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29/09/2012 à 17:24
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Photo du majordome du pape Paolo Gabriele (à d., en costume gris). Photo du majordome du pape Paolo Gabriele (à d., en costume gris). © AFP

Le secrétaire particulier de Benoît XVI sera appelé à la barre des témoins lors du retentissant procès du majordome du pape, poursuivi pour "vol aggravé" dans l'affaire Vatileaks, qui s'est ouvert samedi au Vatican.

Mgr Georg Gänswein, 56 ans, considéré par certains comme l'éminence grise du pape, était le seul témoin cité nommément à de nombreuses reprises dans la sentence de renvoi. Supérieur direct du majordome de Paolo Gabriele, c'est lui qui, alerté par la gendarmerie vaticane, l'avait confondu en mai. Parmi les autres témoins, dont les magistrats ont dressé la liste samedi, figurent huit membres de la gendarmerie vaticane, et une femme italienne attachée au service du pape, Cristina Cernetti.

Très attendue, la première audience, qualifiée de "sereine" par le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a été consacrée essentiellement aux requêtes d'exception ou de nullité des avocats. Les juges -trois magistrats laïcs- ont accepté, à la demande d'un des avocats, de séparer le procès du majordome de celui de l'informaticien Claudio Sciarpelletti, poursuivi pour complicité. Ce deuxième procès est reporté à une date ultérieure, non précisée. Les magistrats ont en revanche rejeté plusieurs requêtes des avocats, dont celle de décréter l'incompétence du tribunal en vertu du secret pontifical.

La somme des documents saisis dans les appartements du majordome -au Vatican et à Castel Gandolfo- remplit pas moins de 82 cartons. Le président du tribunal, Giuseppe Dalla Torre, a fixé la prochaine audience au mardi 2 octobre. Elle sera consacrée à l'audition de l'accusé. Elegant dans un costume gris clair, cravate grise et chemise blanche, Paolo Gabriele, 46 ans, est apparu impassible. Très pale, les yeux baissés, l'accusé ne retrouvait un léger sourire que lorsqu'il s'adressait à son avocate, Christiana Arru.

Fait totalement inédit dans l'histoire de l'Etat pontifical, plutôt connu pour sa culture du secret, ce procès est ouvert à la presse. Mais la publicité des débats a été très strictement encadrée: seuls huit journalistes avaient été admis dans la petite salle du tribunal, un petit bâtiment ocre situé derrière la basilique Saint-Pierre. Et contrairement aux millions de touristes qui arpentent chaque année la place, à deux pas de là, ils ne pouvaient utiliser ni appareils photos, ni caméras. Les seules images disponibles de l'audience sont transmises par le Saint-Siège.

"Mal et corruption"

Gabriele, l'un des rares citoyens laïcs du plus petit Etat du monde, risque jusqu'à quatre ans de prison. Fidèle serviteur de Benoît XVI, il lui préparait ses habits de cérémonie, lui servait ses repas. Il est accusé d'avoir, pendant des mois, subtilisé et photocopié des dizaines de documents confidentiels du pape et de ses collaborateurs pour les transmettre au journaliste Gianluigi Nuzzi. Celui-ci les a utilisés dans un livre, "Sua santità" ("Sa Sainteté"), révélant rivalités et violentes animosités, en particulier à l'encontre du numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone.

L'ex-majordome a reconnu les faits. Lors de ses interrogatoires, il a expliqué qu'il avait agi pour révéler le "mal et la corruption" au sein du Vatican. Se pensant mandaté par "l'Esprit saint", il trouvait que le pape n'était pas suffisamment informé et voulait remettre l'Eglise "sur les rails". Arrêté le 23 mai dernier, il a passé 53 jours dans une cellule de la gendarmerie du Vatican, avant d'être placé fin juillet aux arrêts domiciliaires. Il risque jusqu'à quatre ans de prison, mais pourrait bénéficier d'une grâce papale, assez vraisemblable, même si, selon son entourage, le pape a été "profondément blessé" par sa trahison.

Dans une interview, accordée dans l'obscurité à la télévision en février dernier, Gabriele avait affirmé qu'une vingtaine de personnes "dans les différents organismes" du Vatican étaient impliquées dans "Vatileaks". Mais pour l'heure, seul Sciarpelletti est poursuivi. L'avocat de l'informaticien, Gianluca Benedetti, a indiqué samedi qu'il se déclarait innocent, et son rôle est jugé secondaire. Il a aussi affirmé que son client recevait des documents à transmettre à Gabriele des mains d'un "Monseigneur", alimentant les spéculations sur une éventuelle implication de hauts prélats dans l'affaire.

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