Extension Factory Builder
23/09/2012 à 09:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le ministre pakistanais des chemins de fer, Ghulam Ahmed Bilour (c), le 19 mai 2011. Le ministre pakistanais des chemins de fer, Ghulam Ahmed Bilour (c), le 19 mai 2011. © Narinder Nanu

Un ministre pakistanais a promis samedi une prime de 100000 dollars à qui tuera le réalisateur du film anti-islam "L'innocence des musulmans", qui continue de susciter une vive émotion dans le monde musulman sans provoquer toutefois de nouvelles violences.

"J'annonce que je donnerai 100.000 dollars à celui qui tuera ce blasphémateur qui a outragé le saint prophète", a déclaré à la presse à Peshawar, dans le nord-ouest du pays, le ministre pakistanais des chemins de fer, Ghulam Ahmed Bilour.

"J'appelle aussi les talibans et les frères d'Al-Qaïda à participer à cette noble action", a ajouté le ministre en assurant que, s'il en avait l'occasion, il tuerait de ses propres mains le réalisateur de ce film produit aux Etats-Unis. "Ensuite, on pourra me pendre", a-t-il conclu.

Le Pakistan a été le principal foyer musulman des manifestations contre le film américain anti-islam. Vendredi, après la grande prière, une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes a parfois dégénéré en violences, faisant 21 morts et plus de 200 blessés.

Des milliers de personnes ont à nouveau manifesté samedi au Pakistan contre le film, mais dans le calme cette fois.
Dans la capitale Islamabad, plus de 5.000 manifestants ont progressé en direction du Parlement, situé non loin de l'enclave diplomatique très sécurisée qui abrite notamment l'ambassade des Etats-Unis, aux cris de "Nous aimons notre prophète" ou "Punissez ceux qui ont humilié notre prophète".

A Lahore, la grande ville de l'est, environ 500 militants d'un mouvement islamiste radical ont manifesté devant le consulat des Etats-Unis, en scandant "Les Etats-Unis ne méritent qu'une chose: le jihad, le jihad".

Manifestation monstre à Kano

En Afrique, au Nigeria, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le calme samedi à Kano, la plus grande ville du nord musulman. Selon le journaliste de l'AFP, le cortège s'étendait sur plusieurs kilomètres de cette métropole du nord du pays, et des manifestants criaient "Mort à l'Amérique, mort à Israël et mort aux ennemis de l'islam". La manifestation était organisée par le Mouvement islamique du Nigeria, un groupe pro-iranien chiite.

Au Moyen-Orient, quelque 500 Palestiniens se sont rassemblés dimanche à Jérusalem-Est pour protester contre le film dénigrant l'islam et contre la publication par un hebdomadaire français de caricatures du prophète Mahomet.

"Nous sommes tous fidèles à Mahomet", "Mahomet le prophète de l'islam", pouvait-on lire sur des banderoles accrochées au côté de drapeaux du mouvement du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et de son rival islamiste Hamas. La police n'est pas intervenue lors de ce rassemblement.

Au Liban, des milliers de partisans du puissant mouvement armé libanais Hezbollah ont manifesté samedi à Bint Jbeil, dans le sud du pays. Des femmes en tchador noir arboraient des drapeaux de l'islam aux côtés d'enfants tenant le Coran, le livre saint des musulmans.
De leur côté, les autorités jordaniennes ont obtenu de Google la suppression de tous les liens conduisant au film "Innocence of Muslims" (L"Innocence des musulmans") dans le royaume, a déclaré samedi à l'AFP un porte-parole du ministère de la Communication.

En Allemagne et en France aussi

En Allemagne, quelque 1.500 personnes ont manifesté "sans aucun incident" samedi à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, selon la police. D'autres manifestation s'étaient auparavant déroulées, également dans le calme, à Fribourg et Münster (ouest) tandis que des marches étaient prévues ce week-end à Karlsruhe (sud-ouest) et Hanovre (nord).

Environ 500 personnes ont manifesté en début de soirée devant l'ambassade des Etats-Unis à Vienne. La manifestation s'est déroulée sans incident, rassemblant islamistes salafistes, musulmans libéraux, femmes voilées ou non non-voilées.

Quelque 200 personnes ont également manifesté dans le calme à Berne, la capitale fédérale suisse, pour exiger une "meilleure protection des sentiments religieux" à l'appel du Conseil central islamique suisse (CCIS) et d'autres organisations musulmanes.

En France, les rues de Paris et des grandes villes sont restées calmes samedi, la police étouffant dans l'oeuf toute manifestation. Dans le centre de Paris, une cinquantaine de personnes, dont plusieurs femmes voilées qui refusaient de présenter leurs papiers, ont été interpellées avant d'être relachées après vérification de leur identité, selon une source policière.

A Marseille (sud), une soixantaine de policiers, appuyés par un hélicoptère de la gendarmerie, ont fait face à... un seul manifestant qui n'a pas été interpellé.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Les 10 Africains les plus influents du monde selon le magazine 'Time'

Les 10 Africains les plus influents du monde selon le magazine "Time"

Comme chaque année, l'hebdomadaire américain "Time" a publié mercredi le classement des 100 personnalités les plus influentes de la planète. Parmi elles, dix Africains dont la[...]

Soudan du Sud : le Conseil de sécurité brandit la menace de sanctions

Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé jeudi d'émettre des sanctions ciblées contre les responsables d'exactions au Soudan du Sud.[...]

Mehdi Jomâa : "Redresser l'État tunisien est une obligation"

Alors qu'il achève une tournée diplomatique visant à mobiliser les partenaires de la Tunisie pour la sortir du marasme, le Premier ministre Mehdi Jomâa s'est livré à Jeune Afrique. Il revie[...]

France - RDC : Raphaël Mobutu reste introuvable, une semaine après sa chute dans la Garonne

Plus d'une semaine après avoir sauté dans la Garonne, la nuit du 15 au 16 avril, Raphaël Mobutu, un des enfants de l'ancien président de la RDC (ex-Zaïre) est toujours introuvable. À en croire[...]

Brésil : Rousseff dans le piège Petrobras

À six mois de la présidentielle, la sortante est engluée dans une sombre histoire de rachat d'une raffinerie au Texas en 2006. Elle est en baisse dans les sondages mais devrait quand même ê[...]

Armée égyptienne : kaki business...

L'annonce par l'armée égyptienne d'un don de plusieurs terrains pour la construction de 1 million de logements sociaux relance les spéculations sur son poids économique et financier.[...]

Maroc : délinquance à Casablanca, peur sur la ville ?

La multiplication des actes de délinquance dans la capitale économique marocaine nourrit un fort sentiment d'insécurité au sein de la population. Qui ne cache plus son ras-le-bol.[...]

Hery Rajaonarimampianina : "C'est moi qui décide" à Madagascar

Deux mois et demi après son investiture, le chef de l'État, Hery Rajaonarimampianina, a enfin nommé un Premier ministre. Retour sur un acte par lequel il s'affranchit de son prédécesseur [...]

Hit Radio, la petite marocaine qui s'exporte

Forte de son succès auprès de la jeunesse du royaume chérifien, la station Hit Radio met le cap sur l'Afrique subsaharienne. Où elle est déjà présente dans sept pays.[...]

Tchad : la métamorphose ?

Profitant d'une stabilité retrouvée et de ses revenus pétroliers, le Tchad se transforme en profondeur. Grands travaux, relations d'affaires, consommation... Tout bouge.[...]

Angélique Kidjo : "Les femmes sont la colonne vertébrale de l'Afrique"

Bourrée d'énergie, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo enchaîne les albums et les missions humanitaires. Dans son treizième opus, elle loue la beauté des Africaines et leu[...]

Algérie : Bouteflika, l'homme qui marchait avec sa tête

Occupés à le brocarder, ses adversaires l'ont sous-estimé. Grave erreur : le président algérien Abdelaziz Bouteflika a révélé en plusieurs occasions que sa pugnacit&eacut[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces