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22/09/2012 à 15:51
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Des FRCI surveillant un checkpoint sur la route menant au Ghana, près d'Abidjan, le 21 septembre. Des FRCI surveillant un checkpoint sur la route menant au Ghana, près d'Abidjan, le 21 septembre. © Sia Kambou

Le président ivoirien Alassane Ouattara a engagé un bras de fer avec les autorités ghanéennes, ordonnant la fermeture des frontières entre les deux pays, après une attaque commise en Côte d'Ivoire par des hommes venus du Ghana, nouvel épisode de tension entre Accra et Abidjan.

Les frontières terrestres, maritimes et aériennes entre la Côte d'Ivoire et le Ghana sont fermées depuis vendredi et jusqu'à nouvel ordre, une décision prise après l'attaque du poste-frontière de Noé, à environ 170 km à l'est d'Abidjan, par des assaillants venus du Ghana, selon les autorités ivoiriennes.

"Ouattara se fâche et ordonne la fermeture des frontières", titre samedi le quotidien Soir info, qui évoque "une première dans l'histoire des deux pays", alors que la Côte d'Ivoire subit une succession d'attaques visant ses forces de sécurité depuis le mois d'août.

Ces attaques sont attribuées par le pouvoir à des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo, ce que ceux-ci ont démenti. De nombreux responsables politiques et militaires du régime Gbagbo ont trouvé refuge au Ghana, qui partage une frontière de près de 700 km avec la Côte d'Ivoire, provoquant à plusieurs reprises la colère d'Abidjan.

Impunité

Certes, Alassane Ouattara a pris soin de saluer "la franche collaboration et la coopération exemplaire entre les deux pays", mais la fermeture des frontières ressemble à une "déclaration de guerre", selon des observateurs.

Vendredi soir, le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi avait d'ailleurs jugé "inacceptable" le fait que les assaillants soient venus du Ghana et s'y soient repliés, en toute impunité.

Samedi, le quotidien Nord-Sud somme les dirigeants ghanéens de "choisir entre des relations cordiales avec leur voisin ou de continuer à faire de leur pays un sanctuaire pour les déstabilisateurs". Dans le collimateur d'Abidjan figure notamment le porte-parole en exil de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, adversaire virulent du nouveau pouvoir, accusé de "crimes économiques" par Abidjan, qui a été arrêté le 24 août à Accra.

La justice ghanéenne examine depuis cette date son extradition vers la Côte d'Ivoire, suscitant l'impatience au sein du pouvoir ivoirien.

Accra n'a pas encore réagi officiellement à la fermeture des frontières. "Nous n'avons aucune indication sur la raison de cette décision et nous voulons d'abord évaluer la situation", a simplement déclaré le vice-ministre de l'Intérieur ghanéen, Kobby Acheampong, interrogé par l'AFP.

"Base arrière"

Le nouveau président ghanéen John Dramani Mahama avait promis, lors d'une visite à Abidjan le 5 septembre, lors d'une visite à Abidjan, qu'il ne permettrait que son pays serve de "base arrière" pour déstabiliser la Côte d'Ivoire.

Des observateurs soulignent que la fermeture des frontières, très pénalisante sur le plan commercial, n'a qu'une efficacité relative sur le plan sécuritaire, en raison de la porosité de la frontière terrestre entre Côte d'Ivoire et Ghana, parsemée de pistes empruntées par des contrebandiers.

Cinq assaillants ont été tués et cinq arrêtés dans les combats autour du poste de Noé, selon les autorités, qui ont fait état d'un blessé parmi les militaires ivoiriens.

Quelques heures plus tôt, deux commissariats et une gendarmerie avaient été visés par des tirs dans le sud d'Abidjan, faisant trois morts.

Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi a assuré que les deux assauts n'étaient pas liés, attribuant les incidents à Abidjan à de "vulgaires bandits".

Ces attaques, survenant après un mois d'accalmie, se sont produites le jour même où une cérémonie a rendu hommage à quinze militaires victimes de précédents assauts en août, marquant le plus grave regain de tension en Côte d'Ivoire depuis la fin de la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Ces violences ont été suivies de l'arrestation de hauts responsables du camp Gbagbo, dont le secrétaire général de son parti, Laurent Akoun, condamné à six mois de prison ferme pour "trouble de l'ordre public".

 

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