Extension Factory Builder
03/11/2012 à 09:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des combattants du groupe islamiste Ansar Eddine à Kidal, dans le nord du Mali. Des combattants du groupe islamiste Ansar Eddine à Kidal, dans le nord du Mali. © AFP

  L'un des groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), a envoyé vendredi à Ouagadougou et Alger des délégations pour négocier "la paix", au moment où se prépare l'envoi d'une force armée internationale au Mali.

"Nous sommes pour la paix, et pour la paix, il faut le dialogue", a déclaré à l'AFP un proche de Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Eddine, en annonçant l'envoi de ces deux délégations. Les émissaires envoyés au Burkina Faso sont arrivés vendredi soir. Conduite par Algabass Ag Intalla, un élu du nord du Mali et l'une des principales figures d'Ansar Eddine, la délégation doit "transmettre un message" au président Blaise Compaoré, qui va "probablement" recevoir ses membres ce week-end, a déclaré à l'AFP le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé. Il est prévu que la délégation qui se rend à Alger rejoigne plus tard celle de Ouagadougou, puis, de là, une délégation pourrait aller au Nigeria, selon des sources concordantes. 

Médiateur de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) dans la crise malienne, le président Compaoré a déjà reçu des membres d'Ansar Dine à Ouagadougou et a toujours privilégié une solution négociée, plutôt que le recours à la force. Djibrill Bassolé s'était lui-même rendu début août à Kidal (nord-est du Mali) où il avait rencontré Iyad Ag Ghaly, qui l'avait assuré de son soutien à la médiation.

L'Algérie, puissance régionale incontournable dans le règlement de la crise, prône également le dialogue avec certains des groupes armés qui occupent le nord du Mali et qui rejettent "le terrorisme" et la partition du Mali. Des émissaires d'Ansar Eddine s'étaient rendus en septembre à Alger où ils avaient notamment rencontré un officiel malien. Le mouvement Ansar Eddine, apparu au début de l'offensive lancée en janvier dans le nord du Mali par plusieurs groupes armés, est essentiellement composé de Touareg maliens et est un des principaux alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la région.

Force armée et dialogue

Iyad Ag Ghaly est lui-même un ancien rebelle touareg qui a épousé l'islamisme radical. Les membres de son mouvement appliquent la charia (loi islamique) avec brutalité dans les zones qu'ils contrôlent avec Aqmi, dont les villes de Tombouctou (nord-ouest) et Kidal.

Depuis le 29 octobre se tient à Bamako une réunion d'experts internationaux qui doit mettre au point "un concept d'opération" pour la force armée de la Cédéao, soutenue par l'ONU, en vue de reprendre le nord du Mali. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 12 octobre une résolution préparant le déploiement d'une force de quelque 3.000 hommes au Mali, soutenue sur le plan logistique par la France et les Etats-Unis, et a donné jusqu'au 26 novembre à la Cédéao pour préciser ses plans.

Parallèlement, la résolution invitait le gouvernement malien et les rebelles touareg à "s'impliquer dès que possible dans un processus de négociations crédible". Un tel dialogue, soulignait mi-octobre à Bamako un haut dirigeant de l'ONU, n'interdit pas l'usage de la force. Il a plutôt pour but de permettre le regroupement de certains groupes armés composés essentiellement de Touareg, Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion indépendantiste laïque), laminé par les islamistes dans le nord du Mali. "Moins il y aura de groupes armés, plus ce sera facile" d'intervenir militairement, avait affirmé ce dirigeant.

En revanche, pour la communauté internationale, il est hors de question de négocier avec Aqmi et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), autre groupe islamiste et criminel armé qui occupe la région. Ces deux groupes sont essentiellement composés d'étrangers.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le 'troisième bon élève' ?

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le "troisième bon élève" ?

À en croire un expert français de retour de Bamako, les dix à quinze jours prochains détermineront si le Mali est capable de stopper l'épidémie d'Ebola. Ce qui fera de lui le "troisi&[...]

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique.[...]

Mali : les rebelles passent de Ouaga à Niamey

En raison de la chute de Blaise Compaoré, les groupes rebelles maliens se sont retrouvés à Niamey avant la reprise des négociations à Alger.[...]

Nord-Mali : deux soldats tués et cinq autres blessés par une mine

Une voiture de l'escorte du ministre malien du Développement rural a sauté mardi sur une mine dans le nord du pays. Deux militaires ont été tués et cinq autres grièvement blessés,[...]

Ebola au Mali : nouveau cas positif, 310 personnes sous surveillance sanitaire

Un nouveau cas d'Ebola a été déclaré samedi au Mali et cette personne a été admise dans une unité de soins intensifs à Bamako, a indiqué un communiqué du[...]

Mokhtar Belmokhtar, "le Ben Laden du Sahara"

Le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem publie une enquête sur le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar. Édifiant.[...]

Mali : IBK et le Boeingate, suite

Ibrahim Boubacar Keïta ne s'est toujours pas exprimé sur les soupçons de fraude qui le visent après la publication du rapport du Vérificateur général sur l'achat de l'avion[...]

Mali : en déplacement, IBK montre l'exemple dans la lutte contre Ebola

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu lundi à Kourémalé, dans le sud du pays, près de la frontière avec la Guinée, pour une visite symbolique consacrée[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : précautions et inquiétude chez les Français du Mali

Depuis l'annonce d'un cinquième cas d'Ebola au Mali, la communauté française, forte de 6.000 ressortissants et de 1.400 militaires, y observe avec inquiétude l'arrivée de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces