Extension Factory Builder
29/09/2012 à 12:48
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le 2 octobre 2009, lors des funérailles d'une des victimes de la manifestation du 28 septembre. Le 2 octobre 2009, lors des funérailles d'une des victimes de la manifestation du 28 septembre. © Seyllou Diallo/AFP

Trois ans après le massacre dans le stade de Conakry, des associations de victimes ont demandé vendredi que "tous les responsables" de la tuerie (157 morts) "rendent des comptes" et qu'un des six militaires guinéens inculpés, Moussa Tiegboro Camara, soit démis de ses fonctions gouvernementales.

Les participants aux commémorations, uniquement privées et associatives, ont évoqué "la barbarie" des forces de l'ordre qui avaient réprimé dans le sang un rassemblement d'opposants rejetant une éventuelle candidature à la présidentielle du chef de la junte alors au pouvoir, Moussa Dadis Camara. Ce 28 septembre 2009, plus de 157 personnes avaient été tuées et au moins autant de femmes avaient été victimes de viols ou crimes sexuels perpétrés par les forces de sécurité, dans un stade.

"Nous avons l'obligation de tout faire pour que l'impunité des auteurs de ces violences cessent et qu'ils rendent des comptes devant le peuple", a déclaré la présidente de l'Association des victimes, parents et amis (Apiva), Asmaou Diallo, au cours d'une conférence de presse, après une prière au siège de l'association, en présence de rescapés très émus. Elle a souhaité que soient renforcées les capacités et la sécurité des juges qui instruisent le dossier, et que les procédures puissent aboutir à "la poursuite de tous les responsables".

Abdoul Gadiri Diallo, de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH) a relevé que "certes, il y a maintenant des officiers de l'armée inculpés", en référence aux six militaires mis en examen depuis 2010. "C'est une avancée, mais une avancée timide pour quelqu'un qui sait à quel point il a été horrifié par ce qui s'est passé" il y a trois ans, a-t-il noté.

Voir aussi l'interview vidéo de Sidiki Kaba, président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), qui fait le point sur le dossier :

"Crimes contre l'humanité"

Les participants à la conférence de presse ont souhaité que soit démis de ses actuelles fonctions gouvernementales le lieutenant-colonel Moussa Tiegboro Camara, qui dirigeait les gendarmes dans le stade au moment de la tuerie. Mis en examen en février dernier, il reste le directeur de l’Agence nationale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme.

La Guinée, présidée depuis 2010 par l'ancien opposant Alpha Condé, était dirigée à l'époque du massacre par le capitaine Moussa Dadis Camara, qui n'a jamais été inquiété. La Commission d'enquête internationale nommée par l'ONU, qualifiant les violences de "crimes contre l'Humanité", avait conclu à la "responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

Trois mois après le massacre, son aide de camp, le lieutenant Aboubakar Diakité, alias "Toumba", avait tenté de l'assassiner en décembre 2009. Dadis avait été écarté du pouvoir puis accueilli en convalescence dans la capitale du Burkina Faso où il vit tranquillement depuis, régulièrement invité à des cérémonies officielles. Toumba a en revanche été inculpé pour ses responsabilités dans le massacre mais il est toujours en fuite, depuis sa tentative d'assassinat sur son patron.

Ce troisième anniversaire du massacre a coïncidé, vendredi, avec les obsèques de deux militants de l'opposition tués par les forces de l'ordre les 22 et 25 septembre dernier. Des dirigeants de l'opposition - dont Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté - ont participé au cortège parti de la grande mosquée de Conakry vers un quartier de la banlieue où les inhumations étaient prévues dans l'après-midi.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Guinée

Ebola : urgence sanitaire en Guinée, confinement en Sierra Leone

Ebola : urgence sanitaire en Guinée, confinement en Sierra Leone

La Guinée a décrété samedi l'urgence sanitaire dans des zones continuant d'enregistrer des cas d'Ebola pour enrayer la progression du virus, tandis que la Sierra Leone voisine espérait faire[...]

Football : Luis Fernandez sur le point de signer avec la sélection guinéenne ?

Le Français Luis Fernandez pourrait signer son contrat de sélectionneur de la Guinée dans le week-end.  [...]

Rififi à Conakry

Difficile de s'y retrouver quand pouvoirs et oppositions font des calendriers électoraux un enjeu majeur de la démocratie.[...]

Ebola : première campagne de vaccination à grande échelle en Guinée

Plus d’un an après le début de l’épidémie d’Ebola, une campagne de vaccination massive a été lancée lundi en Guinée. C'est la première[...]

Guinée : contre les appels à manifester de l'opposition, Alpha Condé prône le dialogue

L'opposition guinéenne rejette pour l'heure l'appel au dialogue du président Alpha Condé. Et conteste le nouveau calendrier électoral fixé par la Commission électorale nationale[...]

CAN 2023 : nuages sur la Guinée

La Coupe du monde 2022 au Qatar se déroulera en fin d’année et la CAN 2023 prévue en Guinée en subira automatiquement les conséquences. D'ordinaire, le tournoi panaficain se tient en[...]

Guinée : les leaders de l'opposition appellent à manifester contre le calendrier électoral

Réunis à Paris, les dirigeants des trois principaux partis d'opposition ont appelé mardi à manifester contre le calendrier électoral établi par le président guinéen, Alpha[...]

Guinée : ouverture d'une série de procès criminels à Nzérékoré

Deux procès se sont ouverts lundi 23 mars à Nzérékoré. Celui des drames de Womey, lors duquel des sensibilisateurs à Ebola avaient été massacrés, et celui des tueries[...]

Guinée : entre l'opposition et le pouvoir, le dialogue est-il rompu ?

La décision de l'opposition de suspendre sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale fait notamment suite au choix de la Ceni d'organiser la présidentielle le 11 octobre 2015 et les[...]

Ebola, un an après, au-delà du défi humanitaire, le drame des enfants

Adama Coulibaly est directeur régional de Plan international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Liberia a démarré le décompte des 42 jours sans aucun cas depuis le 5 mars. Si aucun[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120929123935 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120929123935 from 172.16.0.100