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02/12/2012 à 16:59
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Des partisans du Congrès pour la démocratie et le progrès, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou. Des partisans du Congrès pour la démocratie et le progrès, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou. © AFP

Les Burkinabè votaient dimanche dans le calme pour des législatives et des municipales à valeur de test pour le régime de Blaise Compaoré, ébranlé l'an dernier par des troubles et suspendu à la question de la succession du président en 2015.

Les Burkinabè votaient dimanche dans le calme pour des législatives et des municipales à valeur de test pour le régime de Blaise Compaoré, ébranlé l'an dernier par des troubles et suspendu à la question de la succession du président en 2015. Depuis l'ouverture à 06H00 (locales et GMT), les électeurs se rendaient tranquillement aux bureaux de vote, a constaté à Ouagadougou un journaliste de l'AFP.

Ces scrutins sont "importants pour la promotion de la démocratie", a déclaré devant des journalistes le président Compaoré, au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire de 1987. Selon lui, "il n'y a pas de raison pour qu'il n'y ait pas un scrutin calme et paisible".

Seul une poignée d'incidents ont été rapportés par la radio nationale: des urnes volées, saccagées ou brûlées dans un village de la municipalité de Banfora (sud-ouest) ou à Zorgho (nord-est), des bulletins de vote dérobés à Fada N'Gourma (est). Le manque de bulletins et d'agents de sécurité a aussi été signalé dans plusieurs localités.

Mais, dans l'ensemble, "il n'y a pas de tensions particulières", a souligné un membre d'une mission d'observation étrangère interrogé par l'AFP. Quelque 4,3 millions de personnes sont appelées aux urnes pour ces élections couplées, qui s'achèveront à 18H00. Les résultats sont attendus d'ici jeudi.

Si le puissant Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) part grand favori, ces scrutins ont valeur de test, car ce sont les premiers depuis la crise du premier semestre 2011 dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest. Une vague de mutineries, en même temps que de violentes manifestations populaires, avait alors failli emporter le régime.

Ces troubles, "je ne souhaite même pas que ça arrive à un ennemi. Ca a peut-être mis le pays en retard d'un ou deux ans", a confié à l'AFP Amina Dermé, mère de famille de 53 ans. C'est aussi le dernier grand rendez-vous électoral avant 2015, terme normal du dernier mandat présidentiel.

Sa succession hante le "pays des hommes intègres" (Burkina Faso, en langues locales). Certains de ses partisans poussent M. Compaoré à une révision de la Constitution pour lui permettre de se représenter. Mais il est souvent soupçonné de vouloir passer le relais à son frère cadet et conseiller François Compaoré.

Candidat aux législatives dans la capitale, "François" est depuis quelques mois le nouvel homme fort du CDP. Au nom du "renouvellement" au profit des jeunes et des femmes, de nombreux caciques ont été congédiés des instances du parti, avant d'être privés d'investitures pour ce dimanche.

"Trop d'injustices"

Ce que beaucoup considèrent comme une "purge" a suscité de fortes tensions au sein du camp au pouvoir, même si elles se sont peu exprimées publiquement: la politique va de pair avec le secret à Ouagadougou.

Le CDP détenait 73 sièges - sans compter les 26 de ses alliés - sur les 111 de l'Assemblée nationale précédente (16 sièges de plus sont à pourvoir cette année). Il dirige aussi l'écrasante majorité des 351 communes.

L'opposition part encore une fois en rangs dispersés. Il lui sera donc toujours aussi difficile de troubler le jeu. Mais Mohamed Zongo, chauffeur de 27 ans, a "voté pour le changement": "il y a trop d'injustices dans ce pays".

Après avoir crié constamment à la fraude lors des élections, comme à la présidentielle de 2010, l'opposition peut se féliciter que, suivant ses voeux, l'enregistrement des électeurs ait été réalisé selon un système biométrique, considéré comme une garantie de transparence. Depuis la fin des troubles de l'an dernier, le pouvoir a su reprendre les choses en main, mais le front social s'est réchauffé récemment dans ce pays où près de la moitié des quelque 16 millions d'habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Tourné dimanche vers ses enjeux intérieurs, le Burkina est aussi très impliqué dans une crise régionale sans précédent. Blaise Compaoré est le médiateur de l'Afrique de l'Ouest au Mali voisin, dont le Nord est contrôlé par des islamistes armés, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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