Le ministre des Affaires étrangères ougandais, Henry Okello Oryem, le 17 octobre 2012, à Kampala.
© AFP
L'Ouganda se prépare à infirmer point par point le récent rapport de l'ONU l'accusant de soutien aux rebelles du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et ne craint donc pas d'éventuelles sanctions de l'ONU, a affirmé samedi le chef de sa diplomatie à l'AFP.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé vendredi son "soutien sans réserve" aux experts de l'ONU qui accusent le Rwanda et l'Ouganda d'armer la rébellion du M23 et a menacé implicitement de prendre des sanctions contre de hauts responsables de ces deux pays.
"Nous sommes en train de préparer une réponse formelle aux accusations" du groupe d'experts de l'ONU, "nous allons répondre mot par mot et affirmation par affirmation", a déclaré le ministre des Affaires étrangères par intérim Henry Okello Oryem.
"Les menaces de sanctions évoquées ne sont que des paroles qui ne nous impressionnent pas parce que la vérité va émerger", a-t-il assuré.
Il a qualifié les accusations de l'ONU et les menaces de sanctions de "manipulation de la part d'individus à l'ONU (...) qui tentent de faire échouer les efforts régionaux sur la RDC".
L'Ouganda est en pointe des efforts des dirigeants de la région des Grands Lacs qui tentent de mettre sur pied une "force neutre" chargée de lutter contre les divers groupes armés actifs dans l'est de la RDC, afin de mettre fin à l'instabilité chronique dans cette zone.
A la question de savoir si Kampala avait encore, après ces accusations, l'autorité morale pour mener ces efforts, M. Oryem a répondu: "Posez la question au gouvernement de RDC".
Kigali pointé du doigt par l'ONU
Dans leur rapport, le groupe d'experts de l'ONU accuse à nouveau Kigali - déjà mis en cause dans un document intermédiaire - et pour la première fois Kampala d'armer le M23, groupe composé d'ex-rebelles de RDC intégrés en 2009 à l'armée nationale et qui se sont mutinés depuis mai.
M. Okello avait précédemment qualifié le rapport de "plaisanterie" et mis les experts au défi de "présenter des preuves".
Ce rapport accuse également le ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarebe de commander de facto le M23. Kigali, qui a démenti à plusieurs reprises tout soutien au M23, a accusé les auteurs du rapport de "mener une campagne politique".
Sollicitées samedi au sujet des menaces de sanctions de l'ONU, les autorités rwandaises n'ont pas répondu à l'AFP.
Le Rwanda a été élu jeudi membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, en dépit de ces accusations et d'une objection avant le vote de la délégation de Kinshasa à l'ONU, estimant que le Rwanda n'était pas digne de ce siège en raison de son "rôle déstabilisateur" sur son territoire.
Vendredi le président rwandais Paul Kagame a estimé que la fuite du rapport des experts de l'ONU, qu'il a qualifié de "douteux", avait pour but d'empêcher le Rwanda d'obtenir cette place au Conseil de sécurité, et a remis en cause l'impartialité du chef du groupe d'experts.

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