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Le 2 octobre 2009, lors des funérailles d'une des victimes de la manifestation du 28 septembre. Le 2 octobre 2009, lors des funérailles d'une des victimes de la manifestation du 28 septembre. © Seyllou Diallo/AFP

Trois ans après le massacre dans le stade de Conakry, des associations de victimes ont demandé vendredi que "tous les responsables" de la tuerie (157 morts) "rendent des comptes" et qu'un des six militaires guinéens inculpés, Moussa Tiegboro Camara, soit démis de ses fonctions gouvernementales.

Les participants aux commémorations, uniquement privées et associatives, ont évoqué "la barbarie" des forces de l'ordre qui avaient réprimé dans le sang un rassemblement d'opposants rejetant une éventuelle candidature à la présidentielle du chef de la junte alors au pouvoir, Moussa Dadis Camara. Ce 28 septembre 2009, plus de 157 personnes avaient été tuées et au moins autant de femmes avaient été victimes de viols ou crimes sexuels perpétrés par les forces de sécurité, dans un stade.

"Nous avons l'obligation de tout faire pour que l'impunité des auteurs de ces violences cessent et qu'ils rendent des comptes devant le peuple", a déclaré la présidente de l'Association des victimes, parents et amis (Apiva), Asmaou Diallo, au cours d'une conférence de presse, après une prière au siège de l'association, en présence de rescapés très émus. Elle a souhaité que soient renforcées les capacités et la sécurité des juges qui instruisent le dossier, et que les procédures puissent aboutir à "la poursuite de tous les responsables".

Abdoul Gadiri Diallo, de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH) a relevé que "certes, il y a maintenant des officiers de l'armée inculpés", en référence aux six militaires mis en examen depuis 2010. "C'est une avancée, mais une avancée timide pour quelqu'un qui sait à quel point il a été horrifié par ce qui s'est passé" il y a trois ans, a-t-il noté.

Voir aussi l'interview vidéo de Sidiki Kaba, président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), qui fait le point sur le dossier :

"Crimes contre l'humanité"

Les participants à la conférence de presse ont souhaité que soit démis de ses actuelles fonctions gouvernementales le lieutenant-colonel Moussa Tiegboro Camara, qui dirigeait les gendarmes dans le stade au moment de la tuerie. Mis en examen en février dernier, il reste le directeur de l’Agence nationale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme.

La Guinée, présidée depuis 2010 par l'ancien opposant Alpha Condé, était dirigée à l'époque du massacre par le capitaine Moussa Dadis Camara, qui n'a jamais été inquiété. La Commission d'enquête internationale nommée par l'ONU, qualifiant les violences de "crimes contre l'Humanité", avait conclu à la "responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

Trois mois après le massacre, son aide de camp, le lieutenant Aboubakar Diakité, alias "Toumba", avait tenté de l'assassiner en décembre 2009. Dadis avait été écarté du pouvoir puis accueilli en convalescence dans la capitale du Burkina Faso où il vit tranquillement depuis, régulièrement invité à des cérémonies officielles. Toumba a en revanche été inculpé pour ses responsabilités dans le massacre mais il est toujours en fuite, depuis sa tentative d'assassinat sur son patron.

Ce troisième anniversaire du massacre a coïncidé, vendredi, avec les obsèques de deux militants de l'opposition tués par les forces de l'ordre les 22 et 25 septembre dernier. Des dirigeants de l'opposition - dont Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté - ont participé au cortège parti de la grande mosquée de Conakry vers un quartier de la banlieue où les inhumations étaient prévues dans l'après-midi.

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