Julius Malema, lors d'une conférence à Johannesburg, le 18 septembre 2012.
© Cynthia R. Matonhodze/AFP
Neuf personnes sont accusées de blanchiment d'argent, corruption et fraude aux côtés du jeune tribun populiste Julius Malema, contre qui un mandat d'arrêt à été émis vendredi, affirme dimanche l'hebdomadaire sud-africain "Sunday Times".
Malema, un farouche opposant au président Jacob Zuma, sera l'"accusé numéro 10", aux côtés de cinq autres personnes et de quatre compagnies, dans un procès qui doit être, selon le journal, celui de la "mafia du Limpopo", la province du nord du pays dont Malema est originaire.
La police et la direction des impôts s'intéressent depuis plusieurs mois à l'origine des revenus de Malema, qui mène grand train même s'il dit défendre les plus pauvres.
Son argent viendrait de l'obscur fonds familial Ratanang et de On-Point Engineering, une compagnie dans laquelle il a des intérêts qui a gagné des appels d'offres suspects dans la province, dirigée par ses amis politiques. Malema est aussi soupçonné d'avoir monnayé son soutien pour l'attribution de contrats des autorités provinciales.
L'affaire pourrait être évoquée mercredi à Polokwane, capitale du Limpopo, selon plusieurs médias sud-africains.
Parmi les co-accusés de Malema, on trouve son associé Lesiba Gwangwa et On-Point Engineering, affirme le Sunday Times.
Selon l'hebdomadaire, l'affaire porte sur des pots de vins se montant à 100 millions de rands (9,3 millions d'euros).
"Je fais des affaires, et ça marche bien", avait indiqué l'intéressé mercredi à la radio 702, se défendant d'avoir jamais enfreint la loi, et expliquant travailler "partout dans le pays".
Menace de saisie
Le Sunday Independent écrit parallèlement que le fisc réclame 16 millions de rands (1,5 million d'euros) à Malema, et menace de saisir tous ses biens.
Fisc, Parquet et police se sont refusés à tout commentaire, alors que l'Afrique du Sud fait le pont, lundi étant férié. L'avocate de Malema, Nicqui Galaktiou, n'a pas répondu aux demandes de confirmation de l'AFP.
L'émission du mandat d'arrêt contre Julius Malema survient au moment où le pouvoir a repris la main dans la sanglante crise minière qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, en envoyant notamment la police rétablir l'ordre dans la "ceinture de platine" de Rustenburg (nord).
Malema avait entrepris une tournée des mines, jurant de les rendre "ingouvernables" et appelant les travailleurs à la révolution. La police l'a empêché lundi 17 septembre de prendre la parole devant les grévistes de Marikana (nord), où s'achevait un long conflit social émaillé de violences qui ont fait 46 morts.
Manoeuvre politique ?
Exclu en avril de l'ANC, le jeune tribun, âgé de 31 ans, est parti en campagne contre le président Jacob Zuma, dont il veut empêcher la reconduction à la tête du parti au pouvoir lors de son prochain congrès, en décembre.
Si "Juju" lui-même n'a pas réagi depuis l'émission du mandat d'arrêt contre lui, ses amis, et notamment les dirigeants de la Ligue de jeunesse de l'ANC dont il était le président, ont dénoncé une manoeuvre politique.
"Ces accusations ne sont pas fondées, elles servent à livrer des batailles politiques à l'intérieur de l'ANC", a par exemple déclaré l'ancien secrétaire général de La Ligne --suspendu pour un an--, Sindiso Magaqa, à la chaîne d'informations eNews Channel Africa.
La jeunesse et les mineurs vont se révolter si Malema est arrêté, a-t-il averti.

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