Extension Factory Builder
07/10/2012 à 17:46
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Blaise Compaoré est le médiateur de la Cedeao pour la crise malienne. Blaise Compaoré est le médiateur de la Cedeao pour la crise malienne. © AFP

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, va mettre en place un cadre de dialogue pour des pourparlers inclusifs entre Bamako et les groupes armés touareg et islamistes du Nord, a annoncé dimanche son chef de la diplomatie.

En accord avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) dont il est le médiateur, M. Compaoré "établira et soumettra aux parties en conflit un cadre formel de dialogue prenant en compte les exigences exprimées par les chefs d'Etat de la Cédéao, notamment la préservation de l'intégrité territoriale du Mali", a déclaré le ministre Djibrill Bassolé, sans préciser de calendrier.

Il s'exprimait devant la presse à l'issue d'un entretien entre le président burkinabè et deux émissaires du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion indépendantiste touareg, évincée dans le nord du Mali par les islamistes armés et qui a dit plaider pour le droit à l'autodétermination et non plus la sécession.

Evoqué depuis des mois, ce cadre déterminera l'agenda des pourparlers inclusifs devant aboutir à l'établissement d'un accord global définitif de paix, de stabilité et de développement, a poursuivi M. Bassolé, alors que l'hypothèse d'une intervention militaire de la Cédéao dans le Nord malien se précise.

"M. Compaoré renouvellera au président malien de transition Dioncounda Traoré la demande de la Cédéao de voir créée au Mali une structure nationale chargée de promouvoir le dialogue avec le Nord, instance promise par Bamako", a-t-il ajouté. "Le chef de l'Etat burkinabè va demander à M. Traoré de constituer la délégation qui va pouvoir discuter au nom et pour le compte de l'Etat malien", a insisté le ministre burkinabè des Affaires étrangères.

Le MNLA prêt à discuter

"Le médiateur recommande aux mouvements armés de s'engager résolument dans un dialogue inclusif de paix et de réconciliation, ce qui les oblige à se démarquer de l'extrémisme et du terrorisme", a rappelé M. Bassolé.

"A cette rencontre, la délégation du MNLA, conduite par Ibrahim Ag Mohamed Asseleh, membre du Conseil de transition de l'Azawad, le gouvernement provisoire du MNLA, est venue remettre au président Compaoré sa plateforme pour un règlement politique du conflit", a expliqué M. Bassolé.

"Le message de ce document est le suivant : 'nous sommes déterminés à nous asseoir autour d'une table de négociation pour discuter de l'ensemble des causes profondes qui ont amené cette crise'", a-t-il exposé.

"Dans la plateforme, nous réclamons notre droit à l'autodétermination, ce qui ne veut pas dire sécession", a affirmé Ibrahim Ag Mohamed Asseleh.

Option militaire

Dans la foulée du coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako, le MNLA (indépendantiste et laïc) et des groupes islamistes avaient pris le contrôle du nord du Mali. Mais les islamistes ont rapidement balayé le MNLA, dont la déclaration d'indépendance - condamnée à l'extérieur - est vite devenue sans objet.

Tout en se disant prêt à participer à une force militaire internationale pour chasser les islamistes du nord du Mali qui y imposent la charia (loi islamique), le Burkina Faso fait partie des pays qui poussent le plus au dialogue.

Blaise Compaoré a reçu ces derniers mois des représentants du MNLA et d'Ansar Dine, l'un des groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord du Mali. Le président malien est aussi partisan de négociations, que son Premier ministre Cheick Modibo Diarra juge, lui, sans issue.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger une 'feuille de route' pour la paix

Mali : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger une "feuille de route" pour la paix

Après d'âpres tractations et plusieurs mois de blocage, le gouvernement malien et six groupes armés ont signé jeudi à Alger un document sur la "cessation des hostilités". Une prem[...]

L'épave "désintégrée" du vol AH5017 localisée vers Gossi dans le nord du Mali

L'état-major de l'armée burkinabè a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir localisé dans le nord du Mali l'épave "désintégrée" du DC9[...]

Mali : ce que Bamako et les groupes armés négocient à Alger

Réunis à Alger, les groupes armés du Nord-Mali et les autorités maliennes tentent de se mettre d'accord sur une feuille de route commune pour la suite des négociations de paix. [...]

Mali - RDC : Nkulu Kalumba, un long chemin vers la liberté

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, "Jeune Afrique" et le HCR au Mali ont organisé un concours de journalisme. C'est l'article d'une jeune étudiante[...]

Drague : le bal des faux-culs

Ils sont discrets, rembourrés et très à la mode en Afrique de l'Ouest... Zoom sur ces collants qui permettent aux femmes d'afficher de jolies fesses rebondies à moindre prix.[...]

Mali : bientôt un procès dans l'affaire des "bérets rouges" ?

Le rapport d'enquête sur l'affaire de la disparition des "Bérets rouges" devrait prochainement être bouclé et transmis au procureur, ouvrant ainsi la voie à un éventuel[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord dans cent jours" sur le Nord-Mali

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Pourquoi le Mali s'est fait épingler par le FMI pour des fournitures militaires

Le FMI est-il trop pointilleux ? Un contrat de fournitures militaires de plusieurs dizaines de millions d'euros fait en tout cas tiquer les bailleurs de fonds. Trop opaque, jugent-ils. Le Mali n'apprécie pas.[...]

Mali : le groupe de Belmokhtar revendique l'attentat-suicide qui a tué un soldat français

Dans un enregistrement audio transmis mercredi soir au site d'information mauritanien Alakhbar, Al-Mourabitoune, le groupe du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, revendique l'attentat-suicide qui a tué un sous-officier[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers