Extension Factory Builder
23/09/2012 à 17:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des milliers de manifestants anti-milices à Benghazi, le 21 septembre 2012. Des milliers de manifestants anti-milices à Benghazi, le 21 septembre 2012. © Abdullah Doma

Les autorités libyennes sont passées à l'action dimanche face aux milices armées, délogeant l'une d'elles à Tripoli, après leur décision d'en finir avec ces groupes qui font la loi dans le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le président de l'Assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef, a annoncé samedi soir "la dissolution de toutes les brigades et formations armées qui ne sont pas sous la légitimité de l'Etat", au lendemain d'une sanglante rébellion des habitants de Benghazi (est) contre des miliciens islamistes.

L'armée a parallèlement fixé un ultimatum de 48 heures aux milices et groupes armés pour évacuer les casernes, les bâtiments publics et les propriétés des membres de l'ancien régime dans la capitale et ses environs.

Mais avant même l'expiration de l'ultimatum lundi soir, des troupes ont pris d'assaut dimanche matin le quartier général d'une milice qui occupait une installation de l'armée sur la route de l'aéroport de Tripoli. Selon un journaliste de l'AFP, des tirs nourris ont été entendus sur le site durant une trentaine de secondes. Le chef d'état-major a annoncé sur sa page Facebook l'arrestation des membres de la milice et la confiscation de leurs armes, sans faire état de victimes.

"Nous allons effectuer ce genre d'opérations durant les deux à trois prochaines semaines, jusqu'à déloger tous les groupes armés qui ne sont pas sous l'autorité de l'Etat", a déclaré à l'AFP un officier de l'armée sous couvert de l'anonymat. Après la chute de Mouammar Kadhafi, des centaines d'anciens rebelles ont occupé des installations stratégiques de l'Etat, ainsi que des propriétés des partisans et dirigeants de l'ancien régime. Certains ont ensuite intégré les services de l'Intérieur ou de la Défense, mais le nouveau pouvoir n'est jusqu'à présent pas parvenu à désarmer ceux restés indépendants.

Une voiture en feu devant les quartiers généraux du groupe islamiste Ansar al-Charia, le 21 septembre 2012 à Benghazi.

© Abdullah Doma/AFP

L'armée prête à frapper

Dans son communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée a précisé qu'elle ferait "usage de la force" si l'ultimatum n'était pas respecté.

Dès samedi, deux milices islamistes de Benghazi -- la branche locale d'Ansar al-Charia et la Brigade des martyrs d'Abou Slim -- ont annoncé leur dissolution et décidé d'évacuer les installations publiques qu'elles occupaient à Derna, ville considérée comme un fief des islamistes radicaux à l'est de Benghazi, a rapporté l'agence officielle Jana.

Les autorités libyennes ont en outre chargé le chef d'état-major, Youssef al-Mangouch, d'asseoir son autorité sur les brigades qui ont rejoint l'armée, en plaçant des officiers de l'armée régulière au commandement de ces formations d'ex-rebelles qui avaient combattu le régime de Mouammar Kadhafi.

Elles ont décidé également la mise en place à Benghazi d'un "centre opérationnel" regroupant l'armée, les forces du ministère de l'Intérieur et les brigades d'ex-rebelles qui dépendent du ministère de la Défense, afin d'assurer la sécurité dans la ville, a indiqué M. Megaryef.

Des manifestants libyens dans les rues de Benghazi, le 22 septembre 2012.

© Abdullah Doma/AFP

Ces décisions surviennent après un soulèvement meurtrier vendredi soir des habitants de Benghazi contre ces milices armées, à l'issue d'une manifestation pacifique de dizaines de milliers de personnes contre ces milices, dix jours après la mort de l'ambassadeur américain dans l'attaque de son consulat dans la grande ville de l'Est.

Vendredi soir, des centaines de manifestants sont parvenus à déloger le groupe salafiste d'Ansar al-Charia de la caserne qu'il occupait au centre-ville. Pointé du doigt par la population et plusieurs médias dans l'attaque du consulat, le groupe avait démenti toute implication.

Les protestataires ont également pris d'assaut d'autres quartiers généraux et bases de milices, délogeant certaines d'entre elles. Ces violences ont fait 11 morts et des dizaines de blessés. Six membres des forces de sécurité, "exécutés" selon un médecin, figurent parmi les tués.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Nigeria : la soeur de la ministre du Pétrole enlevée par des hommes armés

Nigeria : la soeur de la ministre du Pétrole enlevée par des hommes armés

La sœur de la ministre du pétrole du Nigeria a été enlevée par des hommes armés dans la plaque tournante pétrolière de Port-Harcourt, dans le Delta du Niger, au sud du pays.[...]

Qui est vraiment Filipe Nyusi, le prochain président du Mozambique ?

D'après les décomptes finaux des votes publiés hier, jeudi 23 octobre, Filipe Jacinto Nyusi, le candidat du Frelimo, remporterait dès le premier tour la présidentielle du 15 octobre au Mozambi[...]

Ebola - Football : que faire de la CAN 2015 ? Les professionnels répondent

Alors que le sort de la CAN 2015 se jouera début novembre, "Jeune Afrique" a demandé aux internautes s’ils souhaitaient que la compétition se dispute au Maroc aux dates prévues, qu&rs[...]

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

Les ressortissants tunisiens de France se sont présentés aux urnes vendredi afin d’élire dix députés de l’Assemblée du peuple à l’occasion des élections l[...]

Égypte : dans le Sinaï, un attentat fait de nombreuses victimes parmi les militaires

Un attentat à la voiture piégée a tué au moins 25 soldats égyptiens et blessé une vingtaine de personnes vendredi. Il visait un barrage de l'armée dans le nord de la péninsul[...]

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

 Écarté de son poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale début octobre, l'économiste sénégalais, à qui l'on prêtait l'intention de briguer la pré[...]

Réfugiés africains pour audimat européen

Dans un camp de réfugiés du Darfour, la chaîne Arte tourne un documentaire bimédia "à jouer". Instrumentalisation de la détresse pour une courbe d’audience ? Ou salutai[...]

Israël : l'armée arrête un enfant palestinien handicapé mental de onze ans

Cela risque de ne pas arranger l'image de l'armée israélienne. Mise en ligne le 20 octobre par une organisation de défense des droits de l'homme, une vidéo montre ses soldats arrêter, ligoter et[...]

Ligue des champions : Lusadisu (AS Vita Club) et Zerara (ES Sétif), l'interview croisée

Les milieux de terrain Guy Lusadisu - qui a remporté deux fois le trophée avec le TP Mazembe - et Toufik Zerara sont deux des hommes forts de l’AS Vita Club et de l’ES Sétif, qui s’affro[...]

Malick Ndiaye, le gourou à six cordes

À la tête du label ThinkZik ! depuis quinze ans, le mystérieux et exigeant producteur d'Imany et de Faada Freddy attend plus de la musique africaine.[...]

Ebola : des possibles tests de vaccins dès décembre en Afrique, selon l'OMS

Des tests de vaccins anti-Ebola pourraient être menés dès décembre, selon une annonce de l'Organisation mondiale de la Santé, vendredi.[...]

Art contemporain : rififi autour du prix Orisha

Décerné le 2 octobre à Paris au Béninois Kifouli Dossou, le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain a suscité l'agacement de plusieurs artistes et commissaires.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers