Extension Factory Builder
08/12/2012 à 11:10
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
François Compaoré, frère du chef de l'Etat Blaise Compaoré, vote le 2 décembre à Ouagadougou. François Compaoré, frère du chef de l'Etat Blaise Compaoré, vote le 2 décembre à Ouagadougou. © AFP

La tension est montée vendredi au Burkina Faso dans l'attente des résultats des élections législatives à Ouagadougou : le parti du premier opposant, Zéphirin Diabré, a crié à la "fraude" dans la capitale où il affrontait le 2 décembre le frère du chef de l'État, François Compaoré.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) n'a annoncé jeudi que des résultats partiels pour les législatives, montrant que les soutiens du président Blaise Compaoré restent en position de force dans le pays. Mais elle n'a pu fournir les résultats pour la province du Kadiogo, celle de Ouagadougou, officiellement en raison de problèmes de compilation des données.

Devenu le premier parti d'opposition, l'Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré est monté au créneau, dénonçant la "fraude".

"La Céni ne peut pas prononcer les résultats du Kadiogo parce qu'il y a trop d'irrégularités", a déclaré à l'AFP Nathanaël Ouédraogo, directeur national de campagne du parti. Il a affirmé que les résultats de certains bureaux de vote étaient introuvables et a annoncé le dépôt de recours auprès du Conseil constitutionnel.

L'ex-ministre Zéphirin Diabré ferraillait dans la capitale avec François Compaoré, frère cadet et conseiller du chef de l'Etat auquel il est soupçonné de vouloir succéder en 2015.

La Céni n'a donné aucun délai pour l'annonce des résultats dans cette province stratégique, où étaient appelés aux urnes plus de 720.000 électeurs, sur environ 4,3 millions au "pays des hommes intègres" (Burkina Faso, en langues locales).

Percée de l'UPC

Le responsable de l'UPC s'est cependant félicité de la "bonne percée" du parti dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest. A peine deux ans après avoir fondé l'UPC, Zéphirin Diabré, ancien ministre des Finances de Blaise Compaoré passé à l'opposition, devient le nouveau chef de file incontesté de l'opposition, avec au moins 15 députés sur 127 dans la nouvelle Assemblée, selon les résultats partiels. Les autres formations d'opposition se partagent seulement six sièges.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) du président Compaoré, au pouvoir depuis le putsch de 1987, conserve la majorité avec 58 sièges. Et grâce à quatre partis alliés, le camp présidentiel garde la majorité absolue, avec un total d'au moins 81 sièges (contre 99 sur 111 députés dans l'Assemblée précédente). Il n'y a donc pas péril en la demeure. Mais l'impression qui domine est celle d'un effritement des soutiens du régime.

"On assiste à un bouleversement, peut-être pas 'tsunamique' mais bien significatif, de l'échiquier politique au Burkina Faso", a commenté vendredi le site d'information Fasozine.

"L'ère du 'Tug-djilli' (tout prendre, en langue locale mooré, ndlr), c'est-à-dire le raz-de-marée électoral auquel nous avait habitués le CDP, est bel et bien révolue", a-t-il assuré.

"Il y a eu une double érosion du parti au pouvoir et de l'opposition classique au profit de l'UPC", a souligné Germain Nama, patron de l'hebdomadaire L'Evénement, interrogé par l'AFP.

Test électoral

Les législatives - couplées à des municipales dont les résultats seront proclamés plus tard - avaient doublement valeur de test.

Il s'agissait d'abord du dernier grand rendez-vous électoral avant 2015, terme normal du dernier mandat de Blaise Compaoré. Le chef de l'Etat garde le mystère sur ses intentions mais une partie de ses partisans le poussent à modifier la Constitution pour qu'il puisse se représenter. Certains le soupçonnent en revanche de vouloir passer le relais à son frère, devenu cette année le nouvel homme fort du CDP.

Ces élections étaient aussi les premières depuis les mutineries du premier semestre 2011 qui ont failli emporter le régime, sur fond de fortes contestations sociales. Les premiers procès de mutins ont commencé fin novembre.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Burkina Faso

C'est la CAN des surprises, le Congo et la Guinée équatoriale en quarts !

C'est la CAN des surprises, le Congo et la Guinée équatoriale en quarts !

Le Congo, vainqueur du Burkina Faso (2-1), et la Guinée équatoriale, tombeur du Gabon (2-0), sont tous les deux qualifiés pour les quarts de finale dans le groupe A. Les Diables rouges terminent à la pr[...]

Burkina : Fespaco'mme les autres

Malgré le changement de régime au Burkina et la menace Ebola, le prestigieux festival panafricain aura bien lieu. Avec quelques changements au programme.[...]

Burkina Faso : Kafando fait machine arrière dans le dossier Sankara

Alors qu'il s'était maintes fois prononcé en faveur d'une réouverture rapide de l'enquête sur l'assassinat de Thomas Sankara, le président de transition burkinabè Michel Kafando a[...]

Burkina Faso : Djibrill Bassolé intéressé par la présidentielle ?

La perspective de l'élection présidentielle burkinabè, programmée pour le 11 octobre, aiguise les appétits.[...]

Burkina : les élections présidentielle et législatives auront lieu le 11 octobre

Le président Michel Kafando, s'exprimant devant la presse jeudi à Ouagadougou, a annoncé que les élections présidentielle et législatives se tiendraient le dimanche 11 octobre.[...]

CAN 2015 : le Burkina Faso au bord du gouffre

Les Étalons des frères Traoré n'ont pas réussi à marquer face à la Guinée équatoriale (0-0), malgré un déluge d'occasions. Le vice-champion d'Afrique ne[...]

Burkina : un successeur pour Moumouni Dieguimdé, ancien ministre des Infrastructures contraint à la démission

Daouda Traoré, un ingénieur des travaux publics, a été nommé mercredi ministre des Infrastructures en remplacement de Moumouni Dieguimdé, contraint de à la démission[...]

Mgr Judes Bicaba, évêque burkinabè : "Après un incendie, les braises ne s'éteignent pas tout de suite"

Monseigneur Judes Bicaba préside depuis 2005 le diocèse de Dégoudou dans le nord du Burkina Faso. Il revient pour Jeune Afrique sur les évènements des 16 au 18 janvier au Niger, où 45[...]

Danse : Nuit blanche à Ouagadougou de Serge Aimé Coulibaly

Présenté à Paris du 14 au 17 janvier, le spectacle prémonitoire et engagé de Serge Aimé Coulibaly devrait bientôt tourner en France et en Europe. Chorégraphie[...]

Pierre-Emerick Aubameyang met le Gabon en orbite

L'attaquant gabonais a brillé samedi en offrant au Gabon sa première victoire lors de cette CAN 2015 face au Burkina Faso (2-0).[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20121208111049 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20121208111049 from 172.16.0.100