Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a nommé samedi un nouveau Premier ministre, Abdi Farah Shirdon Said, alors que son administration cherche à ramener la stabilité dans un pays déchiré par deux décennies de guerre et d'anarchie.
Mis à jour le 07/10/12 à 10h45.
"Après de longues discussions, nous avons nommé Abdi Farah Shirdon Said en tant que nouveau Premier ministre du pays", a déclaré le président Hassan Cheikh Mohamoud, investi il y a moins d'un mois par le Parlement, dans le cadre d'un processus soutenu par les Nations unies.
"Il est le plus qualifié pour cette fonction, et nous attendons de lui qu'il nomme très bientôt un gouvernement de grande qualité", a ajouté le président somalien, alors qu'il accueillait cet homme d'affaires peu connu qui est aussi considéré comme un de ses proches alliés.
Les combattants islamistes shebab, liés à Al-Qaïda, ont rejeté cette annonce, considérant le nouveau Premier ministre comme un "autre apostat nommé par les puissances étrangères".
"Le peuple de Somalie rejette ceux qui soutiennent les envahisseurs étrangers", a jugé le porte-parole des Shebab, Ali Mohamoud Rage.
Nouveau gouvernement
Originaire de la région de Gedo, dans le sud-ouest du pays, et appartenant au clan Darod, Abdi Farah Shirdon Said est diplômé de l'université de Mogadiscio mais a passé les deux dernières décennies à Nairobi, capitale du Kenya voisin, où il gérait une entreprise d'import-export.
"Je suis très heureux d'assumer cette fonction. Je vais très rapidement former un nouveau gouvernement qui, je l'espère, remportera l'adhésion du peuple somalien", a indiqué le nouveau Premier ministre.
Cette désignation est l'une des premières mesures prises par la nouvelle direction du pays. Le nouveau président avait été élu le 10 septembre par le Parlement.
Abdi Farah Shirdon Said va constituer un cabinet de ministres, qui sera ensuite soumis au Parlement pour approbation.
Départ des Shebab
Après deux décennies de guerre et d'anarchie, la capitale Mogadiscio a repris vie depuis le départ des milices Shebab, liées à Al-Qaïda.
Aux côtés des forces gouvernementales, une force de l'Union africaine de 17.000 hommes a repris le contrôle ces derniers mois des principales places fortes des combattants islamistes dans le pays. Leur dernier bastion, le port stratégique de Kismayo, est tombé au cours des derniers jours.
Mais les Shebab demeurent une menace pour le nouveau pouvoir. Ils contrôlent d'importantes zones rurales, et mènent toujours des actions de guérilla, dont des attentats suicides.
Le représentant spécial des Nations unies pour la Somalie, Augustine Mahiga, a qualifié la nomination "d'avancée importante dans le processus de pacification du pays".
"Les nouvelles autorités joueront un rôle central afin de promouvoir la réconciliation et la bonne gouvernance nécessaires pour parvenir à une paix et une stabilité durables en Somalie", a-t-il déclaré.

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