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24/11/2012 à 09:36
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Une partie de la population fuit Sake. Une partie de la population fuit Sake. © AFP

L'offensive des rebelles du M23 a marqué le pas vendredi autour de Sake, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), après l'échec d'une contre-offensive de l'armée ayant poussé des milliers de civils à fuir, alors qu'un sommet régional est prévu samedi à Kampala. Des dizaines de civils congolais ont été évacués par pont aérien des territoires tenus par la rébellion de M23 dans l'est de la RDC, a également annoncé vendredi l'ONU à New York.

L'avancée du M23, qui a conquis mardi Goma, capitale du Nord-Kivu, puis mercredi la localité de Sake à une trentaine de kilomètres à l'ouest, "a été stoppée jeudi" à moins de 10 km au sud de Sake, après des combats opposant les rebelles à l'armée régulière alliée à un groupe d'une milice locale, a indiqué à l'AFP une source onusienne.

Au moins 25 civils ont été blessés durant les affrontements, selon l'ONG Médecins sans frontières (MSF). Dans une rue du centre de Sake, quasiment vidé de sa population, le photographe a vu le corps d'un civil et des caisses de munitions vides. "Il y a des cadavres le long de la route" vers Kirotshe, à 8 km au sud de Sake, vers où "la ligne de front s'est déplacée", a déclaré à l'AFP Thierry Goffeau, chef de mission de MSF à Goma.

Verrou stratégique

Sake est un verrou stratégique d'où partent notamment deux routes: l'une au sud qui mène à Bukavu, capitale de la province voisine du Sud-Kivu que les rebelles avaient annoncé vouloir prendre, et l'autre vers l'ouest à Masisi. C'est dans le territoire du Masisi qu'a commencé fin avril la mutinerie d'officiers et de soldats de l'armée devenue la rébellion du M23. Ce territoire était aussi l'un des fiefs de l'ex-mouvement rebelle tutsi congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dont sont issus la majorité des membres du M23.

"Tout est concentré autour de Sake", a indiqué à l'AFP une source onusienne, précisant que l'armée congolaise "est en train de réorganiser son dispositif" au sud de cette localité, vers Minova (Sud-Kivu). Selon une source militaire occidentale, l'armée compterait sur place 3.500 hommes. Un porte-parole de l'armée, le colonel Olivier Amuli, a confirmé à l'AFP cette réorganisation, ajoutant que l'objectif était de "recouvrer l'intégrité du territoire congolais".

"S'ils nous attaquent (à Sake), nous allons réagir", a déclaré de son côté le porte-parole militaire du M23, le colonel Vianney Kazarama. Alors que l'armée essuyait ce nouvel échec face aux rebelles, le président congolais Joseph Kabila a suspendu le patron de l'armée de terre, le général Gabriel Amisi, officiellement parce qu'il est cité dans un rapport de l'ONU l'accusant de trafic d'armes avec des groupes armés locaux.

Evacuation de civils congolais par l'ONU

Des dizaines de magistrats, de fonctionnaires, de journalistes ou de militants des droits de l'homme ont été évacués par les airs de l'est de la RDC, selon l'ONU à New York. La mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) a évacué 76 personnes qui risquaient d'être des cibles pour le M23. Beaucoup d'entre eux "ont trouvé refuge sur des bases de l'ONU", a déclaré le porte-parole des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Kieran Dwyer.

Comme jeudi, des milliers de civils continuaient de fuir la région de Sake pour se diriger vers le camp de déplacés de Mugunga, près de Goma. Bienda Kifumba, chauffeur de moto-taxi, y est arrivé jeudi avec sa femme et ses quatre enfants, entassés avec d'autres familles dans une ancienne école. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a déploré n'avoir plus accès qu'à un seul de ses 31 camps de déplacés au Nord-Kivu qui abritent au total plus de 100.000 personnes. L'Organisation mondiale de la santé a annoncé craindre une aggravation de l'épidémie de choléra dans la région où 65 décès ont été enregistrés depuis janvier.

Diplomatie

Sur le plan diplomatique, la représentante de l'Union Européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton a demandé "l'arrêt immédiat" de l'offensive du M23 et exigé son retrait de Goma, comme l'avaient réclamé mercredi les présidents Kabila, Yoweri Museveni (Ouganda) et Paul Kagame (Rwanda). Mais le M23, qui dit avoir de multiples revendications "pour améliorer les conditions de vie des Congolais", réclame un dialogue "direct" avec Kabila comme préalable à tout retrait de Goma. Le président du M23, Jean-Marie Runiga Lugerero, était à Kampala vendredi où il pourrait rencontrer le président ougandais, selon son mouvement. Il pourrait également être présent samedi à Kampala où se tiendra un sommet régional sur la crise en RDC, où Paul Kagame sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Dans un rapport publié mercredi, l'ONU a de nouveau accusé le Rwanda de commander de fait le M23 et l'Ouganda de fournir un soutien à la rébellion, ce que les deux pays nient. Alors sa mission de 17.000 hommes au Congo (Monusco) a été critiquée pour ne pas avoir empêché l'avancée des rebelles, l'ONU envisage d'utiliser pour la première fois des drones pour surveiller l'est du pays et de "renforcer les capacités de la Monusco afin de protéger les civils des groupes armés", selon des diplomates.

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