Extension Factory Builder
27/10/2012 à 11:03
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président ivoirien Alassane Ouattara. Le président ivoirien Alassane Ouattara. © AFP

Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International, appelant le pouvoir à "aller au-delà des promesses" sur le respect des droits de l'Homme.

Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International, appelant le pouvoir à "aller au-delà des promesses" sur le respect des droits de l'Homme.

L'ONG publie ces informations alors que le gouvernement du président Alassane Ouattara est confronté depuis août à une vague d'attaques armées, notamment à Abidjan, qui ont accru les tensions comme jamais depuis la fin de la crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) ayant fait quelque 3.000 morts. Ces attaques ont été attribuées par le pouvoir à des fidèles de l'ex-président, ce que l'opposition récuse, et suivies d'arrestations de figures du camp Gbagbo.

"Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux", déclare l'ONG dans un communiqué, au retour d'une mission d'un mois dans le pays. "Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous on raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels", explique Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty, cité dans le texte.

"Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats", ajoute-t-il.
Jusqu'à 400 personnes seraient ou auraient été récemment détenues de façon arbitraire, des dérives qui ont conduit des chancelleries à adresser officieusement des mises en garde au pouvoir, ont affirmé à l'AFP des sources diplomatiques et sécuritaires.

"Vengeance"

Certains prisonniers placés dans "des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan" ont été remis en liberté après le versement de "rançons" à des militaires des Forces républicaines (FRCI), rapporte l'organisation de défense des droits de l'Homme. Amnesty mentionne notamment le cas d'un policier arrêté par les FRCI en août à San Pedro (sud-ouest), "interrogé sur de récentes attaques" et "décédé des suites de torture".

L'ONG souligne également la lenteur des instructions visant des personnalités du régime déchu - notamment l'ex-Première dame Simone Gbagbo - détenues depuis un an et demi dans le nord du pays. "Nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d'une volonté de représailles et de vengeance", souligne M. Mootoo.

"Il est grand temps" pour M. Ouattara "d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement", conclut-il. La réforme de l'appareil sécuritaire se fait toujours attendre, alors que l'armée est aujourd'hui largement dominée par les ex-rebelles pro-Ouattara, régulièrement accusés d'abus.

Mandats d'arrêt

Amnesty revient aussi sur l'attaque perpétrée en juillet contre le camp de déplacés de Nahibly, voisin de la ville de Duékoué (ouest) et qui abritait des membres de l'ethnie guéré, considérés comme pro-Gbagbo. L'attaque a fait officiellement six morts. Mais six corps ont été retirés mi-octobre d'un puits, qui selon des habitants sont ceux d'autres victimes. Une autopsie a été réalisée, dont les résultats n'ont pas encore été publiés.

De nombreux témoins ont rapporté des "détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires" après l'attaque menée "par des +dozos+ (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l'Etat) et des membres des FRCI" contre ce camp gardé par l'ONU, souligne l'ONG.

Après la découverte des six nouveaux corps, des mandats d'arrêt ont été lancés contre deux FRCI. Des habitants et des sources onusiennes soupçonnent l'existence d'autres fosses communes.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : PDCI et FPI unis dans la division à dix mois de la présidentielle

Côte d'Ivoire : PDCI et FPI unis dans la division à dix mois de la présidentielle

À dix mois de la présidentielle ivoirienne, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) d'Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo n'ont jamais ét&e[...]

Côte d'Ivoire : confirmation de l'interdiction du congrès du FPI, Affi N'Guessan renforcé

En déclarant mercredi "nul et non avenu" le congrès du Front patriotique ivoirien (FPI), la justice ivoirienne a donné raison à Pascal Affi N’Guessan, qui souhaitait d'abord voir[...]

Alassane Ouattara inaugure le troisième pont d'Abidjan

Construit en un peu plus de deux ans par les équipes de Bouygues, le pont à péage Henri Konan Bédié doit fluidifier la circulation de la capitale économique ivoirienne. Son ouverture[...]

Olam acquiert l'activité cacao d'ADM pour 1,3 milliard de dollars

Après avoir cédé plusieurs de ses activités en Afrique, Olam poursuit sa stratégie de recentrage en faisant l'acquisition de l'activité cacao d'ADM. L'opération permet au[...]

Vidéo : Yaya Touré et Benzema dans la "dream team" de Zidane

Rédacteur en chef spécial de l'émission de Canal+ "L'Équipe de dimanche" du 14 décembre, Zinédine Zidane a dévoilé le nom des 11 joueurs et des remplaçants[...]

Côte d'Ivoire : le parti de Gbagbo appelle la CPI à renoncer à ses poursuites

Le parti de Laurent Gbagbo a appelé vendredi la Cour pénale internationale (CPI) à abandonner ses poursuites contre l'ex-président ivoirien, son épouse et son ancien ministre Charles Blé[...]

Justice et réconciliation en Côte d'Ivoire : le rapport très critique de la FIDH

Dans son dernier rapport, la FIDH reste très sévère à l’égard du régime ivoirien et juge largement incomplètes les actions menées pour solder les comptes de la crise[...]

Exclusif. Blaise Compaoré est de retour à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire

Parti du Maroc il y a quelques jours, l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré a atterri vendredi matin à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire.[...]

La Côte d'Ivoire refuse toujours de livrer Simone Gbagbo à la CPI

LA CPI a sommé jeudi la Côte d'Ivoire de lui livrer Simone Gbagbo, l'épouse de l'ancien président. Elle a aussi confirmé quatre charges de crimes contre l'humanité contre Charles[...]

La CPI confirme les charges de crimes contre l'humanité pesant sur Charles Blé Goudé

Le procès de Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) aura bien lieu. La chambre préliminaire de la Cour a confirmé jeudi quatre charges de crimes contre[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers