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20/10/2012 à 16:47
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Un Libyen passe devant un graffiti représentant Mouammar Kaddafi. Un Libyen passe devant un graffiti représentant Mouammar Kaddafi. © AFP

Le spectre de Mouammar Kadhafi hante toujours les nouvelles autorités libyennes qui ont estimé samedi que le pays n'a pas été totalement libéré de son régime, un an jour pour jour après la mort du dictateur déchu.

"La libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions", a déclaré le président de l'assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef, citant en particulier la ville de Bani Walid, un des derniers bastions de l'ancien régime, théâtre depuis plusieurs jours d'affrontements meurtriers.
Dans un discours diffusé dans la nuit de vendredi à samedi, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état d'un "retard et une négligence" dans la formation d'une armée et d'une police, le contrôle des armes, et la non intégration des ex-rebelles dans les institutions de l'Etat.

Le chef de l'assemblée nationale a cité aussi un retard dans la réforme de la justice et dans le dossier de la réconciliation nationale.

Il a affirmé que "cette situation a attiré des Fouloul (restes) de l'ancien régime à l'intérieur du pays à s'infiltrer dans les organes de l'Etat et à comploter avec ceux qui sont à l'extérieur du pays contre la révolution et sa direction légitime".

"Cet état de faiblesse de l'autorité de l'Etat a profité à des personnes (...) et à des groupes, même s'ils n'ont pas de lien avec les Fouloul de (l'ancien) régime pour défier l'autorité, se livrer à des arrestations arbitraires, à la torture, au chantage et au pillage" du pays.

"Et ils ont osé même avoir leurs propres prisons", a-t-il déploré en allusion aux milices armées qui font la loi dans le pays depuis la chute de l'ancien régime.

Bani Walid a eu la part du lion de ces pratiques, a estimé M. Megaryef pour justifier l'opération militaire lancée contre cette ville accusée d'abriter et de protéger des anciens partisans purs et durs de l'ancien régime recherchés par la justice.

"Bani Walid est devenu un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires", a-t-il dit.

"Retour à la légitimité"

"Ce n'est pas une guerre d'extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité" dans la ville.

Plus d'une quinzaine de personnes sont mortes à Bani Walid cette semaine dans des bombardements menés par des groupes d'ex-rebelles opérant pour le compte de l'armée libyenne.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid à la suite de la mort d'un ex-rebelle de Misrata, enlevé et torturé dans la ville, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques, ayant choisi des camps opposés lors du conflit l'an dernier.

L'assemblée nationale, la plus haute autorité politique du pays avait alors exigé le 25 septembre des ministres de la Défense et de l'Intérieur qu'ils trouvent les auteurs de l'enlèvement de l'ex-rebelle de Misrata, mort après des semaines de détention, et qu'ils arrêtent d'autres personnes recherchées par la justice.

Depuis, la ville est assiégée par des brigades d'ex-rebelles. Mais les dignitaires de Bani Walid refusent l'entrée de ces "milices hors-la-loi" et mettent en doute la neutralité de l'"armée nationale" qui n'existe pas encore selon eux.

Une attaque menée mercredi contre cette oasis, faisant au moins onze mort, avait suscité la confusion: alors que la brigade qui a mené l'assaut affirme avoir agi sous les ordres du chef d'état-major, celui-ci a démenti tout ordre en ce sens.

Dans son discours, M. Megaryef a estimé que les forces armées "relevaient des autorités légitimes", ouvrant ainsi implicitement la voie à une attaque de plus grande envergure à Bani Walid.
 

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