour trouver des pistes de sortie de la crise", a-t-il répété mardi.

Le porte-parole des rebelles, Eric Massi, a déclaré mardi "ne rien avoir contre" les forces africaines qui se massent sur la route de Bangui mais a demandé qu'elles interviennent contre les arrestations de sympathisants du Séléka dont il accuse le pouvoir depuis plusieurs jours. Il a également de nouveau rejeté les offres de dialogue du président Bozizé. "Le dialogue on sait qu'il ne le veut pas", a rétorqué M. Massi à l'AFP.

ll a cependant reconnu que la contre-attaque dont il avait accusé la veille les troupes régulières ne s'était pas matérialisée. Il avait menacé d'une attaque sur Damara en représailles. "Ils ont pris position autour de nos positions mais il n'y a pas eu d'attaque" sur Sibut, la position des rebelles la plus proche de Bangui, à 160 km au nord de la capitale, a-t-il dit à l'AFP.

A Bangui, un jeune musulman supposé proche de la rébellion a été tué dans la nuit de lundi à mardi, et un policier est mort au cours d'affrontements qui ont suivi mardi dans un quartier populaire la capitale, selon une source policière.

"Les forces de défense et de sécurité (...) ont appréhendé dans la nuit du 31 au 1er au quartier du km 5 un individu jugé suspect (supposé lié aux rébellions). Au moment de le conduire au commissariat central, il a sauté du véhicule. Dans la course poursuite qui a suivi il a été abattu" a affirmé la source, ajoutant qu'au cours des affrontements de mardi matin un policier est mort.

Prières

Pour le Nouvel An, journée traditionnellement réservée aux prières, des milliers de fidèles se sont rendus dans des églises catholiques ou protestantes dans un pays dont 85% de la population est chrétienne.

La communauté internationale s'inquiète cependant de la rapide dégradation de la situation dans ce petit pays de 5 millions d'habitants déjà parmi les plus pauvres du monde.

L'Union européenne a appelé mardi le gouvernement centrafricain et les rebelles du Sékéla qui menacent la capitale, à résoudre "par le dialogue et la négociation les divergences qui subsistent".

Washington a appelé les rebelles à "cesser les hostilités et tout mouvement vers la capitale". Paris, qui dispose de près de 600 soldats sur place pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants dans cette ancienne colonie, a appelé au dialogue, mais refuse de soutenir le régime.

Cette position a alimenté un sentiment anti-français à Bangui où le président du Cocora (Coalition Citoyenne Opposés aux Rebelles Armés), Levy Yakité, a accusé mardi à la radio nationale les medias français et internationaux d'avoir "contribée à l'aggravation de la situation et d'avoir incité à la haine".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Misca : le Tchad annonce que tous ses soldats ont quitté la Centrafrique

Misca : le Tchad annonce que tous ses soldats ont quitté la Centrafrique

Il n'y a plus de soldats tchadiens en Centrafrique. Mercredi, le Tchad a annoncé avoir achevé le retrait de ses troupes, lors d'une cérémonie officielle présidée, à Sarh, dans le [...]

Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Centrafrique : des habitants fuient après des violences au passage d'un convoi de musulmans

La majorité des 7 000 habitants de Boguila, dans le nord de la Centrafrique, se sont enfuis dans la brousse en raison d'affrontements armés au passage d'un convoi de la force africaine escortant plus de 500 [...]

Centrafrique : heurts à Bria, au moins deux soldats de la Misca blessés

La ville de Bria été le théâtre de heurts entre des éléments armés et militaires des forces internationales (Sangaris et Misca). Deux soldats congolais de la force africaine ont[...]

Sommet UE-Afrique : les entretiens de Samba-Panza

Retour sur le déplacement de Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, à Bruxelles et Paris, lors du sommet UE-Afrique.[...]

Centrafrique : le Conseil de sécurité de l'ONU approuve le déploiement de Casques bleus

L'ONU a autorisé jeudi l'envoi de 12 000 Casques bleus en Centrafrique d'ici au 15 septembre 2014.[...]

Abakar Sabone : "La guerre avec les anti-balaka commence" en Centrafrique

Ex-conseiller spécial de l'ancien président Michel Djotodia, Abakar Sabone a créé un nouveau mouvement sur les ruines de l'ancienne rébellion Séléka, l'Organisation de la[...]

Centrafrique : la mission de l'UE débute à Bangui, dans l'attente des Casques bleus

Des gendarmes français, éléments précurseurs de la mission européenne en Centrafrique, ont commencé à patrouiller mercredi dans Bangui. Le feu vert du Conseil de[...]

Centrafrique : au moins 30 morts après des affrontements entre anti-balaka et ex-Séléka

La région de Dékoa, à 300 km au nord de Bangui, a été le théâtre mardi de violents affrontements entre anti-balaka et ex-Séléka. Le bilan provisoire fait état[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers