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17/11/2012 à 11h:01
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Des combattants islamistes du Mujao près de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. Des combattants islamistes du Mujao près de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. © AFP

Un groupe de rebelles touareg du MNLA a subi vendredi une "lourde défaite" lors de violents combats avec des islamistes du Mujao dans le nord-est du Mali, au moment où le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, poussait au "dialogue politique".

Les combats entre rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), ont duré plusieurs heures près de Ménaka, dans la région de Gao proche de la frontière avec le Niger.

Ils ont pris fin dans la soirée et, selon des sources sécuritaires du Mali et de la région, ont fait au moins une dizaine de morts dans les rangs du MNLA qui a subi "une lourde défaite" et a été "mis en déroute".

Un élu de la région de Ménaka, proche du MNLA, a déclaré que "le Mujao a utilisé la surprise et de gros moyens pour attaquer le MNLA".

Depuis Paris, un dirigeant du MNLA, qui rêve de revanche après avoir été marginalisé dans le nord du Mali par les islamistes, avait annoncé "une offensive visant à récupérer la région de Gao", aux mains du Mujao.

Le 27 juin, à l'issue de violents combats qui avaient fait au moins 35 morts, le Mujao, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait évincé le MNLA de Gao où la rébellion touareg, laïque et favorable à l'autodétermination du Nord malien, avait établi son quartier général.

Depuis lors, le MNLA ne contrôle plus aucune ville du nord du Mali, occupé par les jihadistes surtout étrangers d'Aqmi et du Mujao (groupe très impliqué aussi dans le trafic de drogue) et les islamistes d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), mouvement surtout composé de Touareg maliens. Ils y appliquent la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur.

Et la terreur continue: à Tombouctou (nord-ouest), ville occupée par Aqmi et Ansar Dine, des dizaines de femmes non voilées ont été arrêtées à leur domicile, jeudi et vendredi, par des éléments d'Aqmi, ont rapporté des témoins.

Selon une source médicale, les femmes arrêtées ont été "emprisonnées" dans l'enceinte d'une ancienne banque.

Dialogue à Ouagadougou

Ansar Dine négocie depuis plusieurs jours à Ouagadougou avec la médiation conduite par le président burkinabé Blaise Compaoré au nom de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Cette semaine, il s'est très clairement démarqué d'Aqmi et du Mujao dans ses déclarations. Il a annoncé renoncer à imposer la charia dans tout le Mali, sauf dans son fief de Kidal (nord-est), et s'est dit prêt à aider à "débarrasser" le nord du Mali du "terrorisme" et des "mouvements étrangers".

Reçues pour la première fois ensemble par M. Compaoré, des délégations d'Ansar Dine et du MNLA ont exprimé "leur disponibilité à s'engager résolument dans un processus de dialogue politique" en vue d'"une solution négociée, juste et durable à la crise", selon une déclaration lue par le chef de la diplomatie burkinabè, Djibrill Bassolé.

La balle est aussi dans le camp des autorités maliennes, qui n'ont toujours pas installé le "comité national" de négociations promis.

Ansar Dine et le MNLA, eux-mêmes accusés de nombreuses exactions dans le Nord malien, ont "formulé le voeu" que l'armée malienne s'engage "à arrêter toutes formes d'hostilités militaires" contre les civils.

Si l'évolution d'Ansar Dine se confirmait sur le terrain, l'opération armée africaine actuellement en préparation ne devrait viser que les jihadistes d'Aqmi et du Mujao, qui font craindre l'enracinement d'un sanctuaire "terroriste" en plein Sahel.

"Le dialogue ne remplace pas l'intervention militaire", qui devra "mettre hors d'état de nuire les groupes terroristes", a souligné M. Bassolé.

Puissance régionale incontournable, l'Algérie a estimé qu'"il faut cibler exclusivement les terroristes et les narcotrafiquants".

Validé par l'UA, le plan stratégique d'intervention prévoit une force internationale de 3.300 soldats essentiellement ouest-africains, qui aura besoin d'un soutien logistique occidental. Il doit être transmis au Conseil de sécurité de l'ONU avant la fin novembre.

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