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06/10/2012 à 10:50
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Des manifestants à Sidi Bouzid, le 5 octobre 2012. Des manifestants à Sidi Bouzid, le 5 octobre 2012. © AFP

La police tunisienne a tiré vendredi des balles en caoutchouc et gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants à Sidi Bouzid, réclamant le départ du gouverneur (préfet) de cette ville bastion de la révolution.

Un millier de personnes se sont rassemblées pour réclamer le départ du gouverneur accusé d'"incompétence" et certains manifestants ont tenté d'envahir les locaux du gouvernorat, selon un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont procédé alors à un tir de sommation et de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires surveillés par un dispositif important de la police et de l'armée. Le gouverneur a été ensuite évacué de son bureau par la police.

Par ailleurs une grève générale a été observée à Meknassy, dans la région de Sidi Bouzid, à l'initiative de l'Union générale des travailleurs tunisiens (Ugtt, la centrale syndicale) pour protester contre l'absence de projets de développement.

"La grève a été suivie à environ 100%", a affirmé Zouhair Khaskhousi, responsable syndical local, tandis que le bureau régional du parti islamiste Ennhada au pouvoir a parlé d'une grève "illégale".

Fortes tensions sociales

Les tensions sociales sont grandissantes et plusieurs manifestations contre la pauvreté, des coupures d'eau et des retards de salaires ont été réprimées ces dernières semaines, notamment à Sidi Bouzid.

Début octobre, quelques centaines de personnes ont manifesté à Sidi Bouzid et des enseignants ont observé une grève pour dénoncer l'arrestation de manifestants.

Dans le même temps, des habitants et des députés de la région se sont mis en grève de la faim pour exiger la libération de manifestants arrêtés à Menzel Bouzaïane et à El-Omarne, des localités proches de Sidi Bouzid, chef-lieu de la région d'où était parti le soulèvement qui a renversé Ben Ali le 14 janvier 2011, après le suicide par immolation de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant.
 

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