Extension Factory Builder
02/12/2012 à 10h:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Une Algérienne vote à Alger lors des législatives du 10 mai 2012. Une Algérienne vote à Alger lors des législatives du 10 mai 2012. © AFP

Les élections locales de jeudi en Algérie ont confirmé la suprématie des partis nationalistes au pouvoir et le déclin des islamistes, qui ont enregistré leur plus mauvais score électoral depuis le premier scrutin pluraliste en 1990.

Les élections locales de jeudi en Algérie ont confirmé la suprématie des partis nationalistes au pouvoir et le déclin des islamistes qui ont enregistré leur plus mauvais score électoral depuis le premier scrutin pluraliste en 1990. Le recul des islamistes en Algérie tranche avec la situation dans plusieurs pays de la région qui ont enregistré une montée en puissance de ce mouvement, notamment en Egypte et en Tunisie où il est parvenu au pouvoir à l'issue des révoltes de 2011.

Alors que le taux de participation était le principal enjeu du scrutin, il a été faible (44,27 % des quelques 21 millions d'électeurs), même s'il est légèrement en hausse par rapport à celui des législatives de mai dernier (43,1%). "Ce qui n'était qu'une tendance lors des dernières législatives vient de se confirmer de manière frappante lors de ces locales. Les Algériens ont donc signifié, de manière claire, leurs refus catégorique de l'islamisme politique", estimait samedi le quotidien L'Expression.

Les partis islamistes ont accusé un net recul par rapport aux élections locales de 2007. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec ses alliés de "l'Alliance de l'Algérie verte" n'ont obtenu la majorité absolue que dans dix communes alors qu'en 2007, le MSP, seul, avait conquis 16 municipalités.
Aux législatives, les islamistes qui espéraient profiter du souffle du Printemps arabe, n'avaient obtenu que 61 sièges sur 462.

A l'issue de ce deuxième scrutin organisé depuis les réformes politiques mises en oeuvre en avril 2011 par le président Abdelaziz Bouteflika pour parer à une contagion du Printemps arabe, le Front de libération nationale (FLN, présidentiel) a remporté la majorité aux assemblées communales (mairies) et aux assemblées départementales.

L'ancien parti unique, déjà large vainqueur des législatives, a obtenu la majorité absolue dans 159 municipalités sur les 1.541 que compte le pays, selon les résultats officiels annoncés vendredi. Il a également obtenu une confortable majorité relative dans 832 communes qu'il pourra gérer qu'avec le soutien d'éventuels alliés.

Le FLN compte sur des alliances avec le Rassemblement national démocratique de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et le Front des forces socialistes (FFS) du l'opposant historique Hocine Aït Ahmed, a indiqué son secrétaire général Abdelaziz Belkhadem.  Le parti "ambitionne de présider dans environ 1.000 communes", a-t-il dit.

Il devance le RND qui a fait une percée électorale en s'assurant le contrôle de 132 communes, contre 107 en 2007. Le RND, deuxième force politique représentée à l'Assemblée nationale, a également remporté la majorité relative dans 215 assemblées communales.

Le FLN et le RND sont suivis par la révélation de ce scrutin, le Mouvement populaire algérien (MPA) qui obtenu 6% des sièges en s'assurant une majorité absolue dans 12 communes. Ce parti dirigé par le ministre de l'Environnement Amara Benyounès a obtenu son agrément dans le cadre des réformes politiques initiées par M. Bouteflika.

Les partis d'opposition du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque) et du FFS ont obtenu la majorité absolue dans 13 et 11 municipalités, principalement dans leur fief en Kabylie (à l'est d'Alger). Après l'instauration du multipartisme en 1989, le Front islamique du salut (FIS, dissous) avait remporté haut la main les premières élections locales pluralistes en juin 1990.

Le FIS a failli rééditer son score aux élections législatives de décembre 1991, annulées par les militaires en janvier 1992 alors qu'il était en passe de remporter le scrutin. Cette décision a plongé l'Algérie dans une guerre civile qui a fait près de 200.000 morts, selon des sources officielles.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Algérie : un patron de presse accusé d'atteinte à la sécurité de l'État

Algérie : un patron de presse accusé d'atteinte à la sécurité de l'État

Le parquet d'Alger a ordonné dimanche l'ouverture d'une information judiciaire "pour atteinte à la sécurité de l'Etat" contre le directeur de publication de deux quotidiens censurés p[...]

Algérie : le flou officiel sur l'état de santé de Bouteflika favorise l'alarmisme

L'état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé depuis plus de trois semaines à Paris à la suite d'un mini-AVC, suscite des rumeurs alarmistes en[...]

Algérie - Tunisie : Sakhr el-Materi et l'affaire du masque de Gorgone

Les tensions entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas seulement dues à la présence de djihadistes à leurs frontières. Le "masque de Gorgone", que la Tunisie doit restituer[...]

Algérie : cauchemar suisse pour Khaled Nezzar

Inculpé pour "torture" en Suisse en 2012, l'ancien ministre algérien de la Défense Khaled Nezzar a été auditionné pendant plus de sept heures. Et il pourrait bientôt[...]

Algérie : 23 condamnés dans l'affaire des détournements de terrain

Vingt trois personnes, jugées pour détournement de terrains agricoles publics, ont été condamnées mercredi 15 mai par un tribunal d'Alger à des peines allant de 18 mois de prison avec[...]

Abdel Raouf Dafri : des tripes et des lettres

Ce fils d'immigrés algériens s'est fait remarquer avec ses scénarios pour Un prophète et pour la série télévisée Braquo.[...]

Algérie : l'avenir de Bouteflika selon la Constitution

Le projet de nouveau texte fondamental devrait donner de précieux indices sur les intentions présidentielles du chef de l'État algérien, Abdelaziz Bouteflika, pour le moment hospitalisé en[...]

Algérie : l'énigme Bouteflika

Victime d'un nouvel accident de santé, Abdelaziz Bouteflika va-t-il briguer un quatrième mandat ou transmettre le témoin aux générations postindépendance, comme il l'a [...]

Algérie : Abdelaziz Bouteflika "se porte bien"

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 76 ans, hospitalisé depuis quinze jours en France à la suite d'un mini-AVC, "se porte bien" et suit les dossiers "d'intérêt[...]

Algérie : et si Velud quittait l'ES Sétif ?

Hubert Velud, l’entraîneur français de l’ES Sétif, est bien parti pour devenir champion d’Algérie. Mais rien n’indique qu’il restera la saison prochaine chez L’Aigle[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers