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02/12/2012 à 15:57
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Heurts entre manifestants et forces de l'ordre, le 1er décembre 2012 à Siliana, en Tunisie. Heurts entre manifestants et forces de l'ordre, le 1er décembre 2012 à Siliana, en Tunisie. © AFP/Faouzi Dridi

L'UGTT, principal syndicat tunisien, a annoncé dimanche la "suspension" de la contestation à Siliana et le calme y régnait en début d'après-midi à la suite d'un accord avec le pouvoir après cinq jours de violences nourries par les espoirs déçus de la révolution de 2011.

L'UGTT, principal syndicat tunisien, a annoncé dimanche la "suspension" de la contestation à Siliana et le calme y régnait en début d'après midi à la suite d'un accord avec le pouvoir après cinq jours de violences nourries par les espoirs déçus de la révolution de 2011.

Aucun affrontement n'a été constaté ni dans la nuit ni en début d'après-midi dans cette ville à 120 km au sud-ouest de Tunis, pas plus que dans d'autres localités tunisiennes, alors que la nuit précédente des heurts ont opposé policiers et manifestants dans deux régions voisines, laissant craindre une contagion.

"Nous avons décidé de suspendre la grève générale", a annoncé devant une centaine de personnes, Ahmed Chefaï, du bureau exécutif du syndicat à Siliana. Il n'a pas précisé le durée de cette suspension, en attendant la mise en oeuvre de l'accord négocié la veille avec le gouvernement, dominé par les islamistes du parti Ennahda.

"Le gouverneur est parti définitivement, il appartient au passé", a clamé le syndicaliste sous les applaudissements, ajoutant qu'une plainte sera déposée contre la police, accusée d'être responsable des violences qui ont fait plus de 300 blessés. La grève générale, débutée mardi et qui a dégénéré en cinq jours d'affrontements avec la police, visait à obtenir le départ du gouverneur régional, un plan d'aide économique et la libération de 14 personnes arrêtées lors de violences sociales en avril 2011.

Excédés par le chômage et la misère, facteurs clés de la révolution qui a renversé le président Ben Ali en janvier 2011, les habitants de Siliana comme d'autres régions de l'intérieur déshérité de la Tunisie jugent que le gouvernement a trahi leurs attentes.

Le compromis trouvé avec les autorités samedi prévoit la mise à l'écart du gouverneur mais pas son limogeage immédiat, un examen accéléré par la justice du dossier des personnes emprisonnées, des aides pour soigner les blessés et un programme de développement dont le contenu n'a pas été précisé.

Présence policière réduite graduellement

Les habitants réclament aussi le départ des renforts policiers déployés dans la ville et accusés de violences excessives, en particulier mercredi lorsqu'ils ont tiré à la chevrotine sur les manifestants. "Nous avons diminué le nombre de policiers et nous allons encore le réduire au fur et à mesure que la calme revient", a indiqué, sous couvert de l'anonymat, un responsable des forces de l'ordre.

Aucune présence policière particulière n'était visible dans les rues de Siliana, et aucun manifestant n'était présent vers 13H00 GMT aux abords du principal poste de police, épicentre des affrontements. Des magasins ont par ailleurs rouvert, alors que les rues portent toujours les marques des affrontements: barricades calcinées, des pierres par centaines jonchant le sol, tout comme les restes des grenades lacrymogènes tirées par la police.

"Enfin je peux faire mes achats, il y en marre de la violence et du chaos", s'est réjoui dans la matinée Fatma, une femme au foyer ravie de faire ses courses. D'autres estiment avoir gagné une première manche mais que la lutte devra se poursuivre pour que le gouvernement se penche véritablement sur les problèmes de la région. "Nous avons gagné, imposé notre volonté et obligé le Premier ministre (Hamadi Jebali) à réviser ses décisions. Mais ce n'est qu'un premier pas", a jugé Mourad, un chauffeur de taxi.

Les mouvements sociaux dégénérant en heurts se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, dans une conjoncture économique mise à mal par la crise dans la zone euro et l'insécurité. Le président Moncef Marzouki, exprimant sa "peur" de voir les violences contaminer tout le pays, a appelé vendredi à la formation d'un gouvernement restreint pour stabiliser la situation. Le Premier ministre n'a pas encore répondu à cet appel.

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